VIH et IST : dépistage en forte hausse et progression des nouvelles contaminations à La Réunion

  • Publié le 29 novembre 2025 à 10:58
  • Actualisé le 29 novembre 2025 à 11:03
despitage VIH - Saint-Denis

Le bilan 2024 de Santé publique France révèle une augmentation marquée du dépistage à La Réunion, mais aussi une progression préoccupante des nouvelles séropositivités et des IST bactériennes (Photos RB/imazpress)

La santé sexuelle demeure un enjeu central à La Réunion. Le dernier bulletin de Santé publique France, publié le 25 novembre 2025, dresse un constat contrasté : si le dépistage progresse fortement sur l’île, le nombre de nouvelles contaminations au VIH et de diagnostics d’IST continue de croître, témoignant d’une circulation virale toujours active dans la population.

Le recours au dépistage est en forte augmentation depuis 2022. Selon les données du SNDS, 144,1 sérologies VIH pour 1 000 habitants ont été réalisées en 2024, un taux largement supérieur à la moyenne nationale hors Île-de-France (82/1 000).

- Les femmes se font plus dépister que les hommes -

Les femmes restent les plus nombreuses à se faire dépister, notamment entre 15 et 49 ans, où les taux dépassent les 279 à 302 tests pour 1 000 habitantes. Les laboratoires confirment cette dynamique : la participation à l’enquête LaboVIH atteint 100 %, et la positivité des tests augmente (0,9 pour 1 000).

Mais cette mobilisation accrue du public s’accompagne d’une hausse très nette des découvertes de séropositivité. Le nombre de nouveaux diagnostics corrigés a presque triplé en deux ans, passant de 38 cas en 2022 à 101 en 2024.

La progression est particulièrement marquée chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) nés en France et chez les hétérosexuels nés à l’étranger. L’incidence du VIH est estimée à 109 nouvelles contaminations en 2024, un chiffre en hausse constante depuis 2022. Fin 2024, environ 206 personnes vivant avec le VIH sur l’île ignoreraient encore leur séropositivité.

 - Les diagnostics du Sida en baisse - 

Si les diagnostics de sida diminuent après deux années de hausse, l’exhaustivité de la déclaration obligatoire, elle, s’effondre : de 92 % en 2023, elle chute à 55 % en 2024, compromettant la qualité du suivi épidémiologique.

Les infections sexuellement transmissibles bactériennes demeurent, elles aussi, très fréquentes. Le dépistage du Chlamydia, du gonocoque et de la syphilis augmente dans toutes les tranches d’âge, particulièrement chez les femmes de 15 à 25 ans et de 25 à 49 ans. Les diagnostics sont globalement plus élevés qu’en France hexagonale : la gonococcie est par exemple près de deux fois plus souvent détectée à La Réunion

Les CeGIDD de l’île, intégralement mobilisés en 2024, confirment cette tendance : les infections à chlamydia touchent surtout les moins de 26 ans, tandis que la syphilis est plus fréquemment identifiée chez les 26-49 ans. Les gonococcies, quant à elles, concernent hommes et femmes en proportions proches.

- Renforcer la prévention -

Face à cette situation, Santé publique France rappelle l’importance de renforcer la prévention combinée, d’améliorer l’accès à la PrEP et de poursuivre l’effort de dépistage. Pour 2025, plusieurs campagnes ciblées sont programmées : prévention auprès des publics originaires d’Afrique subsaharienne, dépistage régulier des HSH multipartenaires et sensibilisation des adolescents à l’usage du préservatif.

Le bulletin insiste sur un point essentiel : agir tôt, dépister davantage et assurer une surveillance fiable sont les leviers indispensables pour freiner l’épidémie et renforcer la santé sexuelle des Réunionnais.

www.imazpress.com/redac@ipreunion.com

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2 Commentaires
Dauphine
Dauphine
10 heures

Compliqué avec les nouveaux choix de vie bien différents d'avant. Le fait d'avoir des partenaires différents (es) à chaque sorti en boîte.....sans contraception adéquats en plus sa ne stoppera pas l'augmentation.

Marre de Selly et SPL ESTIVAL
Marre de Selly et SPL ESTIVAL
13 heures

FAUT SE PROTÉGER