Ce mardi 23 juin 2026, la Fédération Réunionnaise du Bâtiment et des Travaux Publics (FRBTP) annonce déposer une motion rédigée par les acteurs économiques de la Réunion sur la baisse annoncée de la Ligne Budgétaire Unique. L'enveloppe servant à financer les logements sociaux diminue de plus de 50 millions d'euros. Après la mobilisation des élus, ce sont aujourd'hui les professionnels du bâtiment qui se rendent en préfecture pour alerter l'État avec cette motion commune. Selon la ministre des Outre-mer, "les récentes notifications de crédits de la Ligne budgétaire unique (LBU) pour 2026 ne constituaient qu'une première vague" une réponse qui est loin de rassurer les entrepreneurs réunionnais. (Photo d'illustration : Richard Bouhet/imazpress.com)
La Ligne Budgétaire Unique, principal levier de financement du logement social en Outre-mer, devrait passer de 80 à 27 millions d'euros à La Réunion. Depuis l’annonce de cette diminution, les réactions se multiplient sur l'île.
"C'est inconcevable", s'indignait la présidente de Région Réunion, Huguette Bello lors d’une conférence de presse en date du 19 juin dernier.
"C'est mettre en danger les Réunionnais", se scandalisait-elle alors. "C'est presque criminel ce que l'on fait. Des générations vivent sous un même toit, ce n'est pas possible car cela génère de la violence. Ce gouvernement est un gouvernement violent contre les Réunionnais."
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Cette baisse intervient alors que le territoire fait déjà face à une pression sans précédent. Plus de 53.000 demandes de logement social sont aujourd’hui enregistrées à La Réunion et les projections de l’Insee estiment les besoins à 172.500 logements à l’horizon 2050.
- 100.000 logements sociaux pourraient manquer à La Réunion -
Selon l'Armos - qui fédère les sept promoteurs sociaux de La Réunion - à défaut d’une réponse adaptée, près de 100.000 logements pourraient manquer aux familles réunionnaises dans les 25 prochaines années.
"Il faut construire 4 à 6.000 logements sociaux tous les ans mais avec la baisse drastique de la LBU, on va programmer 200 à 300 logements par an", s'inquiète le représentant de la FRBTP.
Le logement social représente plus de 30 % de la commande publique du BTP. Près de 10.000 emplois indirects dépendent de cette filière.
"Le logement social représente en effet un pilier essentiel du modèle réunionnais. Un quart de la population vit dans un logement social, contre 16 % dans l’Hexagone, tandis que 36 % des familles réunionnaises vivent sous le seuil de pauvreté. Le besoin de logements abordables demeure donc particulièrement fort", rappelle l'Armos.
- "Nous appelons solennellement l’État à ajuster le niveau des crédits au besoin des territoires" -
Les bailleurs sociaux disent avoir fait la preuve de leur responsabilité : optimisation des coûts, anticipation des procédures, mobilisation collective. Mais aucune rigueur de gestion ne peut compenser une baisse aussi brutale des moyens.
"Nous appelons solennellement l’État à ajuster le niveau des crédits au besoin des territoires et des projets actuellement prêts, renoncer à une baisse incompatible avec les besoins du territoire, garantir une visibilité pluriannuelle minimale" note l'Armos.
"À La Réunion, le logement social est un investissement vital, au coeur de la cohésion sociale, de la dignité des habitants et de l’activité économique. L’affaiblir, c’est fragiliser durablement le territoire" terminent les bailleurs sociaux.
De son côté, la Ministre des Outre-Mer Naïma Moutchou a apporté des éclaircissements sur les questionnements et les grandes inquiétudes partagés par de nombreux acteurs locaux, élus territoriaux et nationaux concernant la LBU et de lever les incertitudes.
Elle a confirmé que les récentes notifications de crédits de la Ligne budgétaire unique (LBU) pour 2026, représentant plus de la moitié des enveloppes prévues, ne constituaient qu’"une première vague".
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