Ouvert depuis le 19 août 2026, le débat public sur le projet de train Réunion Express, porté par la Région Réunion, entre dans sa seconde phase. À l'occasion d'un point presse organisé ce lundi 19 octobre 2026 à l'Université de La Réunion, l'équipe du débat a présenté un premier état des lieux de la participation et des principales questions soulevées par le public. Financement, intermodalité, conditions de déplacement, environnement ou encore avenir des mobilités : plusieurs sujets se dégagent des échanges. Jusqu'au 26 novembre 2026, le débat se poursuivra avec une attention particulière portée aux publics qui participent moins spontanément aux réunions publiques. Nous publions le communiqué ci-dessous. (Photo : Stéphan Laï-Yu/www.imazpress.com)
Organisé par la Commission nationale du débat public (CNDP), autorité administrative indépendante et neutre, le débat public permet à chacun et chacune de s'informer, de poser des questions et d'exprimer son point de vue sur le projet Réunion Express, son opportunité, ses caractéristiques, ses impacts et les alternatives envisageables.
Ce point d'étape ne constitue ni un bilan définitif ni une prise de position sur le projet. Il vise à restituer les principaux arguments et interrogations exprimés jusqu'à présent, et à identifier les sujets qui méritent encore d'être approfondis.
- Une première phase consacrée à l'information et à la compréhension du projet -
Depuis le 19 août, plusieurs formats de participation ont permis aux Réunionnais et Réunionnaises de s'informer et de contribuer au débat.
Sept réunions publiques, organisées dans différentes communes de l'île, ont réuni près de 900 participants.
Trois ateliers thématiques, consacrés notamment à la gouvernance, au phasage des travaux et aux enjeux environnementaux et la biodiversité, ont rassemblé une soixantaine de personnes.
Trois débats radio ont également permis d'aborder plusieurs dimensions du projet auprès d'un public plus large, sur l’opportunité du projet, sur l’intermodalité et le dispositif du débat.
Les dispositifs numériques et les contributions écrites complètent ces rencontres :
- 1 947 personnes ont déjà participé au parcours numérique "Alon kozé su le projé d'trin" ;
- 82 questions et 103 contributions ont été déposées sur la plateforme participative ;
- Des Ron Kozé, ou débat auto-portés, permettant d'organiser des échanges de proximité, ont également donné lieu à plusieurs rencontres et contributions ;
- Les réseaux sociaux constituent un autre espace d'expression, dont les avis et arguments alimenteront le compte rendu final du débat.
Les acteurs institutionnels, économiques et associatifs sont également invités à contribuer à travers les cahiers d'acteurs, dont plusieurs sont en cours de rédaction.
- Financement, déplacements du quotidien, intermodalité : les premières questions qui émergent -
Les échanges font apparaître plusieurs préoccupations récurrentes, qui devront continuer à être discutées et approfondies au cours des prochaines semaines.
Les besoins de mobilité et les alternatives au projet
Les difficultés de déplacement, les embouteillages et leurs conséquences sur le quotidien sont régulièrement évoqués. Si de nombreux participants voient dans le ferroviaire une réponse possible à ces difficultés, d'autres souhaitent également examiner les alternatives, notamment le renforcement des réseaux de bus express, ou interrogent les priorités d'investissement du territoire.
Le financement et les conditions de réalisation
Le coût du projet, les modalités de financement, les risques de dépassement budgétaire et les garanties de continuité politique suscitent de nombreuses interrogations. Les questions foncières, les éventuelles expropriations et la préservation des terres agricoles sont également soulevées.
- Les conditions concrètes d'utilisation. Fréquence des trains, temps de trajet, amplitude horaire, tarifs et sécurité dans les gares et à leurs abords : les participants interrogent les conditions qui permettraient au train de répondre aux besoins quotidiens des usagers.
L'intermodalité et l'accès aux gares
La connexion avec les réseaux de transport existants apparaît comme un enjeu important. Comment rejoindre les gares depuis les Hauts et les écarts ? Quelle articulation avec les bus ? Quelles possibilités de stationnement pour les voitures et les vélos ? Ces questions mettent en lumière la nécessité d'examiner le projet à l'échelle de l'ensemble des déplacements sur l'île.
Les enjeux environnementaux et climatiques
Les besoins énergétiques du futur réseau, ses impacts environnementaux et sa capacité à résister aux aléas climatiques font également partie des sujets soulevés.
Enfin, plusieurs contributions invitent à réfléchir aux actions qui pourraient être engagées sans attendre une éventuelle réalisation du projet : amélioration des transports existants, formation aux métiers du ferroviaire, accès des entreprises locales aux futurs chantiers ou encore poursuite de la participation citoyenne. La volonté de faire perdurer les échanges et la participation citoyenne au-delà de la phase de débat public est également exprimée.
