82 % des jeunes titulaires d’un diplôme sont en emploi à La Réunion

  • Publié le 9 juin 2026 à 10:03
  • Actualisé le 9 juin 2026 à 13:32
Forum de l'emploi au Bancoul

À La Réunion, l’insertion professionnelle des jeunes progresse. L’accès à l’emploi augmente fortement avec le niveau de diplôme. 82 % des jeunes titulaires d’un diplôme sont en emploi. Ce n’est le cas que de 26 % des jeunes sortis du système scolaire sans avoir obtenu de diplôme, indique ce mardi 9 juin 2026 l'Insee dans son communiqué. Les conditions d’emploi des jeunes restent toutefois moins bonnes que celles de leurs aînés ou de leurs homologues hexagonaux (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

La part des jeunes en emploi progresse fortement avec le niveau de diplôme obtenu, à La Réunion encore plus qu’au niveau national. En 2025, elle varie de 26 % pour les jeunes sortis du système scolaire sans diplôme à 82 % pour ceux titulaires d’un diplôme de niveau licence, master ou doctorat, soit un écart de 56 points. 

À La Réunion, parmi les jeunes ayant le bac pour plus haut diplôme, 45 % sont en emploi. Cette part est relativement stable entre 2014 et 2025. De même, la part des titulaires d’un BEP ou CAP en emploi n’évolue pas sur la période : elle est de 40 % en 2025.

Pour les jeunes sortis du système scolaire sans avoir obtenu de diplôme, l’écart est particulièrement marqué entre femmes et hommes : seules 14 % des jeunes femmes sans diplôme sont en emploi contre 34 % des jeunes hommes. Ces jeunes les plus en difficulté sur le marché du travail sont plus souvent confrontés à la pauvreté que l’ensemble des jeunes. 

- L’accès à l’emploi des jeunes progresse mais reste inférieur au niveau national -

En 2025, à La Réunion, 54.000 jeunes de 15 à 29 ans ont un emploi, soit 34 % d’entre eux. Le taux d’emploi des jeunes est traditionnellement faible par rapport aux plus âgés, car il est limité par le nombre important de personnes encore en études.

Cependant, Le taux d’emploi des jeunes à La Réunion est très inférieur à celui des jeunes vivant dans l’Hexagone (49 %).

De 2014 à 2025, le taux d’emploi des jeunes progresse de 6 points à La Réunion, soit 1 point de plus que dans l’Hexagone. Cette hausse est liée notamment au fort développement de l’apprentissage suite à sa réforme en 2018. Ainsi, le nombre de jeunes apprentis triple entre 2018 et 2024 pour atteindre 13.000.

Un jeune en emploi sur quatre est en apprentissage. L’augmentation de l’apprentissage participe également à la hausse du niveau de formation initial des jeunes : en 2023, 45 % des apprentis préparent un diplôme du supérieur, contre 28 % en 2018.

C’est encore plus vrai pour les jeunes femmes : 55 % d’entre elles préparent un diplôme du supérieur contre 38 % des hommes.

Le développement de l’emploi des jeunes se confirme également pour ceux ayant terminé leurs études. Ainsi, parmi les jeunes qui ne sont plus inscrits dans un établissement d’enseignement, 48 % ont un emploi en 2025. Cette part augmente de 6 points par rapport à 2014. Elle croît davantage pour les femmes (+8 points, de 37 % à 45 %) que pour les hommes (+4 points, de 47 % à 51 %). Cependant, dans l’Hexagone, les jeunes ayant terminé leurs études sont nettement plus souvent en emploi : c’est le cas de 71 % d’entre eux.

- Des conditions d’emploi moins favorables que pour leurs aînés et qu’ailleurs -

À La Réunion, comme dans l’Hexagone, 90 % des jeunes âgés de 15 à 29 ans sont salariés et seulement 10 % indépendants.

L’emploi non salarié est moins répandu parmi les jeunes que parmi l’ensemble des personnes en emploi.

Les emplois que les jeunes occupent en 2022 sont sensiblement les mêmes que dix ans auparavant, alors même que leur niveau de formation initial a fortement progressé sur la période.

En 2022, comme en 2012, seuls 6 % des jeunes en emploi sont cadres contre 13 % de l’ensemble des personnes en emploi sur l’île. Dans l’Hexagone, les jeunes occupent 2,5 fois plus souvent que sur l’île un emploi de cadre : 15 % et l’écart avec l’ensemble des actifs est plus faible (20 % de l’ensemble des actifs en emploi sont cadres).

