Espagne : un mort et quatre blessĂ©s graves dans une nouvelle catastrophe ferroviaire

  • PubliĂ© le 21 janvier 2026 Ă  05:41
  • ActualisĂ© le 21 janvier 2026 Ă  07:48
Les secours Ă  l'oeuvre prĂšs de Gelida aprĂšs un accident de train, dans la nuit du 20 au 21 janvier 2026

Un nouvel accident ferroviaire a fait un mort et quatre blessĂ©s graves mardi soir en Espagne, deux jours aprĂšs la catastrophe d'Adamuz, en Andalousie, oĂč au moins 42 personnes ont pĂ©ri et plus de 120 ont Ă©tĂ© blessĂ©es.

Un train de banlieue à destination de Barcelone a heurté mardi les débris d'un mur de soutÚnement qui s'était effondré sur la voie prÚs de Gelida, à une quarantaine de kilomÚtres de la capitale catalane.

Le gestionnaire du rĂ©seau ferroviaire national Adif a indiquĂ© que l'effondrement avait Ă©tĂ© provoquĂ© par une tempĂȘte et les pluies qui s'abattent sur une grande partie de la rĂ©gion.

Une personne a été tuée et 37 ont été prises en charge par les secours, dont quatre pour des blessures graves, selon un responsable des pompiers catalans, Claudi Gallardo.

La plupart voyageaient dans le wagon de tĂȘte, le plus accidentĂ©, a-t-il prĂ©cisĂ©. Selon les mĂ©dias locaux, la personne dĂ©cĂ©dĂ©e est le conducteur du train.

Ce nouvel accident survient alors que l'Espagne pleure ses morts aprÚs la catastrophe survenue dimanche prÚs de Cordoue, et dont le bilan n'est toujours pas définitif.

Mardi, au premier de trois jours de deuil national, le roi Felipe VI et la reine Letizia se sont rendus à Adamuz pour témoigner leur "affection" aux proches des victimes et aux rescapés.

- Rupture de rail -

AprĂšs ĂȘtre restĂ©s une heure sur les lieux de l'accident, les souverains sont allĂ©s Ă  l'hĂŽpital Reina SofĂ­a de Cordoue, oĂč sont soignĂ©s certains des blessĂ©s.

Trente-sept personnes, dont quatre enfants, restent hospitalisées, parmi lesquelles neuf adultes sont toujours en soins intensifs.

Sur le site, les engins continuent de s'affairer pour dégager les dépouilles qui pourraient encore s'y trouver.

Mardi, le corps d'une 42e victime a été ainsi découvert, selon les autorités régionales andalouses.

Le ministre espagnol des Transports, Oscar Puente, a avancĂ© que le bilan dĂ©finitif pourrait ĂȘtre de 43 morts - soit le nombre de signalements de disparus. Plus de 120 personnes au total ont Ă©tĂ© blessĂ©es Ă  des degrĂ©s divers.

Les trois derniÚres voitures d'un train allant vers Madrid de l'opérateur privé Iryo - un groupe privé filiale à 51% du groupe public italien Ferrovie dello Stato (Trenitalia) - avaient déraillé et s'étaient déportées sur la voie d'à cÎté.

Un train de la Renfe, la compagnie nationale espagnole, qui arrivait au mĂȘme moment dans l'autre sens en direction de Huelva (sud), avait alors heurtĂ© de plein fouet ces voitures.

Les deux trains Ă  grande vitesse, qui roulaient Ă  plus de 200 km/h au moment de la collision, transportaient au total plus de 500 passagers.

Selon les mĂ©dias espagnols, l'enquĂȘte s'intĂ©resse Ă  une rupture du rail de plus de 30 cm de long Ă  l'endroit de l'accident.

Citant "des techniciens" ayant eu accĂšs Ă  l'enquĂȘte, le quotidien El Mundo estime ainsi que cette rupture serait le rĂ©sultat d'"une mauvaise soudure ou d'une soudure qui s'est dĂ©tĂ©riorĂ©e en raison de la circulation (des trains) ou du climat" et y voit "une cause plus que probable" du dĂ©raillement d'un des deux trains Ă  l'origine de la tragĂ©die.

- "Transparence absolue" -

Le ministre Oscar Puente a cependant indiqué qu'il était encore trop tÎt pour savoir si la rupture du rail était "la cause ou la conséquence" de l'accident.

C'est la seule piste des enquĂȘteurs Ă  ce stade, car la vitesse des trains n'est pas en question et "l'erreur humaine est pratiquement Ă©cartĂ©e", avait assurĂ© dĂšs lundi le prĂ©sident de la Renfe, Álvaro FernĂĄndez Heredia.

Adif, le gestionnaire du réseau ferroviaire espagnol, a annoncé réduire "temporairement" la vitesse sur un tronçon de la ligne à grande vitesse entre Madrid et Barcelone, précisant à l'AFP que la décision avait été prise aprÚs que "des conducteurs ont signalé des bosses".

La collision est survenue dans une ligne droite, sur une portion de voie rĂ©novĂ©e, alors mĂȘme que trois trains Ă©taient passĂ©s au mĂȘme endroit "20 minutes avant" sans que "personne ne signale la moindre anomalie sur la voie", a affirmĂ© M. Puente mardi matin.

Pour sa part, le ministre espagnol de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a écarté l'hypothÚse d'un acte de sabotage. Il n'y a "jamais eu le moindre élément permettant de l'envisager", a-t-il assuré lors d'une conférence de presse.

Face à l'émotion suscitée dans tout le pays par ce drame, le Premier ministre Pedro Sånchez a promis une "transparence absolue" et "la vérité".

En 2013, un autre déraillement meurtrier avait fait 80 morts prÚs de Saint-Jacques-de-Compostelle (nord-ouest).

AFP

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