Les logements évolutifs sociaux à La Réunion

"Il faut un réveil"

  • Publié le 14 septembre 2015 à 17:09
Eric Fontaine

Le constat d'Erick Fontaine, de la Confédération nationale du logement (CNL), est sans appel : il existe de nombreuses anomalies et dysfonctionnements au développement des logements évolutifs sociaux (L.E.S.) sur le territoire. Selon l'administrateur de la CNL, il est urgent d'ouvrir leur construction à tous les artisans de l'île ainsi qu'aux locataires eux-même afin de faciliter l'accession à la propriété.

Erick Fontaine est catégorique : "La CNL va s'attacher à faire bouger les choses"… Les mots ne sont pas toujours tendres dans la bouche de l'administrateur de la confédération, qui manie l'ironie férocement : "On innove pas mal à La Réunion. On a eu les immeubles de la honte, les bidonvilles modernes, les logements biodégradables qui tombent tout seul et maintenant les accessions sans logements. Ce n'est pas un livre blanc qu'il faudrait écrire sur le logement à La Réunion, mais un livre noir."

Le logement évolutif social (L.E.S.) a été créé pour favoriser l'accès à la propriété. Co-financé par le futur propriétaire et l'Etat, via les crédits de la ligne budgétaire unique (LBU) qui représentent une enveloppe annuelle de 14 millions d'euros, le L.E.S. n'en finit plus de décliner sur notre île. Une certaine lourdeur administrative est mise en cause, à laquelle s'ajoutent des L.E.S. livrés dans un état indécent (pas de murs crépisses, pas de parois de séparation dans les chambres…) que le locataire doit retaper, ceux non attribués alors que les candidats à la propriété sont identifiés (les logements existent mais restent fermés et s'abîment), ou encore ceux qui sont habités sans qu'aucun acte de propriété n'ait été délivré depuis trois ans (impossible de souscrire à une assurance).

Face à cet état des lieux déplorable, "il faut un réveil", harangue Erick Fontaine. Seulement quatre constructeurs sont positionnés sur la construction des L.E.S., pour un coût jugé assez élevé au vu du rendu (70 000 à 95 000 euros pour des logements inachevés). "A ce même prix, un artisan vous fait une maison clé-en-main où tout est posé", lance l'administrateur de la CNL. Du coup, tous les artisans de La Réunion devraient pouvoir intervenir sur les chantiers des L.E.S. selon lui.

De même, l'autoconstruction permettrait une baisse du coût global et un meilleur accès à la propriété. Ces mesures doperaient les L.E.S. pour faire monter leur nombre à "800 voire 1 000 dès 2016", estime Erick Fontaine, tout en rappelant que 5 000 Réunionnais sont en attente.

www.ipreunion.com

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1 Commentaires
doudou
doudou
10 ans

Bravo m.fontaine Erick! ou lé touzours la pou defende lo bande ti colon contre ces monstres financiers ! out combat lé bien . si zot i applique out mésure artisant va war in pé pli clair .
en tout cas bravo!