Ce vendredi 4 avril, le Bisik affichait complet. Ce nouveau rendez-vous Dizan Lo Swar a tenu toutes ses promesses en célébrant un double anniversaire : les 10 ans du Bisik et les 40 ans de Baster. Nous publions le compte-rendu ci-dessous (Photo Bisik)
Lâambiance commence Ă se rĂ©chauffer avec DJ Joan R, qui propage les bonnes vibes kotĂ© zardin, avec un set dâune heure et demi plein dâĂ©nergie. ââUne fois de plus notre DJ rĂ©sident sâest dĂ©passĂ© pour nous proposer un djset oĂč se cĂŽtoyaient des artistes du monde entier, en douceur dâabord, des sons chill out et hip hop, puis plus intense avec des sons rĂ©unionnais et afro.
- Une voix, mille souvenirs -
Sous les acclamations Thierry Gauliris monte sur scĂšne, guitare acoustique en main, regard droit et voix assurĂ©e, le silence se fait un instant. Puis, arrivent les premiers accords de âRant dann ron laâ, et en seul instant tout le monde est lĂ , des gens de toutes les gĂ©nĂ©rations, des souvenirs⊠aussi intenses et colorĂ©s : dans la salle, mais aussi cotĂ© kour et cotĂ© zardin, on chante tous ensemble dâune seule voix comme une grande famille.
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AprĂšs cette introduction empreinte dâĂ©motion, le groupe entier rejoint la scĂšne : Daniel Riesser, Djo, âle maestroâ, Ă la guitare impĂ©rieuse, Johan Saartave Ă la basse virtuose, Bruno Cuvelier au roulĂšr puissant et Georges-Marie Daprice dit Nano, le vieux complice, lâoriginal, aux congas. Une Ă©quipe de lĂ©gendes locales Ă l'Ă©nergie inĂ©galable, rĂ©unie pour cette soirĂ©e unique.
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âMon PĂ©iâ, âBibizakoâ ou encore âBlack Outâ, des classiques intemporels que chacun connaĂźt par cĆur : câest lâamour profond pour une musique qui a traversĂ© les dĂ©cennies sans jamais perdre de sa force ni de son sens.
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Baster nous livre une prestation habitĂ©e, gĂ©nĂ©reuse et puissante, la poĂ©sie des textes se mĂȘlent Ă l'Ă©nergie brute des instruments crĂ©oles. Les corps bougent, les yeux brillent, les souvenirs affluent : un moment suspendu entre passĂ© et prĂ©sent, entre racine et avenir, entre joie sincĂšre et transe heureuse.
Ămotion intense pour un hommage Ă Alain Joron, figure emblĂ©matique du Mouvman Kiltirel Basse-Terre (MKBT) disparu en dĂ©cembre dernier. Un instant suspendu habitĂ© dâun profond respect, qui rappelle combien la musique de Baster est indissociable des combats sociaux, culturels et humains qui ont façonnĂ© notre Ăle et de lâĂ©ducation populaire qui a construit nos esprits.
Avec une gĂ©nĂ©rositĂ© incroyable, Thierry et ses dalons nous font vibrer au rythme de 20 titres extraordinaires, incontournables, comme âDominâ, âKanalâ,â GawĂ©â, âMang SalĂ©â (rĂ©clamĂ© par un public brĂ»lant) ou âServis KabarĂ©â. On traverse les Ăąges depuis les annĂ©es 80 jusquâĂ aujourdâhui. Un instant rare, qui incarne l'essence mĂȘme du Bisik : la musique devient un langage universel, un ciment social, un vecteur de rĂȘve.
- "Lespri, lo kÚr, lo kor lé la", le plaisir est à fleur de peau et les corps exultent -
Sur chaque titre, Thierry et ses musiciens se font accompagner en chĆur par le public enflammĂ© qui connaĂźt chaque strophe de chacune des chansons du groupe et nâhĂ©site pas Ă danser⊠quel bonheur de voir enfin que les corps exultent.
- La Montagne -
Impossible de sâarrĂȘter ici et sous les acclamations, Baster nous offre un Ă©norme rappel de titres, et quel cadeau ! On attendait forcĂ©ment âLa Montagneâ, âIn Ti Manzelâ, âAlon dansĂ©â ou âMarmay Lontanâ⊠probablement le moment de communion le plus intense de la soirĂ©e.
Au-delĂ du concert qui aura durĂ© un peu plus de deux heures, câest une vĂ©ritable cĂ©lĂ©bration de la mĂ©moire, une communion autour de la culture rĂ©unionnaise dans ce quâelle a de plus sincĂšre et de plus enracinĂ©e. On a chantĂ©, dansĂ©, pleurĂ© parfois, ri souvent, mais surtout, on sâest souvenu. On sâest rappelĂ© dâoĂč lâon vient, et pourquoi ces voix, ces rythmes, ces textes comptent autant pour nous.
On sâen souviendra encore longtemps.
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