Lors de la fête de la musique en 2023

Irresponsabilité pénale requise pour Gérald B., poursuivi pour des violences sur trois policiers

  • Publié le 8 juillet 2025 à 15:56
  • Actualisé le 11 juillet 2025 à 16:33
Tir de policier , rue Félix Guyon

Deux ans après l’agression de trois policiers lors de la fête de la musique à Saint-Denis, le 21 juin 2023, la justice s’apprête à statuer sur la responsabilité pénale de Gérald B. L’expertise psychiatrique évoque une abolition du discernement au moment des faits. L'avocat des victimes demande à ce que soit réalisée une expertise afin de déterminer et d'indemniser le préjudice des victimes directes et indirectes de cette agression. (Photo photo www.imazpress.com)

Le 21 juin 2023, à Saint-Denis, en marge de la fête de la musique, trois policiers ont été violemment agressés par un homme armé de tournevis. L’enquête initialement ouverte pour tentative d’assassinat a finalement été requalifiée en violences volontaires aggravées. Mais à l’issue de l’instruction, la question de la responsabilité pénale de Gérald B., né en 1976 à Saint-Paul, est désormais au cœur du dossier.

Il est près de 23 heures, à l’angle de la rue Félix-Guyon et de la rue de Paris dans le chef lieu. Une équipe cynophile sécurise le périmètre. Trois fonctionnaires sont à bord d’un véhicule : le conducteur, son passager et un troisième agent à l'arrière avec les chiens dans le coffre aménagé. C’est alors qu’un homme s’approche et tente d’agresser le conducteur avec ce qui sera identifié plus tard comme un tournevis. Le policier, ne comprenant pas immédiatement ce qui se passe, se penche sur son collègue pour se protéger. L’agresseur poursuit son attaque à travers la fenêtre.

Le passager tente de réagir, sort son arme de service, mais l’agresseur contourne le véhicule de manière véhémente. Quatre coups de feu sont tirés établiront les investigations. Gérald B. s’écroule, grièvement blessé. Les constatations et témoignages confirment qu’il portait deux tournevis. L’un des policiers est blessé à la main.

- Un état mental préoccupant -

À l’hôpital, Gérald B. est examiné deux jours plus tard par une psychiatre dans le cadre de sa garde à vue. Il se présente comme auto-entrepreneur, graphiste, isolé socialement, en grande difficulté financière. Il reconnaît être en souffrance depuis plusieurs jours, sans sommeil, ni alimentation, en proie à des ruminations et à des voix qui l’ont incité à agir.

Ce mardi 8 juillet 2025, le quadragénaire a comparu devant les magistrats de la chambre de l'instruction afin que ceux-ci statuent quant à sa responsabilité pénale. Si cette dernière était reconnue, le mis en cause serait alors jugé devant le tribunal correctionnel de Nord. Dans le cas contraire, il n'y aurait pas de procès. 

 - Une audience marquée par l’émotion des policiers -

L’expert psychiatre Roland Coutenceau, entendu en visioconférence, évoque un "délire chronique" chez un homme introverti, ayant consommé de fortes doses de cannabis et d’alcool par le passé, avec des épisodes dépressifs anciens et une désorganisation psychique sévère au moment de l'agression. Selon lui, Gérald B. n’est pas accessible à une sanction pénale. Le président de la ligue française de santé mentale décrit un comportement erratique, une volonté de "tout arrêter", un départ de son domicile avec l’ensemble de ses affaires, comme dans une forme d’errance suicidaire.

Les conséquences pour les trois fonctionnaires sont lourdes. L’un d’eux a été arrêté puis a pris sa retraite. Le deuxième n’a pas pu se rendre à l’audience, trop bouleversé. Le troisième a quitté la salle en cours d’audience. Leur avocat, le bâtonnier Me Laurent Payen, admet que la psychiatrie "n’est pas une science exacte", mais demande que soit enfin tranchée la question de la responsabilité de l’agresseur. Il réclame également une expertise pour évaluer le préjudice du troisième agent, très affecté, bien que non blessé physiquement et non reconnu comme victime lors de l’instruction.

- Vers une déclaration d’irresponsabilité pénale ? -

L’avocate générale, qui envisageait initialement de demander un supplément d’information, a finalement proposé à la cour de prononcer l’irresponsabilité pénale de Gérald B. et d’ordonner des soins. Elle a également requis une interdiction de port d’arme et de contact avec les victimes. L’avocat du mis en cause, Me Sébastien Navarro, souligne de son côté la clarté des conclusions psychiatriques et la nécessité de placer son client dans une structure adaptée.

La chambre de l’instruction doit rendre sa décision le 11 juillet 2025.

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