L'observatoire des prix, des marges et des revenus (OPMR) de La Réunion a présenté lors de sa réunion plénière du 3 juillet 2026 les résultats de l’étude du secteur agro-alimentaire et de ses filières agricoles confiée au cabinet NOVIKOT. Parmi les résultats présentés, l'OPMR estime que : "la filière végétale pas ou peu structurée réussit malgré tout à satisfaire à environ 70% des besoins avec 95.000 T de produits frais, dont 54.000 T de légumes. (Photo d'illustration : Richard Bouhet/imazpress.com)
En présence notamment de la SGAR, de parlementaires, de représentants des collectivités locales et des chambres consulaires, des membres et citoyens associés à l’OPMR et des diPérentes structures auditionnées, trois axes principaux ont ainsi été analysés :
- Axe 1 : La structuration des filières végétales et animales
- Axe 2 : La production coopérative : la spécificité de l’URCOOPA
- Axe 3 : L’observation des prix d’un panier de fruits et légumes dans les réseaux locaux de distribution
L’axe 1 a mis en évidence un contraste important entre les deux filières qui affichent des résultats finalement assez équivalents.
La filière animale très structurée avec deux interprofessions (ARIBEV et ARIV) est capable de mobiliser des aides européennes importantes pour permettre à la production locale de satisfaire la quasi-totalité des besoins en viandes fraiches (poulet, porc et bœuf).
La filière n’arrive cependant pas à soutenir la concurrence de l’importation en matière de prix des surgelés.
La filière végétale pas ou peu structurée (2/3 des producteurs sont indépendants) réussit malgré tout à satisfaire à environ 70% des besoins avec 95.000 T de produits frais (dont 54.000 T de légumes). L’absence de structuration reconnue (l’ARIFEL travaille à cette reconnaissance) limite fortement l’accès aux fonds européens à ces producteurs indépendants.
L’URCOOPA qui regroupe 1.200 producteurs adhérents, importe 23.0000 tonnes de céréales est en fait la clé de voute du secteur agro-alimentaire. Cette structure est en quasi-monopole pour l’importation, la production d’aliments et des farines, de l’abattage et de la collecte du lait.
Cette position stratégique et quasi-monopolistique met cette structure dans une position dominante par rapport à l’ensemble des acteurs du secteur. Or, une gouvernance fermée et peu transparente (notamment concernant des dispositifs de régulation des prix) ouvre la voie aux questionnements, contestations et confits, fragilisant ainsi non seulement l’entité mais aussi l’ensemble de la filière.
L’axe 3 axes mis en évidence :
- Des prix plus bas sur les marchés d’environ 10% par rapport à la grande distribution (à partir d’un panier de 11 légumes et 7 fruits)
- D’un écart important entre la production locale et les surgelés importés : +82% (porc) et +40% (poulet).
En conclusion :
Le secteur agro-alimentaire réunionnais réussit à satisfaire à l’essentiel des besoins en frais (viandes et légumes) malgré les nombreux défis structurels qui s’imposent à lui. Cette prouesse n’est possible qu’avec des acteurs mobilisés et des soutiens financiers publics et massifs (198 M€ / an). Les prix des productions de viande restent cependant bien plus élevés que l’importation.
De même, l’absence cruelle de transparence dans les gouvernances, et l’insuffisance d’une réelle évaluation objective des dispositifs cachent de grandes disparités entre les bénéficiaires structurés et les indépendants qui accèdent diPicilement aux aides. Les acteurs structurés semblent gérer à court ou moyen terme sans réelles stratégies pour faire face aux défis de plus long terme de développement pour une souveraineté alimentaire en lien avec la croissance démographique.
L’OPMR souhaite que les instances de régulation jouent réellement leur rôle et que ces gouvernances soient plus ouvertes et plus transparentes avec notamment l’intégration d’observateurs externes comme des représentants de consommateurs.
L’intégralité de l’étude fera l’objet d’une publication qui sera accessible sur le site internet de l’OPMR : www.opmr.re
