Jean-Yves Minatchy, président de la Confédération générale des planteurs et éleveurs de La Réunion (CGPER), fait le point sur la campagne sucrière qui se termine mi décembre.
La campagne de la sucrière s’achève dans les jours qui viennent, quel bilan dressez-vous?
C'est assez positif parce que, contrairement à l’année dernière où on avait récolté un peu plus 1,77 million de tonnes, cette année nous atteindrons facilement d’1,87 million de tonnes, soit près de 100 000 tonnes de plus par rapport à la campagne précédente. C’est du aux pluies continues qu’on a eues depuis le commencement de la coupe. Voilà ce qui nous amène à dire qu’on a eu une meilleur récolte que l’année précédente.
On a plus de poids, mais certains disent qu’elle est un peu moins riche...
Sur l’ensemble du département nous avons 0,45 point de richesse de moins par rapport à la dernière campagne, ce qui fait environ 2 euros de moins par tonne de cannes. Mais ce qui est aussi très important, c'est qu’en six ans, on a fait passer le prix des sous-produits de 1,80 à 15,40 euros par tonne de canne. C’est l’équivalent de trois points de richesse.
Finalement on s’y retrouve plutôt bien?
Oui, grâce à la convention que nous avons signée. Sur 9 points dont on a fait la demande, on en a obtenu 8, en passant par le sous-produit, en passant par l’aide à la production, l’aide à l’augmentation, la richesse plancher... Ensuite nous aurons un point très important à négocier l’année prochaine, c’est l’article 16 de cette convention. Il s'agit de revoir le prix de la tonne de canne ainsi que la formule de paiement. Il faut qu’on puisse baser le prix de la tonne de canne sur le coût de production.
Est-ce qu’on peut dire aujourd'hui que la filière canne se porte bien?
Lorsque François Hollande est venu à La Réunion, nous lui avons demandé qu’il s’engage à soutenir la filière canne. Le lendemain, il nous a répondu que le gouvernement et lui-même apporteraient un soutien sans faille concernant l'avenir de la filière canne, surtout dans une perspective durable. La canne, ce n’est pas seulement le sucre, c’est le social, c’est l’économie, c’est l’aménagement du territoire. La canne soutient la diversification agricole, c’est le pivot de la diversification. La population active agricole est de 23 000 emplois.
Peut-on compter sur filière canne comme pilier d’avenir en terme d’énergie propre?
Oui, tout à fait, parce que dans la canne tout est transformé, broyé. Les derniers résidus qu’on a, ce sont les écumes, des fibres organique pour nourir le sol. On transforme 12 tonnes de canne en à peu près 12 kg de paille. C’est le seul produit au monde ou tout est transformé de A à Z.
