Chaque année, les dermatologues réunionnais dépistent une centaine de nouveaux cas de cancer de la peau " graves ". Il y a dix ans, ce chiffre tournait plutÎt autour de la vingtaine. En cette semaine du dépistage du cancer de la peau, qui se tient du 20 au 24 mai 2019, la présidente de l'association Mission Soleil Réunion (MiSolRé) et dermatologue Nathalie Sultan rappelle les essentiels dans la prévention contre la maladie.
Cent nouveaux cas chaque année
En dix ans, le nombre de cas graves de cancer de la peau sâest multipliĂ© par cinq. " Cette explosion du nombre de malades est probablement due au manque de protection de la peau, mais aussi Ă un perfectionnement des techniques de dĂ©pistage " explique le docteur Nathalie Sultan.
" Les mĂ©tropolitains ne rĂ©alisent peut-ĂȘtre pas que lâindice UV est parfois deux fois supĂ©rieur Ă La RĂ©union quâen mĂ©tropole " prĂ©cise par ailleurs la dermatologue. En effet, si lâindice UV â qui sert Ă dĂ©terminer lâintensitĂ© des rayons ultra-violets - tourne autour de 7 durant lâĂ©tĂ© mĂ©tropolitain, celui-ci atteint parfois les 14 lors de lâĂ©tĂ© austral.
" La population a donc tendance à se protéger moins que nécessaires, et à continuer à aller à la plage à des horaires inadéquates. Et petit à petit, les créoles adaptent aussi leurs habitudes sur celles des métropolitains⊠" continue-t-elle.
Comment se protéger ?
" Les techniques de protection traditionnelles sont toujours dâactualitĂ© : des vĂȘtements longs, idĂ©alement en lycra, un couvre-chef, et de la crĂšme solaire indice 50 sont la base dâune bonne protection " liste la dermatologue. Il est aussi conseillĂ© dâĂ©viter lâexposition entre 10 et 14 heures, heures oĂč le soleil est le plus fort. " Mieux vaut dâailleurs sâabriter sous les filaos que sous un parasol, oĂč la rĂ©verbĂ©ration des rayons du soleil sur le sable sera contreproductive " souligne-t-elle.
Les enfants sont les premiers à protéger contre le soleil. " Plus on aura subi de coups de soleil étant enfant, plus on aura de chance de développer un cancer de la peau " alarme la dermatologue.
Quand sâinquiĂ©ter ?
DiffĂ©rents signes doivent pousser Ă consulter un dermatologue. " Lâapparition dâun nouveau grain de beautĂ©, un changement de texture, de taille ou de rĂ©gularitĂ© doivent vous pousser Ă vous faire dĂ©pister " explique Nathalie Sultan.
Les cas de mĂ©lanomes localisĂ©s sont extrĂȘmement frĂ©quents, et se soignent trĂšs facilement. " On dĂ©compte environ 4% de mortalitĂ© parmi les malades atteints de cas de mĂ©lanomes localisĂ©s " dĂ©veloppe-t-elle. Plus tĂŽt le mĂ©lanome sera dĂ©pistĂ©, plus les chances de guĂ©rison seront donc Ă©levĂ©es. NâhĂ©sitez pas Ă consulter un spĂ©cialiste en cas de doute.
Dois-je me faire dépister ?
Les risques de cancers de la peau dus au soleil augmentent plus la peau est claire. " Les personnes à la peau pùle devraient se faire dépister une fois par an, conseille Nathalie Sultan, en cas de lésion suspecte, un prélÚvement de la peau sera effectué pour analyse ".
Par ailleurs, il est important de souligner que si les cas de cancer de la peau existent bien Ă©videmment chez les personnes mĂ©tis et noires, ces derniers sont rarement induits par une exposition prolongĂ©e au soleil. " GĂ©nĂ©ralement, ce sont plutĂŽt des mĂ©lanomes qui se dĂ©veloppent sur les pieds et sur les mains, mais dont le soleil nâest pas du tout responsable " termine-t-elle.
Ce n'est cependant pas une raison pour ne pas se protĂ©ger contre le soleil. Alors Ă vos crĂšmes solaires : mĂȘme en hiver, le soleil tape toujours fort sur La RĂ©union !
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