Après les violences urbaines du 17 octobre 2026, le ministère des Outre-mer souhaite "répondre aux difficultés du quotidien", comme le détaille un communiqué de presse, dans les territoires ultramarins. Des réponses de la ministre Naïma Moutchou qui passent notamment par la "prise en charge de l’activité partielle, les reports de cotisations sociales, les facilités fiscales, les prêts à taux zéro". (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)
Après les mobilisations de ces derniers jours dans plusieurs territoires ultramarins, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, réaffirme sa condamnation des violences et des dégradations commises, ainsi que son soutien aux habitants, aux commerçants et aux forces de l’ordre.
La sécurité des populations reste une priorité absolue. Mais au-delà du rétablissement de l’ordre, la ministre entend poursuivre et amplifier le travail engagé pour répondre aux difficultés du quotidien.
"Les préoccupations exprimées dans les Outre-mer appellent des réponses concrètes, adaptées aux réalités de chaque territoire. C’est le sens du travail que nous menons depuis plusieurs mois avec les élus et les parlementaires et que nous allons accélérer avec les préfets et les services de l’État", a déclaré la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou.
Les commerces et entreprises ultramarins impactés par les violences bénéficieront des mesures exceptionnelles de soutien annoncées par le Gouvernement. Elles comprennent notamment la prise en charge de l’activité partielle, les reports de cotisations sociales, les facilités fiscales, les prêts à taux zéro pouvant atteindre 50.000 euros et les aides d’urgence.
La ministre veillera, avec les préfets et les services de l’État, à ce que les entreprises concernées puissent bénéficier rapidement de ces dispositifs, pour préserver les emplois et permettre la reprise de leur activité.
- L’État souhaite accompagner les collectivités dans leurs efforts -
La ministre poursuit le travail engagé avec les exécutifs locaux et le ministère de l’Éducation nationale pour répondre aux difficultés signalées par les lycéens.
À La Réunion, en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane, il s’agit d’identifier, établissement par établissement, les interventions urgentes, les projets de rénovation à mener et les obstacles à lever. L’État souhaite accompagner les collectivités dans leurs efforts, dans le respect des compétences de chacun.
À Mayotte, où l’État assume directement la responsabilité des constructions scolaires, les opérations engagées se poursuivent pour améliorer les conditions d’accueil des élèves. Un suivi rigoureux des projets a été mis en place, commune par commune, pour suivre la situation de près et s’assurer de l’exécution des projets.
Dès le mois de septembre, bien avant les récentes mobilisations, la ministre a réengagé des échanges avec les parlementaires ultramarins sur les moyens de lutter plus efficacement contre la vie chère. Ce travail se poursuit pour permettre l’examen à l’Assemblée nationale du texte déjà adopté par le Sénat et identifier les mesures qui permettront d’aller plus loin.
Prix des produits de consommation courante, billets d’avion, tarifs bancaires, frais d’approche, transparence et concurrence, adaptation des normes aux réalités ultramarines : les discussions portent sur les différents facteurs qui pèsent sur le budget des ménages.
- Des mécanismes de fixation des prix dans les Outre-mer -
L’objectif est de travailler collectivement à des solutions qui agissent réellement sur la formation des prix et permettent de réduire durablement les écarts avec l’Hexagone.
Les Outre-mer bénéficieront également de l’effort national engagé par le Gouvernement pour faire baisser les prix à la pompe sur le gazole à compter du 1er novembre, grâce à la mobilisation des stocks stratégiques de carburant.
Compte tenu des spécificités des circuits d’approvisionnement et des mécanismes de fixation des prix dans les Outre-mer, la ministre travaille avec les ministères compétents à la mise en œuvre de modalités adaptées.
Publié le 20 octobre 2026 à 10:00
L’accès à l’eau demeure une difficulté majeure dans plusieurs territoires. Au-delà des opérations déjà engagées et du soutien de l’État, la ministre travaille à l’élaboration de réponses structurelles et pérennes adaptées à chaque territoire.
En Guadeloupe, ce travail est conduit avec la Région, le Département et les acteurs du service public de l’eau, pour répondre à la fois aux défaillances des réseaux, aux besoins d’investissement et aux difficultés de fonctionnement du service, pour donner des perspectives durables aux habitants.
- Les Ultramarins attendent des résultats" -
À Mayotte, l’État poursuit la mise en œuvre du plan eau, notamment avec le projet de nouvelle usine de dessalement d’Ironi Bé, le renforcement des capacités de stockage et la rénovation des réseaux. Des actions concrètes sont déjà engagées : déploiement de cuves dans les établissements scolaires, préparation de l’équipement de 13.000 foyers vulnérables et mobilisation des jeunes du RSMA pour rechercher et réparer les fuites d’eau. Les premières interventions ont débuté le 16 octobre, en Partenariat avec Les Eaux de Mayotte et les communes.
En Guyane, l’enjeu est d’abord de permettre aux habitants des communes isolées d’accéder à une eau potable sûre et régulière. L’État poursuivra son accompagnement des collectivités compétentes, notamment dans le cadre des contrats de progrès, pour développer les équipements de production, de traitement et de distribution adaptés aux contraintes géographiques du territoire.
La ministre poursuivra dans les prochains jours ses échanges avec les exécutifs locaux, les parlementaires et les services de l’État pour préciser les actions à engager et leur calendrier.
"Je ne veux pas répondre aux difficultés par une accumulation d’annonces. Les Ultramarins attendent des résultats et ils ont raison. Sur les lycées, sur les prix, sur l’eau et le carburant, nous devons pouvoir dire ce qui va être fait, avec quels moyens et dans quels délais. C’est sur les résultats que notre action devra être jugée", a déclaré la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou.
