Colis d’un kilo de cocaïne : trois ans de prison pour un jeune Saint-Paulois en grande détresse

  • Publié le 13 janvier 2026 à 05:20
  • Actualisé le 13 janvier 2026 à 08:12
palais de justice de saint-denis

Jugé ce lundi 12 janvier 2026 en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis, Lanzo V., une trentaine d’années, a été condamné à trois ans de prison dont dix-huit mois avec sursis après l’interception d’un colis contenant un kilo de cocaïne à l'adresse de ses parents. Un dossier marqué par la fragilité psychologique et médicale du prévenu, qui a profondément troublé l’audience (photo Sly/www.imazpress.com)

C'est par l’interception par les douanes d’un colis contenant un kilo de cocaïne, expédié à l’adresse du domicile de ses parents que commencent les faits dont Lanzo V., la trentaine, est accusé. Lors de la perquisition menée par les forces de l’ordre, 80 grammes de kétamine ont également été découverts à son domicile, justifiant son renvoi devant la juridiction pénale.

À la barre, le profil du prévenu tranche avec celui habituellement observé dans les dossiers de trafic de stupéfiants. Lanzo V. présente de lourds problèmes de santé : troubles vasculaires, autisme de type Asperger, troubles de l’attention. Visiblement très anxieux, il peine à s’exprimer de façon structurée, s’interrompt, sanglote, manipule nerveusement ses mains, cherchant à convaincre le tribunal de sa version des faits.

- Un consommateur chronique de cocaïne -

Il explique avoir été un consommateur chronique de cocaïne dans sa jeunesse. Condamné en 2023 pour des violences commises sous l’emprise de stupéfiants, il affirme avoir suivi une cure de désintoxication à Saint-Paul et être parvenu à décrocher. Mais selon lui, une dette de 14 000 euros contractée auprès de ses anciens fournisseurs l’aurait rattrapé. Pour la solder, il aurait accepté d’être, une dernière fois, une "nourrice".

Une version qui laisse sceptiques les magistrats comme le parquet. "Une dette vieille de deux ans ?", s’étonne la représentante du ministère public. L’exploitation de son téléphone n’a révélé ni menaces explicites ni pression particulière : "On lit plutôt des messages du type “ça va frérot”", relève-t-elle.

- Menaces des anciens fournisseurs ? -

Lanzo V. persiste. Il affirme avoir collaboré avec les enquêteurs, fourni des noms, des plaques d’immatriculation et des numéros de téléphone. Il évoque également une scène de menace dans un parking du Tampon, alors qu’il se trouvait avec son fils de trois ans, des individus l’ayant, selon lui, mis en joue pour obtenir le remboursement de la dette, en argent ou en biens.

Son discours, ponctué de sanglots, peine pourtant à convaincre jusque dans les rangs de sa propre famille, présente dans la salle et visiblement dubitative face à ses explications et à l’insistance mise sur son état de santé.

Son avocate plaide toutefois la fragilité de son client, rappelant qu’il souffre d’un handicap reconnu à 80 %, qu’il perçoit l’AAH, mais qu’il est aussi parvenu à se stabiliser, à trouver un CDI comme mécanicien et à sortir de son addiction. Elle dénonce les réquisitions du parquet, trois ans de prison ferme avec maintien en détention, comme totalement disproportionnées au regard de son état.

- Une atmosphère bien lourde dans la salle d'audience -

Le tribunal n’a pas suivi cette analyse. Tenant compte de la quantité de stupéfiants, notamment du kilo de cocaïne intercepté, la juridiction a condamné Lanzo V. à trois ans de prison, dont dix-huit mois assortis d’un sursis probatoire avec obligations de soins, de travail ou de formation. Il a été maintenu en détention.

Sur le plan douanier, il a également été condamné à payer une amende de 152 250 euros.

L’audience s’est achevée dans une atmosphère lourde, marquée par la détresse du jeune homme en larmes, un dénouement humainement poignant malgré la gravité des faits reprochés.

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