L'endométriose, ce fléau silencieux mais douloureux, touche 6 à 10% des femmes en âge de procréer. Une maladie qui est d'ailleurs plus répandue sur le territoire que dans l'hexagone. C'est pourquoi l'association Endo espoir océan Indien propose de libérer la parole autour de l'endométriose ce samedi 30 mars 2024 à partir de 9h00 lors de la marche de l'espoir à Trois-Bassins sur la place de l'église (Photo : rb/www.imazpress.com)
Le 28 mars marque la journée de lutte contre l'endométriose, à cette occasion, l'association Endo espoir océan Indien propose une marche de l'espoir. Un moyen de lutter contre la méconnaissance de cette maladie et une marche qui fait écho à la récente décision de l'Assemblée.
16 voix pour et 16 voix contre : voilà le bilan de la proposition de loi sur le congé menstruel. La loi a été rejetée en commission par l'Assemblée nationale à la veille de la journée de lutte contre l'endométriose, le débat sur cette maladie refait surface.
Pour rappel, le premier article de cette proposition de loi visait à mettre en place un congé menstruel en cas de "menstruations incapacitantes". Le texte accordait jusqu'à treize jours d'arrêt maladie par an, sans jour de carence, le tout justifié par un certificat médical.
Une mesure que le député français Sébastien Peytavie dénonce en la qualifiant d'un "rejet d'une avancée nécessaire pour les femmes atteintes de règles douloureuses et incapacitantes". Sébastien Peytavie qui, dans un souci de compréhension du ressenti, a soumis (avec consentement) les députés à l'expérience du simulateur de règles douloureuses.
On a fait tester un simulateur de règles douloureuses à des députés.
— Sébastien Peytavie (@speytavie) March 22, 2024
Leur constat est unanime. ↓ pic.twitter.com/QB8DLLVHd8
- Douleurs chroniques aigües –
Le terme "incapacitant" mentionné comme condition pour solliciter un arrêt maladie lors des menstruations, est aussi présent dans la définition de l'endométriose. Cette maladie, qui touche 6% à 10% des femmes en âge de procréer reste encore très peu connue en 2024.
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L’endométriose est la présence de tissu dans la cavité utérine, qui pendant la période menstruelle, subira des modifications hormonales. Des modifications qui apporteront des douleurs aigües à la femme. Endo France explique : "lors de la menstruation, sous l’effet des contractions utérines, une partie du sang est régurgité dans les trompes pour arriver dans la cavité abdomino-pelvienne". L'association ajoute : "l’endométriose est ainsi responsable de douleurs pelviennes invalidantes et aussi, dans certains cas, d’infertilité".
Rose, 23 ans, raconte son expérience avec la maladie : "j'ai commencé à avoir mes règles à l'âge de 12 ans, au collège, mais dans mes souvenirs c'était relativement supportable jusqu'à mon entrée au lycée". Elle qualifie ses douleurs comme étant "invalidantes". "Mon premier jour de règle, la seule position qui me faisait du bien c'était recroquevillé sur moi-même. Évidemment ma mère s'est dit que ce n'était pas normal et elle m'a emmené voir sa gynécologue" poursuit-elle.
En allant voir la gynécologue, c'est le choc total : "elle n'était pas patiente, je n'ai pas été écouté et n'a expliqué aucun acte qu'elle avait effectué sur moi, je suis sortie en pleurant". En prime, la jeune fille de 15 ans encore lycéenne à l'époque, se retrouve à prendre la pilule prescrite par le médecin.
"On ne m'a jamais parlé de potentielle maladie gynécologique, ni même d'endométriose", se confie Rose. Elle ajoute : " elle n'a même pas douté de la pertinence de me donner la pilule aussi tôt, surtout qu'en plus il n'y avait aucun intérêt contraceptif".
- Vers un meilleur diagnostic –
La jeune femme d'aujourd'hui 23 ans se rappelle : "j'ai pris la pilule de mes 15 ans à mes 21 ans en continu. Ça a engendré beaucoup d'effets secondaires". Bien qu'incapable de déterminer précisément si ses migraines, prise de poids et sautes d'humeurs étaient dû à la pilule, elle a senti la différence quand elle l'a arrêté.
C'est après avoir été en contact avec un médecin de l'université qu'elle a pu être dirigée vers une spécialiste de l'endométriose dans l'Ouest de l'île. "J'ai passé une IRM pelvien et le résultat est tombé : de l'endométriose au niveau des ovaires et des ligaments extra-utérins qui servent à retenir l'utérus dans le corps", dit l'étudiante.
Elle explique : "on ne guérit pas de cette maladie mais on traite les symptômes, c'est d'ailleurs pour ça qu'on m'a proposé de reprendre la pilule mais j'ai refusé parce que j'ai le choix". Pour le moment, elle calme la douleur avec un médicament sur ordonnance. Et dans les rares cas où le médicament ne fait pas effet, elle prend des antidouleurs à base de codéïne".
L'endométriose est une maladie encore méconnue et négligée, qui à long terme et sans le bon suivi peut engendrer des douleurs encore plus aigües et même avoir des répercussions sur la fertilité.
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