Au Pakistan, la mousson fait plus de 160 morts en 24 heures

  • PubliĂ© le 15 aoĂ»t 2025 Ă  17:35
  • ActualisĂ© le 15 aoĂ»t 2025 Ă  18:42
Des personnes se rassemblent sur le site d'une crue soudaine aprÚs de fortes pluies de mousson à Salarzai Tehsil, dans le district de Bajaur au Pakistan, le 15 août 2025

Scénario catastrophe dans le nord du Pakistan: de soudaines pluies de mousson ont tué 164 personnes en 24 heures et un hélicoptÚre venu à la rescousse s'est écrasé vendredi, faisant cinq morts supplémentaires.

Le pays, le cinquiÚme le plus peuplé au monde, est l'un des plus vulnérables aux effets du changement climatique et, préviennent les autorités, les pluies vont encore s'intensifier ces deux prochaines semaines.

Les 255 millions de Pakistanais ont déjà subi ces derniÚres années des inondations massives et meurtriÚres, des explosions de lacs glaciaires et des sécheresses inédites, autant de phénomÚnes qui vont se multiplier sous l'influence du dérÚglement climatique, préviennent les scientifiques. Ces derniÚres 24 heures, les pluies diluviennes les plus meurtriÚres ont eu lieu dans différents districts de la province montagneuse du Khyber-Pakhtunkhwa, frontaliÚre de l'Afghanistan, qui déplore à elle seule 150 décÚs.

Dans le village de Salarzai, dans le district de Bajaur, des dizaines d'habitants regardent les pelleteuses creuser la boue qui a tout recouvert d'un coup.
De la masse marronĂątre, la pelle mĂ©canique sort un matelas ou des vĂȘtements, derniers vestiges des vies tout juste englouties.
Dans le ciel, un hélicoptÚre survole ce qui ressemble désormais au lit d'une riviÚre boueuse. Là, se dressaient des maisons de terre battue, emportées comme des fétus de paille par la coulée de boue.

- Mousson "inhabituelle" -

Un autre hélicoptÚre, un MI-17 soviétique, devait lui aussi amener vivres et matériel de sauvetage. Mais "il s'est écrasé en raison d'une mauvaise météo" avant d'arriver à Bajaur, a rapporté Ali Amin Gandapur, ministre en chef de la province. "Les cinq membres de l'équipage dont deux pilotes, sont morts", a-t-il ajouté.

L'AutoritĂ© provinciale de gestion des catastrophes du Khyber-Pakhtunkhwa a dĂ©clarĂ© "sinistrĂ©s" de nombreux districts oĂč "des Ă©quipes de secours ont Ă©tĂ© dĂ©ployĂ©es en renfort" pour tenter d'approcher des hameaux Ă  la gĂ©ographie accidentĂ©e. "Dans le district de Buner, une douzaine de villages ont Ă©tĂ© sĂ©vĂšrement touchĂ©s par les trombes d'eau", ajoute l'AutoritĂ©, qui compte plusieurs dizaines de maisons et plusieurs Ă©coles et bĂątiments publics endommagĂ©s.

Neuf autres personnes ont trouvĂ© la mort dans le Cachemire pakistanais, tandis que dans le Cachemire administrĂ© par l'Inde, au moins 60 victimes ont Ă©tĂ© recensĂ©es dans un village himalayen --et 80 autres sont toujours portĂ©es disparues. Enfin, cinq personnes sont mortes dans la rĂ©gion du Gilgit-Baltistan, Ă  l'extrĂȘme nord du Pakistan, qui abrite plusieurs des plus hauts sommets du monde.

Depuis le début d'une mousson estivale qualifiée d'"inhabituelle" par les autorités, 477 personnes, dont une centaine d'enfants, ont été tuées par pluies, inondations, coulées de boue et autres glissements de terrains, tandis que 763 autres ont été blessées.
Les autorités détaillent que les trois quarts des victimes ont été frappées par des crues subites ou des effondrements de maisons, tandis que 10% ont subi des électrocutions ou été foudroyés.

- Mauvaise qualité des structures -

Pour Syed Muhammad Tayyab Shah, de l'Autorité nationale de gestion des catastrophes, "plus de la moitié des victimes sont mortes à cause de la mauvaise qualité des structures". Il faut absolument, dit-il, que les particuliers comme les collectivités locales entretiennent "les gouttiÚres pour éviter les effondrements de toits" et que tous limitent les déplacements sous la pluie ou dans des zones inondables. Les autorités recommandent désormais d'éviter le nord touristique du pays, particuliÚrement prisé l'été des alpinistes venus du monde entier. Car sur le front du climat, cette année enregistre des records.

En juillet, le Pendjab, oĂč vivent prĂšs de la moitiĂ© des Pakistanais, a enregistrĂ© des prĂ©cipitations 73% supĂ©rieures Ă  celles de l'annĂ©e prĂ©cĂ©dente.
Durant ce seul mois, la province a recensé plus de morts que sur la totalité de la mousson précédente. La mousson apporte 70 à 80% des précipitations annuelles en Asie du Sud entre juin et septembre et est vitale pour la subsistance de millions d'agriculteurs dans une région qui compte environ deux milliards d'habitants.

Mais elle peut aussi causer des inondations dévastatrices comme en 2022, lorsque des pluies torrentielles avaient affecté prÚs d'un tiers du pays et plus de 33 millions de personnes. Quelque 1.700 personnes avaient alors été tuées et une importante part des récoltes avait été perdue.

AFP

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1 Commentaires
Romuald
Romuald
11 mois

Quel pourcentage de pauvres dans ceux qui ont perdu la vie ?
Au Pakistan et en Inde, des minorités de riches se construisent des palais et ont accumulé des richesses invraisemblables à force d'exploitation des travailleurs quand des dizaines de millions d'autres croupissent dans la misÚre et dans des cases en torchis les laissant à la merci des catastrophes naturelles.

Ce sont essentiellement ces derniers qui en paient les conséquences.

La fatalité n'a rien à voir dans ces centaines de morts.

Le problĂšme est social.