"Un seul donneur peut sauver jusqu'à 7 vies." À quelques jours de la journée nationale du don d'organe ce lundi 22 juin 2026, l'agence nationale de la biomédecine demande aux familles d'échanger sur le sujet : "Rappelez à vos proches que vous êtes donneur. Si nous le disions tous, des milliers de vies seraient sauvées chaque année." Le don n'est pas automatique et la carte de donneur n'existe plus. Sur notre île en 2025, 21 patients étaient en attente d'une greffe de cœur, 439 patients étaient en attente d'une greffe de rein. Du côté des dons : 10 greffes de cœur et 94 greffes de rein ont été réalisées. (Photo d'illustration : www.imazpress.com)
En France, depuis la loi Cavaillet du 22 décembre 1976, chacun est considéré comme donneur d'organes par défaut, sauf s’il a exprimé son refus de son vivant. Ainsi, les soignants ont l’obligation de vérifier, en consultant le Registre national des refus puis en interrogeant les proches, que le défunt n’était pas opposé au don, avant d’envisager tout prélèvement.
Faute de conversation préalable, le doute pousse parfois l’entourage à s'abstenir, ce qui bloque plus d’un tiers des dons – alors que 8 Français sur 10 sont favorables au don de leurs organes après leur mort. Mais seul un Français sur deux a transmis sa position.
- "Rappeler à ses proches qu’on est donneur d’organes, c’est vital. Il suffit de le dire pour agir" -
Le 22 juin, une seule question à se poser : mes proches connaissent-ils ma volonté pour le don d’organes ? "Nous pouvons tous, quel que soit notre âge et quel que soit notre état de santé, donner un ou plusieurs organes, comme nous pouvons tous avoir besoin d’une greffe un jour" Marine Jeantet, directrice générale de l’Agence de la biomédecine.
1.590 personnes ont fait don de leurs organes en 2025, et ont ainsi offert une seconde chance à des milliers de patients, en permettant 6.148 greffes. Rien de tout cela ne serait possible sans ce geste généreux. Malgré cette activité en progression, au 1er janvier 2026, 23 294 patients étaient toujours en attente d’une greffe qui pourrait leur sauver la vie.
- Un taux d'opposition élevé -
Le taux d’opposition au don reste élevé, atteignant 37 % en 2025 (et jusqu’à 50 % dans certaines régions). Dans de nombreuses situations, les proches ne connaissent pas la volonté du défunt concernant le don d’organes, ce qui peut conduire à une opposition le moment venu.
Les conséquences sont concrètes :
966 patients sont décédés en 2025 alors qu’ils figuraient sur liste d’attente. Un seul donneur peut pourtant permettre de sauver jusqu’à 7 vies.
Si l’opposition reculait de 1 %, cela permettrait 100 greffes de plus chaque année.
Repères chiffrés de la greffe en France (2025)
Chaque jour en France, il y a en moyenne, 17 greffes d’organes, 23 nouveaux inscrits sur la liste d’attente, et deux à trois décès par manque de greffon.
En 2025, 6 148 greffes réalisées grâce à 1 590 donneurs (parmi 3 188 donneurs potentiels décédés)
Dont 614 greffes issues de donneurs vivants
23 294 patients en attente d'une greffe au 1er janvier 2026
966 patients décédés en 2025 alors qu'ils figuraient sur liste d'attente
37 % de taux d'opposition au don en moyenne (jusqu'à 50 % dans certaines régions)
Un seul donneur peut sauver jusqu'à 7 vies
- Répartition des greffes par organes -
3 867 greffes rénales (603 donneurs vivants)
1 431 greffes hépatiques (11 donneurs vivants)
421 greffes cardiaques
331 greffes pulmonaires
6 greffes cardio-pulmonaires
75 greffes pancréatiques et 15 greffes d'îlots
2 greffes intestinales
Le don du vivant : une alternative face au manque de greffons
603 greffes rénales et 11 greffes hépatiques réalisées avec donneurs vivants en 2025
Les dons du vivant de reins représentent 15,6 % du total des greffes rénales ; objectif du plan greffe 2022-2026 : atteindre 20 %
