Ce 3 juillet, le rapport "Politique du Handicap Outre-mer : entre rattrapage(s) et adaptation(s)", a été présenté au Sénat. Vingt ans après la loi "Handicap" de 2005, les Outre-mer sont toujours en retard face à l'Hexagone, qui lui-même n'est pas exempt de critique face à l'accessibilité (Photo : rb/www.imazpress.com)
"Dans les outre-mer, l’accessibilité reste un défi majeur : l’offre de transports en commun est insuffisante, voire absente, les infrastructures peu adaptées, et l’insularité compliquent encore les déplacements des personnes en situation de handicap", note le rapport, co-rédigé par la sénatrice réunionnaise Audrey Bélim.
Selon elle, le rapport "s’appuie sur l’audition de 150 personnes, des déplacements sur trois territoires et aboutit à seize recommandations concrètes pour une politique du handicap plus inclusive". Il s’agit "d’une première étape nécessaire pour que les droits des personnes en situation de handicap progressent réellement, dans tous nos territoires".
Dans leur rapport, les sénateurs souligne "un déficit global massif en matière d’offre médico-sociale avec des disparités territoriales importantes, voire une absence totale de services dans certains territoires comme Saint-Martin ou Saint-Barthélemy, jusqu’à il y a deux ans", qui rappellent que la part de personnes en situation de handicap est plus élevée dans les DROM qu’en France hexagonale.

"Certains facteurs environnementaux et sanitaires propres aux territoires ultramarins pourraient contribuer à une fréquence plus
élevée de certains troubles (pollution au mercure liée aux activités d’orpaillages, chlordécone, alcoolisation fœtale", avance le rapport.
Si l’école inclusive progresse grâce aux efforts des rectorats, des freins persistent, notamment le manque de dispositifs "Unité localisée pour l'inclusion scolaire" (Ulis) et les retards de notification.
"De même, le développement du handisport et du sport adapté reste freiné par un déficit de moyens, ou tout simplement de structures adaptées et accessibles. Enfin l’insertion professionnelle reste très limitée, entravée par un manque de structures d’accompagnement, malgré des avancées comme à La Réunion", liste-t-il.
"Face à ces manques, la solidarité familiale et l’offre de services à domicile compensent, constituant une spécificité et un atout peu reconnus des outre-mer."
La première priorité "consiste à consolider les données, condition indispensable pour élaborer des réponses mieux planifiées et coordonnées", estiment les sénateurs. "Cela suppose la modernisation et l’harmonisation des systèmes d’information, le développement d’observatoires territoriaux du handicap ainsi qu’une meilleure représentativité", disent-ils.
Enfin, "le rattrapage restera un vœu pieux sans aborder la question des financements". Il existe des dispositifs prenant partiellement en compte les surcoûts des territoires ultramarins "mais il reste insuffisant", pointent les sénateurs.
- 16 recommandations -
Une révision des modalités de calcul du financement de la prestation de compensation du handicap (PCH) par la CNSA est "incontournable".
16 recommandations pour accélérer le rattrapage et prendre en compte les singularités des territoires ultramarins ont été formulées, dont :
- Assurer une représentation propre des outre-mer au sein du Conseil national consultatif des personnes handicapées .
"La détection du handicap reste difficile en raison de l’isolement géographique, du manque de professionnels et des tabous culturels persistants. Face à cette réalité, une politique volontariste de proximité, fondée sur le déploiement d’équipes mobiles et le « aller vers », s’avère indispensable", insistent les rapporteurs.
- Dans les territoires et populations allophones, penser l’ensemble de la politique du handicap au regard de cette réalité, en particulier dans les phases de détection et d’évaluation.
- Prioriser les outre-mer dans la mise en œuvre du nouveau service de repérage, de diagnostic et d’intervention précoce et faciliter l’intervention des professions libérales (orthophonistes, psychomotriciens…) dans les établissements scolaires.
- La principale revendication pourrait se résumer ainsi : appliquer la loi. Mais aussi et surtout un plan de rattrapage de l’offre médico-sociale pour éviter les ruptures de parcours.
- Compléter le plan 50 000 solutions par un plan handicap outre-mer de rattrapage à 10 ans, en particulier pour la Guyane, Mayotte, Saint-Barthélemy et Saint-Martin et en direction des jeunes adultes.
- Planifier la politique du handicap territoire par territoire, sur la base de données fiabilisées et mises à jour, pour bâtir des parcours cohérents.
- Confier à LADOM l’accompagnement des étudiants ultramarins handicapés dans leurs projets de poursuite d’études dans l’Hexagone.
- Développer le handisport et le sport adapté pour tous en formant des éducateurs sportifs spécialisés sur chaque territoire, notamment par les CREPS, en nommant dans chaque outre-mer un référent du Comité paralympique sportif français, et en mobilisant l’UNSS pour développer le parasport à l’école dans les outre-mer
- Pour les petits territoires insulaires ou isolés, créer un cadre réglementaire adapté afin de faire évoluer le modèle classique des établissements médico-sociaux vers celui de plateformes de services polyvalentes avec un nombre de places rapidement modulable.
- Étudier un nouveau mode de calcul de la majoration « vie chère » des dotations aux établissements médico-sociaux ultramarins, et réexaminer le montant du concours de la CNSA au financement de la PCH dans les départements ultramarins pour tenir compte de la vie chère.
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Que le handicap... ce n'est pas seulement le "handicap visible" (physique ... en fauteuil roulant...) !!! que les voiries soient vraiment accessibles (largeur de trottoirs, trous...poubelle... poto la limière...band loto garé sur trottoir...) ...que la MDPH soit plus rapide et surtout comprend les besoins des personnes handicapées et que les agents de cette structure "connaissent" le HANDICAP !!! .... que le Département "le financeur" arrête de demander ou redemander "milles papiers" pour verser les fonds et soit beaucoup plus simple dans leur courrier "administratif ... que les agents qui traitent les dossiers soient beaucoup plus "humain" et ait une connaissance dans le HANDICAP !!!
ce serait déjà une petite avancée !!!
A st andre celui qui s'occupait du handicap ne bossait pas.
Bravo monsieur le maire.