Ce vendredi 21 avril 2023, les "Enfants de la Creuse" se sont rendus Ă Saint-Paul. La ville les a accueilli au son du maloya. Ils sont 47 a ĂȘtre revenu sur leur terre natale depuis le 7 avril. Ils font partis des 2.000 enfants nĂ©s Ă La RĂ©union et transfĂ©rĂ©s de force entre 1962 et 1984 vers la mĂ©tropole et principalement dans la Creuse, afin de repeupler des dĂ©partements touchĂ©s par l'exode rural. Nous publions le communiquĂ© de la ville de Saint-Paul ci-dessous.
Saint-Paul a accueilli ce vendredi 21 avril, les âEnfants de la Creuseâ. Si lâĂ©motion Ă©tait palpable, ils Ă©taient nombreux Ă savourer ce moment, sur la terre qui les a vus naĂźtre.
Câest au son du maloya que les 47 âEnfants de la Creuseâ ont Ă©tĂ© accueillis Ă Saint-Paul, Ă la Grande Fontaine plus exactement, pour dĂ©couvrir leur Ăźle natale, leur racine. Ils font partie des 2 000 enfants rĂ©unionnais âenlevĂ©sâ Ă leurs parents et envoyĂ©s de force dans lâHexagone entre 1962 et 1984. Sur un site chargĂ© dâhistoire, ils ont pu partager un repas crĂ©ole dannâ feuille figue, rĂ©aliser une visite guidĂ©e du vieux Saint-Paul autour du Bassin Vital et du Moulin Ă Eau.
Ă la dĂ©couverte des vestiges de lâindustrie sucriĂšre, des chemins pavĂ©s, de lâĂtang Saint-Paul et des sources anciennes Ă proximitĂ©. Une animatrice Ville dâArt et dâHistoire et un animateur culturel de la Ville Ă©taient prĂ©sents lors de cet Ă©vĂ©nement. âVous avez fait un long trajet et vous ĂȘtes ici dans un lieu de mĂ©moire. Vous pensiez partir, et votre famille Ă©galement, pour un avenir meilleur, malheureusement cela nâa pas Ă©tĂ© le cas. Vous avez Ă©tĂ© les victimes dâenlĂšvement, de rapt et dâautres choses inqualifiables. Vous avez Ă©tĂ© coupĂ©s de votre histoire brutalement, aujourdâhui vous construisez la vĂŽtre. Câest avec beaucoup dâĂ©motions et de fiertĂ© que nous vous accueillons ici Ă Saint-Paulâ, commence Suzelle Boucher, premiĂšre adjointe au Maire de Saint-Paul.
AccompagnĂ©e des Ă©lu(e)s Edwige Lebreton et Dominique Virama-Coutaye, elle a accueilli les 47 âEnfants de la Creuseâ de retour pour un sĂ©jour dans leur Ăźle natale.
âCe voyage me rĂ©concilie avec mon histoireâ
âCâest la premiĂšre fois que je reviens dans mon Ăźle depuis 1974â, confie Olivia Millan. Elle et son frĂšre ont Ă©tĂ© adoptĂ©s Ă lâĂąge de 4 et 6 ans. Un âadoption plĂ©niĂšreâ dit-elle, mais finalement le doute persiste. Surtout lorsquâil est Ă©crit dans son dossier âquâelle a Ă©tĂ© arrachĂ©e aux bras de son grand frĂšre de 17 ansâ.
âJe nâai jamais osĂ© revenir Ă La rĂ©union, par respect pour mes parents adoptifs. Mais aujourdâhui, je suis ici, câest une thĂ©rapie pour moi. Ce voyage me rĂ©concilie avec mon histoireâ, explique la RĂ©unionnaise qui est aujourdâhui Ă la recherche de ses racines, de son pĂšre qui doit ĂȘtre ĂągĂ© de 80 ans.
âLe seul souvenir dont je me rappelle de La RĂ©union est celui du bruit de lâavionâ, se souvient la jeune femme les yeux remplis dâĂ©motion. Cette histoire fait malheureusement Ă©cho Ă dâautres parcours de vie. Si elle a eu la chance de vivre dans une famille aimante dans lâhexagone, ce ne fut pas le cas de Jean-Luc Ichiza-Imaho et de Jean-RenĂ© Fontaine.
âJâai Ă©tĂ© enlevĂ© Ă ma famille Ă 12 ans, je marchais sur un trottoir. On mâa placĂ© dans une famille dâaccueil dans la Creuse. On a dit Ă mes parents que jâallais aller Ă lâĂ©cole et faire des Ă©tudes. Finalement, jâai Ă©tĂ© un esclave chez des agriculteurs. Jâai Ă©tĂ© placĂ© ensuite dans un foyer et jâai fait lâarmĂ©e. Je nâai pas eu la chance de revoir mon pĂšre qui rĂ©clamait ses enfants avant de mourirâ, raconte Jean-RenĂ© Fontaine.
Des histoires douloureuses, des destins brisĂ©s. âNous Ă©tions heureux, mĂȘme si ma mĂšre Ă©tait aveugle, je lâaidais. Lâassistante sociale qui Ă©tait venue Ă lâĂ©poque avait dit Ă ma mĂšre quâelle ne pouvait pas faire autrement.â De son domicile Ă Cap Homard, Jean-luc Ichiza-Imaho est envoyĂ© dans un foyer au 17Ăšme km au Tampon et se voit âtransfĂ©rer en mĂ©tropoleâ chez une famille dâagriculteurs. DĂ©racinĂ©s, souvent maltraitĂ©s, ces âEnfants de La Creuseâ grandiront sans repĂšre. Depuis plusieurs annĂ©es, ils sont Ă la recherche de leur vĂ©ritĂ©, de leur racineâŠ