Ces premiers constats ne constituent ni un sondage d'opinion ni une mesure de l'adhésion au projet. Ils rendent compte de la diversité des arguments exprimés et des questions qui restent ouvertes.
- La jeunesse associée aux réflexions sur les mobilités de demain -
Le point presse organisé à l'Université de La Réunion a également permis de mettre en lumière plusieurs démarches de participation des jeunes.
L'Atelier de la Relève a réuni 30 jeunes de 18 à 30 ans, venus de différents territoires de l'île, pendant deux week-ends en septembre. Après avoir échangé avec les équipes de la Région et débattu entre eux, ils ont rédigé un manifeste collectif portant notamment sur les usages, la gouvernance, les tarifs, la formation, l'emploi, la sécurité et les conditions de réalisation du projet.
Ce manifeste sera intégré au compte rendu du débat et transmis au maître d'ouvrage. Les jeunes de cet atelier de la relève ont produit également des vidéos, des podcasts, qui seront prochainement disponibles sur le site du débat.
En parallèle, les étudiants du Master Information et Communication de l’Université de La Réunion se sont mobilisés pour élaborer une stratégie de communication visant à sensibiliser les jeunes au projet. Une matinée d’échanges organisée le 15 octobre sur le campus du Moufia a notamment permis de réaliser une vingtaine de Ron Kozé.
Cette initiative a permis de lever certaines réticences à prendre la parole et de recueillir des questions concrètes sur le projet. Parmi les préoccupations exprimées figure notamment l’incertitude quant à sa réalisation effective, témoignant des interrogations des jeunes sur les perspectives à long terme de ce projet.
Les rencontres avec les jeunes se poursuivront dans les lycées ainsi qu'à l'occasion du Congrès Expo Ambition Planète, les 4 et 5 novembre à la Nordev.
- Une seconde phase pour aller davantage à la rencontre des Réunionnais et Réunionnaises -
Après une première période principalement consacrée à l'information et à la compréhension des enjeux, le débat entre désormais dans une phase davantage tournée vers les rencontres de proximité, pour “aller vers” les Réunionnais.
L'équipe du débat se déplacera notamment dans les marchés, les quartiers, les Hauts et lors d'événements organisés sur le territoire, afin de permettre à des publics moins présents dans les réunions traditionnelles de s'informer et de faire entendre leur voix.
- Les prochains rendez-vous du débat public -
- Mercredi 21 octobre au matin à Salazie ;
- Jeudi 22 octobre à Étang-Salé ;
- Vendredi 23 octobre : Petite-Île, à l'occasion de la Fête de l'ail ;
- Dimanche 25 octobre : marché forain de la Plaine-des-Palmistes ;
- Mardi 27 octobre à 17h30 : Ron Kozé à l'Îlet Quinquina ;
- Mercredi 28 octobre 2026 de 16h à 18h, À l’Alambic – Trois-Bassins
- Jeudi 29 octobre 2026 de 17h à 19h - Maison de quartier de Montée Panon – Littoral Trois Bassins : Un atelier plus spécifiquement consacré aux différentes variantes de tracé envisagées dans l’Ouest : leurs avantages, leurs contraintes et leurs impacts potentiels sur les déplacements, l’aménagement du territoire et l’environnement.
- Mercredi 28 octobre : marché forain du Chaudron ;
- Jeudi 29 octobre à Cilaos ;
- Mercredi 4 et jeudi 5 novembre : Congrès Expo Ambition Planète, à la Nordev ;
- Samedi 7 novembre : Étang-Salé, à l'occasion d'Odyssea ;
- Dimanche 8 novembre : Le Port, à l'occasion du Ti Piknik Exo FM ;
- Du 18 au 20 novembre : Les Avirons et Le Tévelave ;
- Dimanche 22 novembre : brocante de l'Entre-Deux.
En complément de ces rencontres de proximité, des ateliers d'experts permettront d'approfondir certaines questions techniques soulevées au cours des premières semaines.
Un atelier consacré au financement du projet se tiendra le 17 novembre au Tampon, afin d'apporter des éléments d'éclairage sur l'un des principaux sujets de préoccupation exprimés par le public.
Jusqu'au 26 novembre pour poursuivre les échanges. Cette liste n'est pas exhaustive. De nouveaux rendez-vous viennent compléter la programmation au fil des semaines et des opportunités
Retrouvez l’ensemble des rendez-vous du débat public ici.
https://www.debatpublic.fr/projet-train-reunion-express/agenda
Accédez à la plateforme de participation ici.
Téléchargez le kit Ron Kozé.
Toutes les informations sur le débat ici.
