La crise aux urgences semble s'apaiser pour l'instant. Ce mardi 25 août 2026, Lionel Calenge, directeur général du CHU de La Réunion, a annoncé que le pic de tension de la semaine précédente est, pour l'instant, résorbé. (Photo d'illustration Richard Bouhet / www.imazpress.com)
Le jeudi 20 août, le CHU a lancé un appel à la population réunionnaise à ne pas se rendre directement aux urgences sans avoir appelé le Samu, au 15, préalablement. En cause, une situation de saturation, notamment à l'hôpital de Saint-Pierre, qui s'est trouvé dans l'incapacité d'hospitaliser les malades provenant des urgences.
"Il y a eu des jours difficiles, confirme Lionel Calenge, avec un nombre de passages important de 180 patients dans le Sud." Sur ces 180 patients, 30 % en moyenne devront être hospitalisés et rester au CHU dans des lits dits "d'aval". Des lits dont la disponibilité ne peut pas être assurée en permanence au CHU lorsque les urgences tournent à plein régime.
Pour autant, les urgences demeurent le symbole de l'ensemble d'un système de soins qui subit des turbulences actuellement. Car, si les urgences hospitalières sont au bord de l'asphyxie, cela signifie aussi qu'une prise en charge de certains patients n'a pu être réalisée correctement au préalable.
Une situation qu'illustrent les propos de Lionel Calenge. "Il y a un défaut d'accès aux médecins traitants à La Réunion, ce qui fait augmenter la fréquentation aux urgences. On considère que 30 % des Réunionnais qui s'y rendent ne relèvent pas d'une urgence médicale."
- Une création de nouveaux lits en 2027 au CHU sud de La Réunion -
Pour l'heure, la fréquentation dans les deux CHU de l'île est retombée à un niveau presque habituel. À Saint-Pierre, on compte de 129 à 150 passages par jour, alors que la moyenne oscille autour de 160 consultations par jour. À Saint-Denis, les chiffres varient de 100 à 134 passages lors de ces derniers jours, alors que le flux habituel se situe à 110 patients.
Si la crise semble se calmer, ce n'est que temporaire. Car les problèmes que rencontrent les urgences à La Réunion relèvent d'une situation chronique et systémique qui s'explique par un manque de moyens humains et, surtout, de lits d'hospitalisation.
Pour tenter de remédier à cette réalité difficile, le CHU a créé une unité post-urgences en 2025 avec 12 nouveaux lits disponibles. Au cours du premier trimestre 2027, d'ici à 9 mois, 15 lits supplémentaires dédiés à la filière des urgences seront aussi mis à disposition à Saint-Pierre. Une amélioration réelle dont il faudra évaluer les effets, dans les mois à venir, sur la crise structurelle qui secoue les urgences de l'île.
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