Juin vert : un mois pour promouvoir le dépistage du cancer du col de l'utérus

  • Publié le 5 juin 2026 à 02:58
femmes

À l’occasion de juin vert, mois dédié à la prévention du cancer du col de l’utérus, les partenaires institutionnels et acteurs de terrain se mobilisent autour de deux gestes complémentaires : la vaccination contre les HPV et le dépistage du cancer du col de l’utérus. À La Réunion, la couverture vaccinale progresse mais reste insuffisante. Le cancer du col de l’utérus peut être évité dans 90 % des cas (Photo : www.imazpress.com)

En 2026, l’objectif est de renforcer les actions vers les publics les plus éloignés de la prévention : personnes en situation de précarité, femmes vivant avec un handicap, dans les communes où la participation au dépistage reste la plus faible.

- Le cancer du col de l’utérus peut être évité dans 90 % des cas -

Chaque année en France, plus de 3.100 cancers du col de l’utérus sont diagnostiqués et environ 700 femmes en décèdent.

À La Réunion, une soixantaine de nouveaux cas est diagnostiquée tous les ans. Le nombre de décès est autour d’une quinzaine.

Le cancer du col de l’utérus est dû principalement aux HPV, les papillomavirus humains. Les HPV sont très fréquents : 8 femmes sur 10 y seront exposées au cours de leur vie. Lorsque l’infection persiste, elle peut entraîner des lésions précancéreuses, qui peuvent évoluer vers un cancer.

Pourtant, grâce à la vaccination contre les HPV et au dépistage régulier entre 25 et 65 ans, le cancer du col de l’utérus pourrait être évité dans 90 % des cas, selon l’Institut national du cancer.

La prévention repose donc sur deux leviers complémentaires : la vaccination et le dépistage.

- La vaccination HPV : une protection contre plusieurs cancers -

Les HPV pouvant induire d’autres localisations de cancer que le col de l’utérus : anus, vulve, vagin, pénis ou gorge, la vaccination concerne les filles et les garçons.

Elle est d’autant plus efficace qu’elle est réalisée tôt, entre 11 et 15 ans. Le schéma vaccinal complet consiste en deux doses, espacées de 6 mois.

Le rattrapage vaccinal peut aller jusqu’à 26 ans et doit également être mieux connu des jeunes adultes. Le schéma vaccinal complet consiste alors en 3 doses, espacées d’un mois entre les deux premières et de 6 mois entre la 2ème et la 3ème dose.

La vaccination HPV n’est pas seulement une vaccination contre une infection : c’est une vaccination contre des cancers

- Le dépistage : de 25 à 65 ans, même après vaccination -

Le dépistage concerne les femmes de 25 à 65 ans, qu’elles soient vaccinées ou non.

• De 25 à 29 ans : le dépistage repose sur la réalisation d’un frottis, puis d’un second un an plus tard. Si les résultats sont normaux, le dépistage est ensuite réalisé tous les trois ans.

• De 30 à 65 ans : le dépistage repose sur un test HPV-HR réalisé tous les cinq ans.

Dans le cadre du dépistage organisé, le test est pris en charge à 100 %, sans avance de frais.

Même vaccinée, une femme doit commencer le dépistage à 25 ans et le poursuivre jusqu’à 65 ans.

- À La Réunion : des progrès réels, mais encore insuffisants -

À La Réunion, la participation au dépistage du cancer du col de l’utérus progresse. Santé publique France estime le taux de participation standardisé à 65,8 % en 2024, supérieur au taux national de 60,9 %, mais encore inférieur à l’objectif national et européen de 80 %.

Ce taux moyen masque toutefois des disparités territoriales, avec des participations moindres des femmes domiciliées dans pratiquement toutes les communes de l’Est et dans certaines communes de l’Ouest et du Sud, selon l’exploitation faite par l’ARS.

S’agissant de la couverture vaccinale, elle progresse également, selon les données 2025 publiées par Santé publique France :



Elle reste inférieure aux niveaux observés dans l’Hexagone. La cible nationale est de 80% à horizon 2031.

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