[Photos] Un "Songe bleu" pour révéler toute la beauté des plantes de La Réunion

  • Publié le 28 juin 2026 à 09:46
expo le songe bleu

Jusqu'au 1er juillet 2026, est présenté à la médiathèque François Mitterrand de Saint-Denis, "Le Songe Bleu". Un hommage artistique, photographique d'Anne-Marielle Boyer aux plantes pei. À cette faune que chaque Réunionnais connaît dans sa cour ou sur le bord du chemin, sans prendre le temps de se rendre compte qu'elles font partie du patrimoine réunionnais. Anne-Marielle Boyer met ces plantes en lumière grâce au principe de cyanotype, un procédé photographique ancien qui révèle toute la beauté des végétaux (Photo Stephan Laï-Yu / www.imazpress.com)

Plantes de jardins, de cours de case, de bords de chemin, alimentaires ou médicinales… le projet de l'artiste Anne-Marielle Boyer, fondatrice de L'Esprit Bleu, est de "faire émerger une mémoire locale".

Issue d’une famille où la création était omniprésente, "par nos jardins cultivés, la couture, la peinture, le crochet ou la musique, j’ai très tôt baigné dans le geste manuel et la recherche du beau. Mon amour pour l’image est né en observant mon oncle photographe, j'avais 6 ou 7 ans puis s’est confirmé au lycée avec l'apprentissage de la photo argentique", confie-t-elle à Imaz Press.

- Les plantes, partie centrale de la mémoire réunionnaise -

Fougères, brèdes, mouroung, papayer, capillaire ou végétaux du quotidien sont utilisés comme matière artistique pour créer des œuvres bleues, des tissus suspendus et des fragments textiles cousus à la main.

"L'exposition propose ainsi une autre manière de regarder le patrimoine botanique réunionnais, non pas comme un décor, mais comme une présence familière, porteuse d'usages, de souvenirs et de transmission", dit Anne-Marielle Boyer.

"Les plantes ont toujours fait partie de ma vie. Ma mère, Marie-Eline, a toujours cultivé un magnifique jardin créole. Je l’ai vue bichonner ses plantes, leur parler, en prendre soin avec une attention presque maternelle. Elle m’a appris très tôt à voir le vivant et à le respecter", se rappelle-t-elle.

Elle raconte : "J’ai été éloignée de mon territoire pendant des années, de ses couleurs, odeurs et textures. J’ai alors pris conscience à quel point ces plantes étaient essentielles à mon propre équilibre. Cela m’a poussé à questionner leur place dans ma famille et dans notre histoire collective réunionnaise. Je me suis intéressée aux plantes médicinales, à leur pouvoir de soin et d’accompagnement, à la figure des tisaneurs… Les plantes ne sont pas seulement des motifs pour moi : elles portent notre histoire, nos pratiques de guérison, notre résilience".

Parmi les plantes qui l'ont marqué, le capillaire. "À La Réunion, cette plante est chargée d’affectivité et de souvenirs. Dès que je la présente en atelier, les participants se mettent spontanément à raconter des histoires personnelles : leur grand-mère qui en prenait grand soin car c'est une plante relativement fragile, une plante qui ornait les maisons, une fierté aussi...".

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- Le cyanotype pour révéler la beauté des plantes de La Réunion -

Ces plantes, Anne-Marielle Boyer les mets en lumière grâce au principe de cyanotype. Un procédé photographique ancien, inventé au XIXe siècle, qui utilise des sels de fer sensibles à la lumière UV. Quand on expose le support (papier, tissu…) au soleil à travers un négatif ou un objet, "il apparaît ce bleu si particulier, profond et velouté", explique Anne-Marielle Boyer. Regardez.

"La découverte du cyanotype, via un reportage sur Carasco à la télévision, a été une révélation", raconte-t-elle. "Ce dialogue entre lumière et eau m’a immédiatement renvoyé à l’aquarelle et à mes expériences en laboratoire photo argentique. Le bleu de Prusse m’a fasciné. J'ai progressivement développé mon art, mon regard, ma connaissance, pour ensuite le partager en atelier", poursuit l'artiste.

"Ce que j’aime particulièrement, c’est qu’il s’agit d’une empreinte directe de la lumière et du temps. Il n’y a pas d’appareil photo : la plante elle-même devient actrice. Le soleil dessine, grave et révèle", dit-elle.

"Ce bleu n’est pas anodin. Pour moi, il évoque le rêve, l’inconscient, l’océan, la mémoire. C’est pourquoi j’ai intitulé cette exposition, "Le Songe Bleu". C’est une technique à la fois simple et magique qui correspond parfaitement à ma recherche de simplicité visuelle au service d’une grande puissance évocatrice", livre Anne-Marielle Boyer.

Le "cyanotype révèle leurs formes, leurs nervures, leurs fragilités, mais aussi leur force symbolique". "C'est une manière de faire apparaître ce qui était déjà là, mais que l'on ne regardait plus vraiment", explique l'artiste.

La pièce phare de cette exposition est "Le Tapis Mendiant", entièrement réalisée à la main, chaque hexagone cyanotypé puis cousu. "Inspiré de la tradition des tapis mendiants réunionnais, il porte une histoire de femmes, de transmission, de réparation et de patience. J'ai eu envie de considérer les tissus comme une seconde peau, chargée de mémoire", explique la réunionnaise. Regardez.

Cette envie de transmission se poursuit au-delà de l’exposition. Anne-Marielle Boyer anime des ateliers de cyanotype pour permettre à chacun de vivre cette expérience sensible. Le prochain aura lieu à Saint-André le samedi 11 juillet de 9h30 à 12h. Plus infos: [email protected]

L’exposition est gratuite et ouverte à tous.

ma.m/www.imazpress.com/[email protected]

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