Volcan : la lave a plongé dans l'océan, des bras secondaires continuent leur progression vers la RN2

  • Publié le 16 mars 2026 à 06:46
  • Actualisé le 16 mars 2026 à 06:47
Volcan mars 2026

La lave a fini par plonger dans l'océan dans la nuit du dimanche 15 mars au lundi 16 mars 2026, vers 00h20. La rencontre du feu liquide et de l'eau a eu lieu alors que le front de coulée est resté figé à 150 mètres de l'océan pendant plusieurs heures. Cet événement spectaculaire arrive après la traversée de la RN2 par trois coulées de lave ce vendredi 13 mars. Des bras secondaires continuent également leur progression vers la RN2 et font l'objet d'une surveillance (Photo : DR / Emmanuel Grondin / www.imazpress.com)

La lave a rencontré l'océan cette nuit. Regardez.

Le nouveau bras secondaire qui s'est formé au sud du bras de coulée actif principal continue sa propagation. Il était situé à 16h30 à 2,1 km de la RN2.

- La lave a traversé la RN2 -

Ce vendredi 13 mars dans la matinée, une coulée de lave est entrée sur la RN2 et a traversé la voie de circulation sur "une longueur de 15 mètres et une hauteur de 1,5 mètre" indique la préfecture. 

Après le premier franchissement observé, un second bras de coulée a traversé la route nationale 2 dans le Grand Brûlé à 9h27. Regardez cette vidéo de notre photographe Richard Bouhet.


 
À 12h35 un troisième bras de coulée a atteint la route. "Ce sont désormais 3 bras de coulées qui ont traversé la route nationale deux sur une largeur de 260 m environ", précise l'OVPF.
 
 
Alors que plusieurs bras de coulée ont traversé la RN2. Il ne reste vraiment plus que quelques mètres de route entre les deux bras de coulée.
 
 
La population continue à affluer sur la route des laves. Regardez.
 

C'est la première fois depuis 2007 que le feu liquide expulsé par le Piton de la Fournaise traverse la RN2.

Pour rappel, le Piton de la Fournaise est entré en éruption le vendredi 13 février 2026.

- Un seul site éruptif reste actif sur le flanc sud-sud-est du volcan -

Un seul site éruptif reste actuellement actif sur le flanc sud-sud-est du volcan, visible depuis le Piton de Bert. Le cône éruptif est maintenant bien formé et continue de se refermer progressivement. Peu de projections dépassent désormais la hauteur du cône.

Avec la fermeture latérale du cône, une activité importante en tunnel de lave est désormais établie. Depuis le 3 mars, les coulées sont de nouveau visibles dans les Grandes Pentes, précise l'OVPF.

Le champ de lave émis depuis le site éruptif dessine toujours deux bras principaux. Le front du bras nord reste figé à ~2,6 km
de la route nationale 2 (RN2), à une altitude d’environ 660 m.

Le bras sud s’est divisé en plusieurs bras secondaires, qui poursuivent leur progression, avec des vitesses très variables liées
notamment à la topographie et à la végétation rencontrée sur son passage, qui peuvent localement ralentir ou canaliser
l’écoulement de la lave.

Comme les jours précédents, l’activité sismique reste faible.

L’inflation de l’édifice, visible notamment sur les stations GNSS sommitales et à la base du cône terminal, se poursuit même si
celle-ci a ralenti.  Cette inflation indique une remise en pression du système d’alimentation magmatique, possiblement liée à une recharge en magma du réservoir superficiel.

- Dioxyde de soufre, gaz acide et feux de forêts modifient la qualité de l'air -

Le spectacle qui attire chaque jour de nombreux visiteurs, n’est pas sans danger.

Dans un communiqué commun, l’ARS et la préfecture rappellent que les personnes souffrant de maladies respiratoires ainsi que les femmes enceintes doivent prendre leurs précautions avant d’aller sur les lieux.

Les personnes qui ne sont pas considérées comme vulnérables doivent cependant, elles aussi, faire attention aux abords des coulées et des émanations de gaz potentiellement toxiques.

La préfecture explique : "En cas de concentration importante, ces substances peuvent entraîner chez les personnes vulnérables : toux, une exacerbation d’asthme, une baisse de la capacité respiratoire ou une irritation."

"L’éruption volcanique émet dans l’air de nombreuses substances susceptibles de se disperser sur une vaste distance telles que le dioxyde de soufre (SO₂), un gaz irritant des voies respiratoires", explique la préfecture. "Enfin, la lave qui entre en contact avec l’eau de mer peut provoquer l’émission d’un panache de gaz acide ainsi que de particules solides fines (phénomène dénommé "laze").

