Medef Réunion : pour 2026, Katy Hoarau veut construire une "économie réunionnaise robuste"

  • Publié le 22 janvier 2026 à 13:36
  • Actualisé le 22 janvier 2026 à 14:46
Katy Hoarau

Alors que l’économie réunionnaise traverse encore une phase d’incertitude, Katy Hoarau, présidente du Medef Réunion, appelle à dépasser la simple capacité de résistance pour engager une transformation structurelle. À l’horizon 2026, elle espère une amélioration progressive de la situation des entreprises, notamment avec la fin des Prêts Garantis par l’État (PGE), tout en alertant sur un climat politique et économique anxiogène (Photo d'illustration rb/www.imazpress.com)

"En 2025, ce n’était pas génial", reconnaît la présidente du Medef Réunion. Les entreprises ont connu "des sauts d’activité, des débuts de relance", sans pour autant retrouver une dynamique durable.

L’année 2026 pourrait toutefois marquer un tournant. "Avec la fin des PGE, les entreprises vont commencer à respirer", estime la dirigeante patronale, tout en soulignant que cette perspective reste "fragile faute de visibilité politique". 

L’absence de stabilité institutionnelle, l’adoption du budget par le recours au 49.3, les élections municipales à venir et les interrogations autour d’une possible dissolution de l’Assemblée nationale nourrissent l’inquiétude. "Pour pouvoir prendre des risques opérationnels, un entrepreneur a besoin d’un peu plus de visibilité", insiste-t-elle.

- Le budget 2026, un répit pour l’investissement à La Réunion -

Le projet de loi de finances pour 2026 a suscité de nombreuses préoccupations, notamment avec les coupes budgétaires envisagées de l’aide fiscale à l’investissement outre-mer, la Lodeom. Le retrait de cette proposition a été accueilli avec soulagement par les acteurs économiques.

"C’est une bonne nouvelle", souligne Katy Hoarau. "Cela nous permet de tenir au moins jusqu’en 2026 et surtout d’ouvrir un espace de dialogue avec le gouvernement afin d’aboutir à des propositions concertées, réfléchies et posées."

À La Réunion, ce dispositif jugé vital pour la compétitivité des entreprises et la sauvegarde de l’emploi dans l’île concerne directement près de 30.000 entreprises et 120.000 emplois.

La bataille n'est cependant pas finie : une étude d'impact doit être élaborée pour déterminer les conséquences des réformes envisagées. Le gouvernement souhaitera probablement revoir, à terme, ces dispositifs..

Même éloignée géographiquement, La Réunion n’est par ailleurs pas imperméable aux évolutions internationales. Les tensions commerciales entre l’Europe et les États-Unis ou les stratégies des grands groupes mondiaux ont des répercussions directes sur l’économie locale. "Quand Coca-Cola réorganise son activité dans la zone Afrique, cela impacte les brasseries de Bourbon", illustre la présidente du Medef Réunion, en référence au rachat de la franchise par le groupe mauricien IBL.

Pour elle, cette dépendance souligne la nécessité de renforcer la solidité du tissu économique local. "Il faut sortir de la résilience subie pour aller vers plus de robustesse, dans une démarche volontaire", dit-elle. Elle plaide par ailleurs pour une meilleure collaboration entre les deux îles, avec notamment une meilleure réciprocité en termes de facilité d'investissement à Maurice.

"La méthode du MEDEF Réunion, c’est proposer, agir, coopérer. Il faut transformer l’analyse en actions", affirme Katy Hoarau.

C’est dans cet esprit que l’organisation patronale a lancé un think tank, appuyé par l’Observatoire économique du Medef Réunion, afin de "produire une pensée économique ancrée dans les réalités du territoire, fondée sur les données et orientée vers des propositions concrètes".

Une commission dédiée a également été mise en place pour identifier les blocages du quotidien rencontrés par les entreprises et apporter des solutions opérationnelles. "La robustesse ne se construit jamais seule", souligne-t-elle.

Cette logique collective se traduit aussi par la création du "Socle" en octobre dernier, un mouvement initié avec la CPME, l’ADIR, la FRBTP et l’UMIH. Il vise à rassembler les forces économiques du territoire autour de positions partagées. 

- Miser sur le bassin régional et reprendre la parole économique -

Parmi les axes majeurs de cette feuille de route figure le renforcement des liens avec le bassin régional de l’océan Indien. "C’est un levier concret de développement pour les entreprises réunionnaises : créer des opportunités, diversifier les marchés et développer des partenariats durables dans notre environnement géographique naturel", souligne Katy Hoarau.

Un autre enjeu clé consiste à reprendre la parole économique et sociale. "Construire une économie robuste suppose de reprendre la parole économique, mais aussi d’assumer pleinement notre rôle de représentation, d’expliquer l’économie. Sinon, on nourrit des malentendus, des oppositions stériles et des colères sans solution."

Le Medef Réunion accompagne donc les chefs d’entreprise engagés comme mandataires. "Leur rôle est essentiel : ils portent la voix des entreprises, participent aux équilibres sociaux et contribuent au quotidien à faire vivre un dialogue social responsable à La Réunion", estime Katy Hoarau. 

Pour 2026, la présidente du Medef Réunion veut "continuer à construire un Medef utile, exigeant et collectif, au service de ses adhérents, des entreprises et de La Réunion", résume-t-elle. Et de conclure : "En 2026, faisons ensemble une économie réunionnaise robuste."

as/www.imazpress.com / [email protected]

guest
1 Commentaires
achtung
achtung
2 heures

avec 70% d'inactifs, des aides pour les privés à gogo et des fonctionnaires territoriaux d'une compétence sans pareille, ça va être compliqué.