Entre le 16 mai et le 22 mai 2024, 21 cas de choléra ont été signalés à Mayotte, portant à 105, le nombre total de cas recensés dans le département depuis le début de l'épidémie au mois de mars. Parmi ceux-ci, 87 ont été acquis localement et 18 importés des Comores ou des pays du continent africain. Trois foyers sont actifs dans le département, à Koungou (64 cas), Mtsangamouji (14 cas) et Passamainty (5 cas). Pour l'heure, 10 cas graves ont nécessité des soins de réanimation et un décès a été enregistré. Nous publions ci-dessous le communiqué de Santé publique France (Photo : ARS Mayotte)
Au 22 mai 2024, on comptabilise 105 cas de cholera signalés à Mayotte depuis le premier cas détecté le 18 mars 2024. Parmi ces cas, 101 ont été confirmés par PCR et 4 sont des cas probables dont 3 en attente de confirmation biologique. Parmi l’ensemble des cas, 87 sont des cas acquis localement et 18 ont été importés des Comores ou des pays du continent africain.
Au cours de la semaine glissante du 16 au 22/05, 21 nouveaux cas ont été signalés à Mayotte dont 9 pour la seule journée du 22/05 (Figure 1).
Après 5 jours sans aucun nouveau cas dans le foyer épidémique de Koungou, entre le 13 et le 18/05, 6 nouveaux cas ont été signalés dans cette commune, démontrant que ce foyer est toujours actif et portant à 67 le nombre total de cas identifiés dans cette commune. Après le foyer de Mtsangamouji, un nouveau foyer de transmission communautaire a été identifié dans la commune de Mamoudzou à Passamainty où 5 cas autochtones ont été signalés depuis le 17/05/2024.
Depuis le début de l’épidémie à Mayotte, 10 cas graves ont nécessité des soins de réanimation. Un premier décès, survenu chez un enfant de 3 ans, a été enregistré, ce qui représente un taux de létalité de 0,95 %.
Parmi l’ensemble des cas, les informations sur l'âge et le sexe étaient disponibles pour 100 cas. Le sex-ratio était de 1,5 (60 hommes et 40 femmes), l'âge médian était 17 ans [0-83] et 67 cas (65 %) avaient moins de 25 ans.

Au 22/05, 3 foyers épidémiques étaient actifs à Mayotte: Le foyer de Koungou Kierson, qui est le premier foyer identifié sur le territoire. Depuis le premier cas autochtone signalé à Koungou, ce foyer comptabilise 64 cas autochtones soit 61% de l’ensemble des cas signalés à Mayotte.
Les derniers cas ont été signalés le 22/05/2024. Le foyer de Mtsangamouji compte, depuis le premier cas identifié le 07/05, un total de 14 cas. Il est à noter sur que les 14 cas de Mtsangamouji, la quasi-totalité déclarent avoir recours à des eaux de surface (rivière) pour un ou plusieurs usages (boisson, cuisine, hygiène,...).
Un nouveau foyer avec une transmission communautaire a été identifié dans la commune de Mamoudzou, dans le village de Passamainty. Le premier cas dans ce nouveau foyer a été signalé le 17/05/2024. Les investigations réalisées n’ont pas permis d’établir un lien épidémiologique avec les foyers de Koungou ou de Mtsangamouji, ni avec un cas importé. Depuis le premier cas, 4 autres cas ont été signalés dans ce village en l’espace de deux jours portant à 5 le nombre total de cas dans ce foyer depuis le 17 mai.
Un cas isolé a été identifié dans la commune de Chirongui. En attente d’isolement de Vibrio cholerae sérogroupe O1 ou O139 dans les selles et sans lien épidémiologique documenté, ce cas est classé comme probable. Des analyses complémentaires sont en cours pour confirmer les premiers résultats. Si ces résultats étaient confirmés, il s’agirait du premier cas autochtone confirmé identifié dans le sud du département.
Le département de Mayotte compte désormais trois foyers de transmission communautaire du choléra dans les communes de Koungou, Mtsangamouji et Mamoudzou. Ces trois foyers sont actifs, les derniers cas recensés remontent au 22 mai. Dans la plupart des cas, il s’agit de personnes vivant dans des quartiers précaires avec des difficultés d'accès à l'eau potable et des défauts d'assainissement, à l’origine de la diffusion de la maladie. D'ailleurs, à Koungou et Mtsangamouji, la plupart des cas déclarent utiliser de l'eau de rivière pour leurs besoins quotidiens. Cette situation est partagée avec plusieurs autres quartiers informels de certaines communes de Mayotte : non-raccordement des foyers à l'eau potable, absence d'évacuation des eaux usées, partage de latrines notamment.
La transmission communautaire du choléra dans trois communes différentes et le risque d'importation de nouveaux cas d’Afrique ou des Comores, où la situation est alarmante notamment à Anjouan, exposent Mayotte à un risque de transmission locale sur tout le territoire, en particulier dans les quartiers les plus précaires.
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- Symptômes -
La durée d'incubation du choléra est courte, de quelques heures à cinq jours. L’infection peut être bruyante : le début est alors brutal avec diarrhée indolore, aqueuse, classiquement " en eau de riz " et peut être à l’origine d’une déshydratation sévère pouvant engendrer la mort en quelques heures. Les vomissements, souvent abondants, ont les mêmes caractéristiques.
Cependant, l'infection, dans la majorité des cas, est peu symptomatique. En cas de maladie, 80 à 90 % des épisodes sont bénins ou modérément sévères et il est alors difficile de les distinguer cliniquement d'autres types de diarrhées aiguës. Les bactéries peuvent rester présentes dans les selles des personnes infectées jusqu'à 10 jours après l'infection.
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