La mairie de Saint-Denis a présenté le quatrième volet de son plan d'actions contre toute exclusion (PACTE) ce jeudi 7 juillet 2011. Le public concerné était cette fois-ci les personnes porteuses de handicap. A cette occasion, pour mieux comprendre le quotidien des personnes à mobilité réduite ou souffrant de déficience visuelle, et les difficultés qu'ils rencontrent, certains élus ont parcouru la ville les yeux bandés ou en fauteuil roulant.
"On ne choisit pas d'être handicapé, on naît ainsi ou on le devient par la force des choses", tient à signaler Monique Orphé, première adjointe à la mairie de Saint-Denis. "Malheureusement, la situation de ces personnes passe dans l'indifférence quand nous ne sommes pas directement touchés, ou que nous n'avons personne dans notre entourage qui est concerné", ajoute-t-elle."Le développement des villes s'est fait sans la prise en compte des handicaps", regrette Monique Orphé. "C'est pourquoi nous voulons remédier à cette situation et mettre en place davantage d'actions pour les aider à se déplacer dans l'espace public, et pour leur faciliter l'accès aux bâtiments publics et communaux", explique l'adjointe à la mairie. Elle a par ailleurs souligné "leur envie de vivre et leur courage", et reste à leur écoute pour améliorer certaines choses. "Des efforts ont été fournis par la mairie, mais le chemin est encore long à parcourir. Il faut notamment sensibiliser la population et éviter les incivilités. Les personnes porteuses de handicaps peuvent aussi nous guider dans nos travaux, nous dire ce dont elles ont besoin", continue Monique Orphé.
Pour s'apercevoir des difficultés rencontrées par un aveugle, l'élue a arpenté les rues de Saint-Denis avec un bandeau sur les yeux, une canne à la main et un accompagnateur. "C'était stressant de ne rien voir, on entend le bruit des voitures, mais on ne sait pas exactement où il faut aller. Et encore, là, j'étais guidée et j'ai fait un court parcours. Quand je pense que les aveugles doivent affronter ça en étant seuls, je suis admirative. Ils ont beaucoup de courage", reconnaît-elle.
En effet, les handicapés doivent affronter de nombreux obstacles. "Il y a beaucoup de choses gênantes, comme les poteaux au milieu des trottoirs et les voitures garées sur les espaces réservés aux piétons", avoue Marie-Chantal Singa, malvoyante depuis dix ans. "Au départ, c'était vraiment difficile pour moi, mais avec l'habitude, ça s'est amélioré", explique-t-elle.
Hélyette Peltier, élue déléguée à l'accessibilité à la mairie de Saint-Denis, s'est, elle, essayée au parcours en fauteuil roulant. Un obstacle de taille l'attend à l'angle d'une rue : une moto garée sur le trottoir, ce qui ne manque pas d'exaspérer Monique Orphé. "La mairie a beau mettre des actions en place, l'incivilité de certains persiste. On ne prend pas assez en considération les handicapés".
"C'est difficile pour nous de nous déplacer dans la rue, à cause des voitures garées à cheval sur les trottoirs, ou des gens qui se garent sur les emplacements réservés", raconte Jean-Bernard Sangaria, membre de l'AFM (association française contre les myopathies). Pour lui, "la mairie entreprend de beaux efforts", mais "il reste énormément de travail à accomplir".
Dans la ville de Saint-Denis, plusieurs aménagements ont été effectués pour les personnes à mobilité réduite. 19 carrefours du centre-ville ont été aménagés pour améliorer l'accessibilité. Pour les mal-voyants, un équipement électronique de gestion est placé sur 34 carrefours à feux tricolores. L'accessibilité aux transports et aux logements pour les handicapés fait aussi partie du programme de la mairie. Depuis 2009, plus de 20 écoles ont bénéficié de travaux d'aménagement. Enfin, l'accessibilité aux sites sportifs est aussi une priorité : certains stades ont été mis en conformité, à l'image du stade Jean Ivoula ou le stade de la Redoute.
A noter que les handicaps sont plus fréquents et plus précoces à La Réunion qu'en Métropole. On dénombre 28 510 personnes handicapées sur l'île, dont presque 3000 à Saint-Denis (source : maison départementale des personnes handicapées).
Samia Omarjee pour









