Fusillade de Munich - L'auteur a prémédité son attaque en piégeant ses victimes sur Facebook

Des zones d'ombres demeurent sur le tueur

  • PubliĂ© le 24 juillet 2016 Ă  09:31
Des fleurs déposées prÚs du centre commercial Olympia-Einkaufszentrum, en hommage aux victimes de la fusillade, le 23 juillet 2016 à Munich

La police tente de lever les derniÚres zones d'ombre sur les motivations de l'auteur de la fusillade de Munich, un jeune fasciné par les tueries de masse, alors qu'un débat s'est engagé sur le durcissement de la législation des armes en Allemagne.

Pourquoi est-il passé à l'acte? A-t-il choisi à dessein ou au hasard ses victimes et comment s'est-il procuré arme et munitions? Plusieurs questions restent en suspens. Il est établi que ce Germano-Iranien de 18 ans souffrant de troubles psychiatriques a prémédité son coup et piégé ses victimes sur Facebook.

Il a tuĂ© neuf personnes, pour la plupart des adolescents, et en a blessĂ© 16 autres. Une tragĂ©die qui a semĂ© la terreur dans cette ville du sud de l'Allemagne, oĂč un dispositif policier sans prĂ©cĂ©dent a Ă©tĂ© un temps dĂ©ployĂ© par crainte d'un acte terroriste. IdentifiĂ© comme David Ali Sonboly, le tueur est nĂ© Ă  Munich, de parents venus en Allemagne Ă  la fin des annĂ©es 1990 comme demandeurs d'asile.

- La mĂȘme arme que Breivik -

Vendredi, en dĂ©but de soirĂ©e, il a ouvert le feu sur un groupe de personnes Ă  la sortie d'un restaurant McDonald's puis dans un centre commercial. Il s'est ensuite suicidĂ© au moment oĂč la police cherchait Ă  l'interpeller. Dans son sac Ă  dos, les enquĂȘteurs ont retrouvĂ© environ 300 munitions, ce qui signifie que le bilan aurait pu ĂȘtre beaucoup plus lourd.

La police va devoir dĂ©terminer comment il a pu se procurer son arme, un pistolet Glock 17 de calibre 9 mm acquis illĂ©galement: le numĂ©ro de sĂ©rie Ă©tait limĂ©. DĂ©jĂ  un dĂ©bat s'est engagĂ© en Allemagne sur la nĂ©cessitĂ© de durcir la lĂ©gislation sur les armes Ă  feu. "Nous devons examiner avec beaucoup de soin si et oĂč il nous faut le cas Ă©chĂ©ant lĂ©gifĂ©rer", a dĂ©clarĂ© le ministre de l'IntĂ©rieur, Thomas de MaiziĂšre, dans l'Ă©dition dominicale du quotidien Bild.

Le vice-chancelier allemand, Sigmar Gabriel, a aussi appelĂ© Ă  tout faire "pour restreindre l'accĂšs aux armes lĂ©tales et le contrĂŽler strictement", a-t-il dit au groupe de presse Funke. Le jeune homme vivant chez ses parents dans un logement social Ă©tait obsĂ©dĂ© par les tueries de masse. Les enquĂȘteurs ont retrouvĂ© en particulier dans sa chambre des documents sur le NorvĂ©gien Anders Behring Breivik, qui avait abattu 77 personnes, des jeunes surtout, en 2011.

Par ailleurs, le quotidien Bild relĂšve que l'arme utilisĂ©e Ă  Munich est la mĂȘme que celle dont s'Ă©tait servi Breivik, mĂȘme s'il s'agit d'un pistolet trĂšs rĂ©pandu. Il a agi seul et tendu un traquenard aux victimes aprĂšs avoir "piratĂ©" le compte Facebook d'une jeune fille: elles se sont vu promettre des bons de rĂ©duction dans un fast-food du centre commercial. "Une maniĂšre particuliĂšrement sournoise de procĂ©der", a commentĂ© M. de MaiziĂšre.

Parmi les morts figurent trois Kosovars, trois Turcs et un Grec.

- HarcÚlement à l'école -

Les autoritĂ©s ont rĂ©vĂ©lĂ© que le tueur avait Ă©tĂ© victime de harcĂšlement. Bild Ă©met l'hypothĂšse qu'il pourrait s'en ĂȘtre pris Ă  dessein Ă  de jeunes Ă©trangers car il Ă©tait maltraitĂ© notamment par des Turcs dans son Ă©cole. Une de ses camarades de classe a indiquĂ© Ă  la chaĂźne de tĂ©lĂ©vision britannique ITV qu'il Ă©tait souvent seul et peu apprĂ©ciĂ© dans l'Ă©cole. "Je l'ai vu hier et il avait l'air prĂ©occupĂ©, il Ă©tait bizarre et ne m'a pas regardĂ©e, alors que d'habitude il dit bonjour", a-t-elle dit sous couvert d'anonymat.

Le jeune homme était amateur de jeux vidéo violents, un élément qui selon le ministre de l'Intérieur a "joué un rÎle" dans cette affaire.
Munich s'est trouvée en état de siÚge pendant plusieurs heures car la police a craint pendant longtemps que plusieurs tireurs ne soient en fuite.

L'Allemagne reste sous le choc. Cette tuerie est intervenue quatre jours seulement aprÚs une attaque à la hache dans un train régional, également en BaviÚre, commise par un jeune jihadiste de 17 ans.
Elle intervient plus généralement dans un contexte de forte crainte en Europe, alimenté par les risques d'attentats.

Par Jovan MATIC - © 2016 AFP

guest
0 Commentaires