Macron Ă  Marseille pour souligner le "retour de l'ordre"

  • PubliĂ© le 26 octobre 2026 Ă  16:31
  • ActualisĂ© le 26 octobre 2026 Ă  17:03
Macron Ă  Marseille pour souligner le "retour de l'ordre"

Emmanuel Macron est arrivé lundi à la mairie de Marseille, qui porte encore les stigmates du 17 octobre, pour une visite devant souligner le "retour de l'ordre républicain" aprÚs les violences et pillages qui avaient émaillé cette mobilisation citoyenne.

Le chef de l'Etat avait été personnellement critiqué par les oppositions, mais aussi par plusieurs figures de son camp, pour la gestion du maintien de l'ordre il y a neuf jours et pour le maintien de sa tournée dans le Golfe en début de semaine derniÚre. Depuis, il est monté en premiÚre ligne, multipliant les réunions, sur le maintien de l'ordre puis vendredi avec les syndicats lycéens, et les déplacements.

Lundi, il s'est rendu à la mairie de Marseille, briÚvement envahie par des manifestants le 17 octobre, avec son ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez et la ministre déléguée chargée de la Formation professionnelle Sabrina Roubache.

Le hall en porte encore des traces, comme un "A" cerclé anarchiste tagué sur un mur, une vitre cassée, ou un buste de Marianne ébréché quand il avait été renversé au sol.

Emmanuel Macron a été accueilli, avec une bise, par le maire Benoßt Payan, l'une des voix ayant dénoncé un manque d'effectifs policiers.

Benoßt Payan a détaillé les dégùts constatés dans la mairie sous le regard grave du président, avec lequel il s'entretiendra ensuite à l'écart des journalistes.

Emmanuel Macron se rendra plus tard à la préfecture et rencontrera des commerçants "victimes des pilleurs et des casseurs", a indiqué l'Elysée à l'AFP.

"Il saluera et remerciera enfin les forces de sécurité intérieure qui ont permis le retour de l'ordre républicain", a ajouté la présidence aprÚs un week-end marqué par de nouvelles manifestations mais sans incident majeur malgré quelques pillages trÚs sporadiques, notamment dans la cité phocéenne.

DĂšs dimanche soir, Emmanuel Macron a remerciĂ© sur le rĂ©seau X les "forces de l'ordre" et assurĂ© que "grĂące Ă  elles et malgrĂ© un contexte difficile, l'État a Ă©tĂ© au rendez-vous de ses missions", au lendemain d'un nouvelle journĂ©e de manifestations qui s'est dĂ©roulĂ©e, cette fois, sans incident majeur.

Le dĂ©placement Ă  Marseille est motivĂ© par le fait que "c'est lĂ  d'oĂč tout part le 17 octobre", avec une intrusion de manifestants dans la mairie et le buste de Marianne renversĂ©, a dit un proche du prĂ©sident Ă  l'AFP. Il s'agit donc d'affirmer "que l'État est lĂ , tient et sera au rendez-vous de sa mission de protection", a-t-il ajoutĂ©.

Une nouvelle journée de mobilisation pour le pouvoir d'achat et la défense des services publics samedi a été plus calme qu'attendu, malgré quelques heurts et pillages dans plusieurs villes. Au total, 1.435 personnes ont été interpellées, selon Laurent Nuñez.

Le maire divers gauche Benoßt Payan s'est félicité samedi soir d'une "manifestation dans le calme" malgré quelques "petits débordements".

La préfecture des Bouches-du-RhÎne a aussi constaté "le bon déroulement du cortÚge autorisé" ce 24 octobre tout en condamnant "les agissements de quelques individus qui, en fin de manifestation, se sont livrés à des dégradations et à des pillages".

- Reprise en main - 

Samedi soir, la préfecture comptabilisait trois commerces "pillés ou dégradés" dans la deuxiÚme ville de France contre un bilan de 317 commerces "sinistrés et pillés" et "500 commerces impactés" une semaine plus tÎt.

De nombreuses vitrines du centre-ville étaient encore protégées par du contreplaqué lundi matin, quelques heures avant l'arrivée d'Emmanuel Macron.

"Sur le plan sécuritaire, on a plutÎt redressé la barre. Mais il faut rester trÚs vigilant", estime le proche du chef de l'Etat, qui y voit la réussite de la feuille de route donnée par ce dernier au lendemain du fiasco du 17 octobre, dans une allocution pourtant critiquée de toutes parts.

Contraste saisissant, le président va donc s'afficher en premier lundi, tandis que Sébastien Lecornu restera relativement en retrait. Le chef du gouvernement va recevoir dans l'aprÚs-midi à Matignon les représentants des lycéens, à l'origine il y a cinq semaines d'un mouvement qui a depuis fait tache d'huile, et des étudiants.

Mais il laissera Ă  ses ministres le soin d'annoncer Ă  la presse les "mesures trĂšs concrĂštes" promises dimanche par Emmanuel Macron.

"Le président reprend la main", estime une ministre, qui y décÚle une critique en creux de la gestion de la crise par le Premier ministre et son gouvernement.

"L’idĂ©e c’est quand mĂȘme d’accĂ©lĂ©rer" dans la rĂ©ponse aux revendications des jeunes, glisse pour sa part le proche d'Emmanuel Macron. "DĂšs le mouvement lycĂ©en, le prĂ©sident a toujours dit qu'on ne fait pas rentrer les jeunes Ă  coups de matraque", ajoute-t-il.

AFP

guest
0 Commentaires