Prenez des bons soldats prĂȘts Ă tout donner pour leur Ă©quipe, ajoutez un bon gardien derriĂšre et les fulgurances d'une vedette devant, assaisonnez d'une bonne dose de chance, et vous avez l'Ă©quipe parfaite pour briller dans l'Euro-2016.
L'Euro des pragmatiques
"Cela nous importe peu, que ce soit spectaculaire ou pas", ne cesse de balayer le sélectionneur du Portugal Fernando Santos. La Selecçao n'est pas belle à regarder? Et alors? Seule la victoire compte pour les Portugais qui ont trop souvent brillé sans gagner.
Oubliés donc le jeu de possession léché de l'Espagne à l'Euro 2012, ou les 608 passes réussies de Toni Kroos qui n'ont pas suffi à l'Allemagne pour atteindre la finale cette année. L'Euro-2016, c'est le jeu rugueux du Portugais Pepe, la tactique bien rodée de la défense italienne ou le courage des Islandais.
La France joue elle la carte du consensus. Sans avoir un fond de jeu vraiment huilé, elle peut compter sur de grosses individualités en attaque, associées à des joueurs infatigables au milieu pour récupérer les ballons et bloquer l'adversaire comme Moussa Sissoko ou Blaise Matuidi. Au final, la moyenne de but de cet Euro plutÎt défensif (2,14) est un peu inférieure à celle de l'édition précédente (2,45).
L'Euro des gardiens
Moins de buts dans cet Euro ? Et pour cause, les gardiens ont Ă©tĂ© particuliĂšrement en vue cette annĂ©e. Comme le vĂ©tĂ©ran hongrois Gabor Kiraly (40 ans), remarquĂ© autant pour son vieux jogging gris un peu ringard que pour ses 17 arrĂȘts qui ont hissĂ© la Hongrie jusqu'en 8e.
On peut penser aussi aux parades réflexes du Suisse Yann Sommer, aux claquettes du Polonais Lukasz Fabianski, mais surtout au duel majuscule entre l'Allemand Manuel Neuer et l'Italien Gianluigi Buffon en quart de finale, avec une victoire aux tirs au but pour la Mannschaft.
La France attendait elle la confirmation dans un grand match pour son portier Hugo Lloris. Et il a brillĂ© en demi-finale face aux Allemands avec au moins trois arrĂȘts dĂ©cisifs. Autre style pour le Portugal, Rui Patricio n'a pas vraiment sorti de parade dĂ©cisive mais il s'est fait une spĂ©cialitĂ© des tirs au but comme en quarts de finale face Ă la Pologne, oĂč il sort la frappe de Jakub Blaszczykowski. Les Français sont prĂ©venus.
L'Euro des fulgurances
La bagarre oui, mais il faut quand mĂȘme quelques stars pour grimper les Ă©chelons. Les "Huh!" vikings et la solidaritĂ© des Islandais ont atteint leur limite en quart. En face, la France avait son talisman, Antoine Griezmann, qui a marquĂ© sur un dĂ©licieux ballon piquĂ©, pour le 4-0 juste avant la pause.
Meilleur buteur de la compĂ©tition avec six rĂ©alisations, Grizou est le hĂ©ros des Bleus. Comme Cristiano Ronaldo pour le Portugal. AprĂšs des dĂ©buts mitigĂ©s, CR7 a sauvĂ© la Seleççao avec un doublĂ© contre la Hongrie pour se qualifier in extremis pour les 8e. Et sa tĂȘte est montĂ©e Ă plus de 2,6 m du sol pour ouvrir le score contre les Gallois.
Le pays de Galles, justement a pu briller pour son premier Euro grĂące Ă cette subtile association entre un collectif solide et quelques stars techniques comme Aaron Ramsey et Gareth Bale. Les Belges eux avaient les fulgurances, mais n'avaient peut ĂȘtre que ça. Il leur a manquĂ© ce fameux esprit de combat et surtout des solutions tactiques, qui faisaient dĂ©faut Ă Marc Wilmots
L'Euro des heureux
Soyons sĂ©rieux, pour gagner un Euro, il faut quand mĂȘme une bonne dose de chance. Une bonne Ă©toile semble irrĂ©sistiblement posĂ©e au dessus de la tĂȘte du sĂ©lectionneur français Didier Deschamps. On annonçait l'Angleterre dĂšs les quarts pour les Bleus. Et non, l'Islande Ă©limine les Three Lions. L'Allemagne championne du monde Ă©tait une montagne en demi-finale. VoilĂ Gomez forfait, Hummels suspendu, et Boateng qui se blesse en cours de match.
Les Portugais semblent a priori un peu moins vernis mais s'en sont aussi tirés avec un tableau favorable. Seul gros choc, le match contre la Croatie en 8e de finale. Et dÚs le premier tour, les coéquipiers de Cristiano Ronaldo avaient pu se qualifier aprÚs trois petits match nuls bénéficiant probablement du nouveau format à 24 équipes. Merci Platini.
Par Adrien DE CALAN - © 2016 AFP


