Piton de la Fournaise : au 49ème jour de l'éruption, un nouveau bras de lave a traversé la route

  • Publié le 2 avril 2026 à 05:12
  • Actualisé le 2 avril 2026 à 05:14
volcan mars 2026

Ce jeudi 2 avril 2026, marque le 49ème jour de l'éruption débutée le 13 février. Ce mercredi 1er avril 2026, un nouveau de bras de coulée a traversé la RN2. Le site éruptif se trouve sur le flanc sud-sud-est, au niveau du cône. "Seule la coulée principale sud est de nouveau alimentée", précisent les volcanologues. Suite à la reprise de l'activité, ils observent "une augmentation de la sismicité ainsi qu’une déflation de l’édifice indiquant une dépressurisation du réservoir magmatique superficiel". L’activité en tunnels de lave est bien développée et se poursuit avec de nombreuses résurgences. (Photo : Emmanuel Grondin / www.imazpress.com)

Ce mercredi soir 1er avril, la route nationale a de nouveau été coupée par la lave, environ 300 mètres plus au sud du précédent point de coupure.

Les scientifiques de l'observatoire volcanologique du Piton de La Fournaise (OVPF) ont partagé les images des remous et du dégazage au niveau du cône éruptif, capturées mardi dernier. Quelques débordements de lave sont également observés. "Le trémor éruptif (indicateur du flux de lave et de gaz) est stable sur les dernières 24 heures", précisent les volcanologues. Regardez.

Un nouveau bras de lave se rapproche de la route .Les services de la préfecture soulignent : "le bras de coulée le plus au sud demeure actif. Une résurgence a entraîné la formation d’un bras secondaire dans la nuit, menaçant la route nationale au sud de la coupure actuelle. La zone d’exclusion et le périmètre de sécurité ont donc été étendus en conséquence du côté de Saint-Philippe ce 1er avril au matin".

La préfecture ajoute : "cette résurgence pourrait traverser la RN2 à très court terme, faisant peser un risque d’encerclement sur les personnes ayant franchi les barrières de sécurité et se trouvant dans la zone forestière située entre les deux bras de coulée."

- Une augmentation de la sismicité -

Dans son dernier bulletin, l'observatoire volcanologique du Piton de La Fournaise assure que l’activité en tunnels de lave se poursuit en aval du cône. "Ces résurgences sont bien visibles dans les Grandes Pentes. Seul le bras sud du champ de lave est actuellement actif le long de la coulée principale ayant rejoint la mer le 16 mars, ainsi qu’un bras secondaire situé au sud de la coulée principale, en amont de la route nationale 2", ils notent. 

Avec plus de 90 séismes volcano-tectoniques superficiels sur la journée du 31 mars, l’augmentation de sismicité se confirme. Ces séismes sont localisés au niveau de la zone sommitale du volcan, "principalement au niveau d’une faille annulaire localisée à l’aplomb du réservoir magmatique superficiel, localisé aux alentours de 1.5-2 km de profondeur sous la zone sommitale", détaille l'OVPF.

Selon les données de l'observatoire, une déflation de la zone sommitale se met en place, "témoignant de la dépressurisation du réservoir magmatique superficiel". Un paramètre à confirmer dans les prochains jours.  

Les scientifiques notent également que les débits en surface, estimés à partir des données satellites, via la plateforme HOTVOLC (OPGC – Université Clermont Auvergne), ont légèrement diminué depuis le 31 mars, avec des valeurs inférieures à 8 m3/s. "En fonction de la couverture nuageuse, ces estimations peuvent varier fortement et devenir nulles en cas de couverture nuageuse totale". 

- La plateforme toujours dangereuse -

Malgré la faible alimentation de la plateforme, depuis la reprise de l'éruption, un faible panache de gaz est toujours présent au niveau de l’entrée de la lave à l’océan et son intensité dépend de la quantité de lave arrivant à l’océan.

"Ce panache contient notamment des particules de lave pulvérisée et des fragments de verre volcanique, pouvant être transportés sur plusieurs centaines de mètres à kilomètres sous l’effet des vents" indique l'OVPF avant d'expliquer que le panache, parfois appelé "laze" (lava haze), peut présenter un caractère irritant et corrosif pour les voies respiratoires, la peau et les yeux.

"Le contact brutal entre la lave et l’eau peut générer des explosions localisées, projetant des matériaux en fusion et des jets de vapeur à haute température à proximité immédiate du point d’entrée en mer", développe l'équipe de l'observatoire dans son bulletin. Des explosions pourraient également se produire en cas de déstabilisation de la plateforme. Puisque la plateforme, composée d’une accumulation de coulées de lave et de fragments rocheux, reste très instable et fragile. 

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