L'hantavirus est présent dans l'océan Indien, il ne circule pas à La Réunion où la vigilance est de mise

  • Publié le 19 mai 2026 à 05:48
  • Actualisé le 19 mai 2026 à 06:08
prise de température coronavirus

La Réunion peut-elle échapper à des cas d'hantavirus, alors que la leptospirose est en hausse dans l'île ? Dans l'océan Indien, selon Santé publique France (SPF), ce virus a été identifié chez des rats à Mayotte et à Madagascar, notamment une variante du "Thailand virus". À ce jour aucune circulation n'a été mis en évidence chez les rongeurs présents à La Réunion. La ministre de la Santé - dans un entretien à Ouest France - a affirmé qu'"à ce stade, la chaîne de transmission du virus est maîtrisée sur le sol français", même si la vigilance reste de mise (Photo d'illustration : Richard Bouhet/www.imazpress.com)

Il faut savoir que l'hantavirus est présent dans plusieurs régions françaises et pays du monde.

- L'hantavirus présent à Mayotte et à Madagascar -

Dans l'océan Indien, "une étude a identifié des hantavirus chez des rats à Mayotte et à Madagascar, notamment une variante du "Thailand virus", chez le rat noir (Rattus rattus et Rattus norvegicus)", indique SPF à Imaz Press.

"Il y a eu probablement des passages chez l'homme, probablement à Madagascar, mais aucun symptomatique humain décrit à ce jour", indique le Docteur Patrick Mavingui, microbiologiste et directeur de recherches au CNRS (Centre national de la recherche scientifique).

En revanche, à ce jour "aucune circulation n'a été mis en évidence chez les rongeurs étudiés à La Réunion", poursuit SPF. Mais "la surveillance continue", tient à préciser le Docteur Patrick Mavingui.

- Les rats présents à La Réunion pourraient un jour être porteurs de l'hantavirus -

À La Réunion, fortement exposée à la leptospirose avec une augmentation des cas en 2026 - 179 cas de leptospirose ont été déclarés - la question est désormais de savoir si les rongeurs porteurs de cette bactérie pourraient un jour, transmettre l'hantavirus.

Théoriquement, "les rats présents à La Réunion pourraient un jour être porteurs d'un hantavirus si celui-ci était introduit sur l'île", explique Santé publique France.

Le fait "qu'il y ait actuellement beaucoup de leptospirose montre surtout qu’il existe une forte population de rats et des contacts fréquents entre humains et environnements contaminés pourrait donc constituer un terrain favorable si un hantavirus était introduit", notent les professionnels de santé.

Toutefois, "il n’y a pas d’argument montrant une circulation d’hantavirus à La Réunion", ajoute SPF.

La leptospirose et les hantavirus sont deux maladies différentes, même si elles partagent certains réservoirs animaux comme les rats. "La leptospirose est une bactérie alors que le hantavirus est un virus", précise le Docteur Patrick Mavingui. " Bien que portés par les mêmes réservoirs ce sont deux pathogènes très différents", dit-il.

- La chaîne de transmission "maîtrisée" selon le ministère de la Santé -

Samedi, dans un entretien à Ouest-France, Stéphanie Rist affirme qu'"à ce stade, la chaîne de transmission est maîtrisée sur le sol français. Néanmoins notre travail ne s’arrête pas là, nous restons en état de suivi et de vigilance".

Sans chercher "ni à être rassurante, ni à être inquiétante", assure-t-elle, la ministre de la Santé estime que "ce n’est pas une crise, plutôt un évènement exceptionnel, puisque la chaîne de transmission est, à ce jour, contrôlée".

"Aucun élément ne laisse pour l’instant penser à l’apparition d'un variant susceptible d’être plus transmissible ou plus dangereux", dit-elle.

Si l’on estime aujourd’hui que ce virus est moins contagieux Stéphanie Rist prévient : "La période d’incubation de l’hantavirus est de 6 semaines, de nouveaux cas peuvent se déclarer dans le monde d’ici à la mi-juin, nous restons en état de vigilance".

Début mai, un foyer d’hantavirus des Andes a été détecté sur le bateau de croisière MV Hondius parti d’Argentine. On recense 11 cas à l’international, selon l’Organisation Mondiale de la Santé. Huit sont avérés (dont 3 décès), deux probables et le dernier est en cours d’analyse. 

Pour ce qui est de la France, cinq personnes étaient des passagers du bateau : quatre vont bien, une autre est dans un état grave au service de réanimation de l’hôpital Bichat. Enfin, huit passagers d’un premier vol, qui faisait Sainte-Hélène - Johannesburg et qu’une patiente décédée d’hantavirus a emprunté, sont actuellement en quarantaine à l’hôpital à Paris.

Quatorze passagers d’un second vol, dans lequel la patiente décédée est montée, sont également hospitalisés.

Les hantavirus sont transmis principalement par inhalation de poussières contaminées par les urines, selles ou salive de rongeurs infectés. Les morsures sont plus rares comme mode de transmission.

L'hantavirus peut provoquer dans certains cas un syndrome respiratoire aigu. À ce jour, il n'existe ni vaccin, ni traitement spécifique.

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1 Commentaires
Pierrot 974
Pierrot 974
26 minutes

Et dans moins d'une semaine, ô surprise, l'hantavirus sera détecté à la Reunion.
"Vive" les croisières et ceux qui voyagent pour rien et nous ramènent ces pestes des temps modernes.
À croire que la misère endémique ne suffit plus ici.