Au plus fort des échauffourées, dans la nuit de ce jeudi 30 janvier 2014, ils étaient une cinquantaine d'hommes mobilisés à Saint-Denis mais seulement une demi-douzaine au Port : les forces de l'ordre ont dû faire des choix pour gérer les événements, les effectifs en place dans la cité portoise n'ayant du coup pas les moyens de s'opposer aux pillards et aux casseurs.
Il est un peu plus de 21 heures ce jeudi 30 janvier, lorsquâun camion sâenflamme Ă la RiviĂšre des Galets, en travers du rond-point des Anglais. Policiers et pompiers arrivent sur les lieux, lâincendie est Ă©teint mais dâautres points chauds sont signalĂ©s dans la ville du Port, au rond-point du Coeur-Saignant, celui des Danseuses et sur lâavenue Rico-Carpaye.
Mais dans le mĂȘme temps, le quartier du Chaudron Ă Saint-Denis connaĂźt lui aussi une forte montĂ©e en tempĂ©rature. Une centaine de personnes ont pris place aux alentours du Jumbo Score, un conteneur a pris feu, des barrages de poubelles enflammĂ©es surgissent Ă divers endroits, un PMU a Ă©tĂ© pillĂ©.
Les forces de lâordre â CDI  (Compagnie dĂ©partementale dâintervention) et GIPN (Groupe dâintervention de la police nationale) â sont dĂ©pĂȘchĂ©es sur place, des effectifs mobilisĂ©s au Port Ă©tant rapatriĂ©s vers le chef-lieu. Vers 23 heures, câest ainsi une cinquantaine dâhommes qui ont pris place sur le parking du Jumbo Score du Chaudron, faisant face Ă une cinquantaine de jeunes postĂ©s de lâautre cĂŽtĂ© du mail. Le jeu du chat et de la souris entre les policiers et les petits groupes mobiles de jeunes â qui nâattendaient que ça â dĂ©bute pour quelques heures, Ă coup de grenades lacrymogĂšnes dâun cĂŽtĂ©, contre jets des galets et incendies de vĂ©hicules et de mobilier urbain de lâautre.
Pendant ce temps, au Port, ils sont une demi-douzaine de policiers impuissants face Ă une centaine de jeunes dispersĂ©s un peu partout dans la ville, mais se concentrant notamment sur lâavenue Rico-Carpaye et ses commerces quâils tentent de fracturer et de piller. Un camion-bar et une pharmacie feront notamment les frais de ces violences, ainsi quâun restaurant au niveau du rond-point des Anglais.
Devant ce dĂ©roulĂ© des Ă©vĂ©nements, les autoritĂ©s ont donc dĂ» "dĂ©shabiller" Le Port pour "habiller" le Chaudron. Pendant que les jeunes Dionysiens avaient droit Ă lâaffrontement policier quâils cherchaient, les casseurs et pillards portois se retrouvaient libres de leurs mouvements, du fait du cruel manque dâeffectifs des forces de l'ordre.
"Les effectifs des CDI ont passĂ© la nuit Ă se dĂ©placer en fonction de ce quâil se passait", indique-t-on du cĂŽtĂ© du commissariat Malartic. "Cela a Ă©tĂ© apprĂ©ciĂ© dans lâinstant avec les informations quâon avait. Câest toujours facile de refaire la guerre le lendemain, mais il y avait un choix Ă faire dans lâurgence avec la vision du moment. Câest Ă©vident que si on avait cinq escadrons de gendarmes mobiles, ce serait plus facile, mais ce nâest pas le cas...", ajoute-t-on.
Le mercredi 22 janvier dernier, une cinquantaine de policiers avaient manifestĂ© devant le commissariat Malartic de Saint-Denis. Ils protestaient certes contre le port du matricule, mais dĂ©nonçaient aussi un manque de moyens et dâeffectifs. "Nous nâavons plus les moyens de protĂ©ger les biens et les personnes Ă La RĂ©union", s'alarmait notamment un leader syndical. Les faits rĂ©cents semblent lui donner raison.
www.ipreunion.com

La réunion paye clairement le manque d'effectifs dans la police nationale. On en est donc au point de
Sacrifier une ville au profit d'une autre. Si j'ai bien compris 6 policiers
Au port contre 50 manifestants et 50 Ă saint Denis contre 50 manifestants.
Je ne souhaite pas remettre en cause l'organisation du maintien de l'ordre. Mais
qu'est ce qui serait arrivĂ© si une autre ville s'Ă©tait embrasĂ©e en mĂȘme temps?
La réunion serait à feu et à sang avant que les renforts venus de métropole n'arrivent.
Quel gùchis! Quand on voit la liste des policiers trÚs expérimentés dans les banlieues difficiles de la
Région parisienne qui attente désespérément leurs mutations...
Au fait, auprĂšs de qui doit on se plaindre?
A l'attention de Master bless...
Juste 2 questions : d'abord pouvez-vous nous dire à quoi on reconnait la nuit en plein désordre urbain, un "civile" non casseur d'un autre non casseur ? Ensuite que viennent faire des "civiles non casseurs" dans ce genre d'évÚnement ? Merci de votre réponse.
Ah, autre chose : puisque vous avez l'air d'ĂȘtre connaisseur en matiĂšre de maintien de l'ordre, expliquez comment vous feriez si vous Ă©tiez Ă la tĂȘte des forces de l'ordre.
Si je comprend bien , ils ont préféré protégé le super marché ?...
Tout ca ne sert a rien pour l'avoir moi mĂȘme vĂ©cu il ya 2 ans , au chaudron les policiers deviennent incontrĂŽlable et ne calment jamais la situation .. et tire des lacrymo n'importe oĂč, sans regarder si des civiles non casseurs sont dans cette zone ...