Grève des médecins libéraux : soutien local à la manifestation nationale

  • Publié le 9 janvier 2026 à 17:12
  • Actualisé le 9 janvier 2026 à 17:25
cabinet medicale

À partir du samedi 10 janvier et jusqu’au mercredi 14 janvier 2026, la grande majorité des cliniques de La Réunion se joindront au mouvement de grève nationale, soutenu par une intersyndicale unie des médecins libéraux, la FHP, ainsi que par les syndicats CGT-FO de la sécurité sociale. Nous publions le communiqué ci-dessous (Photo

La médecine libérale en France, c’est :

• 2 millions de consultations par jour, soit près de 80 % des consultations totales.
• 60 % de l’activité chirurgicale et la grande majorité des actes d’endoscopie et de radiologie.

À La Réunion, la médecine libérale, c’est 1 400 médecins qui exercent en cabinet et/ou en établissement de soins, assurant une prise en charge similaire pour la population locale. Ce sont eux qui maintiennent, au quotidien, un système de santé déjà fragilisé.

Depuis la PLFSS, ces médecins, qui vous soignent chaque jour, font l’objet d’une attaque sans précédent de la part du gouvernement, de la CNAM et de certains représentants à l’Assemblée. Nous ne pouvons pas accepter d’être mis au pilori, alors que la crise actuelle est le résultat des politiques successives non assumées qui ont réduit le nombre de médecins formés, malgré une croissance démographique et une hausse des maladies chroniques.

Nous savons que la France traverse une situation financière difficile, mais les seules solutions pro- posées par les autorités sont :

• La baisse des honoraires des médecins.
• Des sanctions en cas d’arrêts de travail jugés abusifs par l’administration, c’est la perte de la liberté de prescription.
• Des sanctions en cas de non consultation du DMP.

Il faut savoir que l’enveloppe réservée à la médecine libérale est contrainte, et on demande désormais aux médecins libéraux de travailler plus pour des revenus moindres, afin de financer les soins d’une population vieillissante, avec des pathologies chroniques nécessitant des traitements de plus en plus coûteux.

C’est ainsi que les radiologues, cardiologues et médecins vasculaires, entre autres, ont vu leurs tarifs baisser début novembre 2025 sur simple décision du directeur de la CNAM, sans concertation avec les professionnels. L’article 26 de la LFSS prévoit également cette mesure. Ceci est inacceptable, alors que le coût de la pratique médicale ne cesse d’augmenter : matériel d’examen, coût des locaux, salaires des collaborateurs... Par exemple, la baisse des honoraires ne permettra pas de renouveler les appareils de scanner, d’IRM ou d’échographie aussi souvent que nécessaire.

Les arrêts de travail en sont un autre exemple. Ils sont de plus en plus standardisés, contrôlés, parfois remis en cause, alors qu’ils constituent un outil de soin destiné à protéger la santé des patients.

Aujourd’hui, on demande aux médecins de justifier leurs décisions dans des outils informatiques complexes, avec des règles qui ne tiennent pas toujours compte de la réalité médicale.

À cela s’ajoute une charge administrative et numérique en constante augmentation. Les outils imposés ne sont pas toujours adaptés au terrain, peu interopérables, chronophages, et parfois inefficaces pour améliorer la coordination des soins. Ce temps consacré à la gestion détourne les médecins de leur cœur de métier : examiner, écouter, expliquer et prévenir.

La LFSS 2026 envisage de dérembourser les soins prescrits par les médecins de secteur 3. Une mesure qui porte atteinte à la liberté fondamentale de choisir son médecin et qui, en privant les patients d’un remboursement équitable, remet en cause l’accès aux soins pour ceux qui ont pourtant cotisé toute leur vie.

Ce choix politique a un coût, et ce coût est désormais supporté par la médecine libérale. En dix ans, le nombre de médecins libéraux a diminué de 12,5 %, tandis que six médecins généralistes sur dix ne sont plus médecins traitants. Dans le même temps, le nombre de médecins salariés n’a jamais été aussi élevé. Ce contraste n’est pas un hasard : il reflète une orientation politique claire, celle d’un affaiblissement progressif de la médecine libérale.

Ne nous trompons pas : les premières victimes de cette politique ne sont pas les médecins, mais les patients. Affaiblir la médecine libérale, c’est désorganiser l’accès aux soins, rallonger les délais, accentuer les inégalités territoriales et fragiliser l’ensemble du système de santé.

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