A partir du 1er juin 2026, La Réunion va devenir le nouveau terrain d’action d’Hugo, 34 ans, et Noémie, 28 ans, à l’origine du projet “Hugo et Nono voyage”. Pendant deux mois, le duo - qui finance lui-même son voyage -, entend conjuguer ramassage de déchets, valorisation des initiatives locales et sensibilisation du grand public, en s’appuyant notamment sur leur communauté sur les réseaux sociaux (Photo Hugo et Nono Voyage)
"On ne vient pas en vacances ni en terrain conquis. On vient découvrir, comprendre et surtout créer de l’entraide", insiste Hugo.
À La Réunion, Hugo et Nono espèrent mobiliser habitants et visiteurs autour de missions participatives, organisées sur plusieurs zones de l’île. L’idée étant de mêler actions de terrain et dimension ludique pour encourager l’implication.
"On aimerait créer un vrai mouvement, ramener du monde avec nous. Avec les réseaux sociaux, tout est possible aujourd’hui", affirme Hugo.
Au programme : actions de ramassage de déchets, mise en avant d’agriculteurs et producteurs réunionnais, soutien aux associations locales, et réalisation d’actions concrètes sur le terrain à travers l’île.
Leur démarche s’inscrit dans une logique collaborative. Déjà en lien avec plusieurs acteurs locaux, dont des associations environnementales, ils veulent "soutenir les actions sur place, les mettre en lumière", explique le créateur de contenu.
Si certains besoins sont couverts - logements, véhicules ou encore redistribution alimentaire - des obstacles persistent, notamment pour l’évacuation des déchets collectés.
"Ce qui va nous manquer, c’est surtout des camions ou des bennes pour débarrasser tout ça. On est en discussion, mais rien n’est jamais simple à débloquer", explique-t-il.
- Montrer l’envers du décor -
Au-delà des actions concrètes, Hugo et Noémie veulent changer le regard porté sur les territoires. À leurs yeux, les réseaux sociaux ont trop longtemps montré une image lisse et idéalisée des destinations.
"Le problème, c’est qu’on montre toujours le bon côté des choses. Mais derrière, il y a plein de problématiques qu’on ne voit pas. Nous, ce qu’on veut, c’est les mettre en lumière", explique Hugo.
Sans se revendiquer militants ou politiques, ils souhaitent ouvrir le dialogue autour des enjeux environnementaux et sociaux. "Ce n’est pas nous qu’on veut mettre en avant, c’est l’état de la planète", ajoute-t-il.
Mais l’initiative suscite aussi des réactions contrastées. Certains messages reçus remettent en question leur venue. "On nous dit parfois que ça ne sert à rien qu’on vienne. Mais on n’est pas là pour donner des leçons, juste pour aider et apporter quelque chose de positif", répond-il.
- Un projet né sur les routes d’Asie -
Ce projet, construit depuis près d’un an et demi, trouve son origine bien loin de l’océan Indien. Lors d’un voyage en Thaïlande, au Laos et au Cambodge, Hugo et Noémie découvrent l’ampleur de la pollution.
"On était partis en vacances, et on est tombés sur un désastre. Alors on s’est mis à ramasser, simplement", raconte Hugo. C'est comme ça que naît leur projet.
De retour en France, ils lancent un tour du pays axé sur le ramassage de déchets, avant de se tourner vers les territoires insulaires. En Corse, première étape de ce chapitre, ils collectent 3,5 tonnes de déchets. Une expérience marquante, qui met aussi en évidence les dérives liées au tourisme. "Il y a des gens qui viennent avec beaucoup d’argent, mais pas forcément avec le respect qui va avec", observe Hugo.
Financé par leurs propres moyens, leur engagement repose sur une conviction forte." On trouve ça important de remettre le respect des autres et de l’environnement au milieu de la table", conclut Hugo.
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