"Depuis le début de l’éruption, les concentrations en SO2 et particules en suspensions liées au volcan, relevées sur les zones surveillées de l’île, restent faibles, en dessous des seuils sanitaires d’alerte, bien qu’un pic de très courte durée a été observé à Bourg Murat dans la nuit du 11 au 12 mars."

- Passage en alerte 2.2, la RN2 fermée à la circulation -

Par mesure de sécurité le préfet de La Réunion avait décidé de déclenché la phase d’alerte 2.2 du dispositif ORSEC volcan. Dès 15h ce jeudi 12 mars 2026, la portion de la RN2 située dans le secteur de la coulée était fermée à la circulation. 

Seuls les piétons et les cyclistes sont autorisés à franchir le barrage arrêtant la circulation des voitures. Un second barrage situé quelques centaines de mètres plus loin empêche cette fois toute circulation

Un dispositif de gestion de la circulation a aussi été mis en place, impliquant la fermeture de la route nationale entre Grand Brulé à Sainte-Rose et Citron Galet à Saint-Philippe.

Les points de retournement suivants sont mis en place :

- Sur la commune de Sainte-Rose, la route sera fermée au niveau du PR78, où un point de retournement provisoire sera mis en place.

- Sur la commune de Saint-Philippe, la fermeture complète s’étend désormais dans l’enclos du PR78 au PR82.

"Le stationnement reste autorisé sur la route nationale en amont de ces points de retournement, sur un seul côté de la route nationale (côté montagne), et à l’exclusion de certaines zones habitées ou dangereuses (secteur de Bois Blanc, rampes de la Cage aux lions)", précise la préfecture.

Au-delà des points de retournement, "l’accès est autorisé uniquement aux piétons et aux cyclistes jusqu’à la zone d’exclusion, matérialisée par des barrières".

L’accès est strictement interdit au-delà de ces barrières, en raison des risques liés à la proximité de la coulée, aux émanations de gaz nocifs, et aux instabilités du terrain.

Il est demandé aux usagers de respecter scrupuleusement la signalisation qui sera mise en place sur le terrain afin de conserver des conditions de circulation les plus optimales possibles.

Ce week-end du 14 et 15 février 2026, les gendarmes de La Réunion ont verbalisés 279 véhicules pour non-respect du stationnement.

- La préfecture rappelle les règles de sécurité pour aller observer la coulée -

Dans un point de situation, la préfecture a rappelé que le stationnement restait autorisé sur la route nationale en amont des points de retournement, "sur un seul côté de la route nationale (côté montagne), et à l’exclusion de certaines zones habitées ou dangereuses (secteur de Bois Blanc, rampes de la Cage aux lions)", précise la préfecture. Les demi-tours pour reprendre le sens de circulation doivent se faire uniquement aux aires de retournement balisées, afin d’éviter toute situation dangereuse ou engorgement sur la RN2.

Pour rappel, au-delà des points de retournement, l’accès est autorisé uniquement aux piétons et aux cyclistes jusqu’à la zone d’exclusion, matérialisée par des barrières. "L’accès est strictement interdit au-delà de ces barrières, en raison des risques liés à la proximité de la coulée, aux émanations de gaz nocifs, et aux instabilités du terrain. L’accès à l’enclos reste strictement interdit, seuls les secteurs autorisés de la route nationale peuvent être accessibles aux piétons et aux cyclistes", explique les services de préfecture dans leur communiqué.

"Par ces mesures, les autorités entendent agir avec équilibre, afin de permettre aux habitants et aux visiteurs de pouvoir accéder au site en toute sécurité, tout en préservant la fluidité de la circulation et en assurant un accès optimal aux services de secours". En cas d’évolution de la situation, le dispositif pourra être amené à évoluer.

- La route coupée par la lave à sept reprises depuis 1977 -

Par le passé, la lave du Piton de la Fournaise a traversé à six reprises depuis 1977 la route après avoir déferlé les grandes pentes du massif volcanique.

La dernière fois que cela était arrivé c'était en 2007 au niveau du Tremblet (Saint-Philippe). 

Retrouvez ici les images de nuit du volcan.

Avant celle qui est en cours, la dernière éruption avait commencé le dimanche 18 janvier 2026 à 19h45L'éruption avait été courte. Elle s'était arrêtée vers 5 heures le ce mardi 20 janvier 2026.

Toute l'actualité du volcan est ici

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