L’adolescent de quinze ans soupçonné d’avoir actionné un spray enflammé sur le visage d’une passante à Marseille en marge des manifestations lycéennes a été mis en examen dimanche pour "acte de barbarie" et placé en détention provisoire, a annoncé le procureur.
"À l’issue de sa mise en examen et du débat devant le juge des libertés et de la détention, le mineur, conformément aux réquisitions du parquet, a été placé en détention provisoire à l’établissement pénitentiaire pour mineurs de Marseille", a indiqué dans un communiqué Nicolas Bessone.
Une vidéo de l’agression, qui s’est déroulée jeudi matin sur une place de Marseille, a circulé sur les réseaux sociaux. Elle montre une femme de 40 ans s’interposer au moment où un groupe tente de fracasser un abribus, en marge de manifestations lycéennes aux abords du lycée Colbert, situé à proximité.
Visage masqué, le mineur s’avance alors vers la femme et projette en direction de son visage un spray qu’il enflamme à l’aide d’un briquet. La victime, auxiliaire de vie, se couvre alors le visage avec les mains.
Interpellé vendredi soir et placé en garde à vue, ce mineur a immédiatement reconnu les faits et, "en saisissant la portée" de son acte, a exprimé "de profonds regrets", selon le parquet, qui avait annoncé dimanche à la mi-journée son défèrement en vue de sa mise en examen pour "acte de barbarie".
L’adolescent, élève de seconde au lycée Colbert, dans une filière de service d’aide à la personne, était inconnu des services de police et de justice, précise le parquet.
Interrogée par BFMTV, la victime, soignée pour des brûlures au visage, a raconté avoir tenté de dissuader un groupe de jeunes filles qui voulait fracasser l’abribus.
"Je leur ai dit "Mais qu’est-ce que vous faites, vous n’allez rien casser du tout, allez manifester"", a-t-elle dit dans un entretien diffusé samedi soir.
"Je ne m’attendais pas à une telle violence", a-t-elle témoigné. "Voir un gamin qu’on ne connaît pas, avec qui on parlait normalement, qui vous vise délibérément au visage... Il n’a pas visé les habits, il n’a pas visé les jambes. Il m’a visé au visage. Pourquoi ?"
AFP