À La Réunion, même les jeunes titulaires d’un diplôme du supérieur occupent rarement un emploi de cadre : c’est seulement le cas de 14 % d’entre eux, une proportion bien moindre que dans l’Hexagone (29 %). Les diplômés du supérieur commencent le plus souvent leur carrière professionnelle avec un emploi de profession intermédiaire (49 %). Même parmi les titulaires d’un master ou d’un doctorat, les niveaux de diplôme les plus élevés, la part de cadres est inférieure à celle des professions intermédiaires (36 % contre 45 %). Cela s’explique en partie par la structure du tissu productif de l’île peu favorable à l’emploi des cadres car composé davantage de petites entreprises et comportant peu d’industrie.

Au total, 30 % des jeunes en emploi exercent une profession intermédiaire, soit un peu plus qu’en moyenne nationale (27 %).

L’élévation du niveau de formation des jeunes sur l’île s’est traduite par une hausse de la part de ces emplois (+3 points en dix ans). Les jeunes sont notamment surreprésentés dans des professions intermédiaires telles que les masseurs- kinésithérapeutes, les rééducateurs ou encore les préparateurs en pharmacie et les animateurs socio-culturels.

Les jeunes occupent le plus souvent des postes d’employés, encore plus que dans l’Hexagone (39 % contre 30 %). Cette part est stable depuis 10 ans à La Réunion. Ces jeunes employés travaillent en majorité dans les secteurs du commerce, de l’administration et de l’hébergement-restauration. Les jeunes sont plus souvent vendeurs, caissiers ou encore serveurs par rapport aux autres personnes en emploi.

Par ailleurs, 21 % des jeunes occupent un poste d’ouvrier à La Réunion en 2022. Ils exercent ce métier principalement dans les secteurs de la construction et du commerce. Les jeunes sont par exemple surreprésentés dans le métier de manutentionnaire non qualifié. La part de jeunes occupant un poste d’ouvrier est moindre que dans l’Hexagone (24 %) et en baisse par rapport à 2012 (-3 points).

Les jeunes sont plus souvent que leurs aînés en contrats à durée limitée (CDD, contrat saisonnier, etc.) : c’est le cas de 26 % d’entre eux, soit 2,5 fois plus que leurs aînés de 30 à 49 ans. Ils sont également plus souvent dans cette situation que les jeunes de l’Hexagone (17 %). Cette situation est notamment due au développement plus important sur l’île de l’apprentissage, dont le contrat de travail est par nature limité dans le temps. Les contrats sans limitation de durée - CDI et emplois de fonctionnaire - ne représentent que 43 % des emplois des jeunes de l’île contre 70 % pour les 30-49 ans. Dans l’Hexagone, 58 % des jeunes sont en emploi sur ce type de contrat, soit 15 points de plus.

- Beaucoup de jeunes dans le commerce et une forte surreprésentation dans l’hôtellerie-restauration -

Le commerce est le premier secteur employeur des jeunes : 9.000 y travaillent, représentant 24 % des emplois du secteur. Les jeunes y sont avant tout vendeurs de produits alimentaires, de vêtements ou encore de produits de beauté.

Le secteur de l’hébergement et de la restauration est de loin le secteur où les jeunes sont le plus surreprésentés, regroupant 34 % des emplois. Ils occupent la majorité des emplois de serveurs et d’aides cuisiniers.

Dans l’industrie manufacturière, les jeunes représentent 26 % des emplois et occupent principalement des postes d’ouvriers.

Les jeunes sont sous-représentés dans les secteurs non marchands ; ils ne représentent en moyenne que 14 % des effectifs des secteurs de l’administration publique, de l’enseignement, de la santé humaine et de l’action sociale, contre 16 % dans l’Hexagone. Ces secteurs, souvent accessibles par concours, fournissent notamment de nombreux emplois de cadres, comme pour le métier d’enseignant. Cette part des jeunes dans l’emploi non marchand recule légèrement : elle était de 16 % en 2012.

C’est dans l’administration publique que la baisse est plus importante (-4 points).

- Les sorties du système scolaire sans diplôme reculent -

Le niveau de formation initial des jeunes résidant sur l’île progresse. La part des jeunes sortis du système scolaire sans diplôme recule considérablement sur l’île. En 2022, 22 % des jeunes sortis du système scolaire n’ont aucun diplôme soit 13 points de moins qu’en 2012. C’est plus souvent le cas des jeunes hommes que des jeunes femmes (25 % contre 20 %). La part de non- diplômés reste néanmoins largement supérieure au niveau national, où 15 % des jeunes n’ont pas de diplôme en 2022, soit un recul de 4 points par rapport à 2012.

Parmi les jeunes sortis du système scolaire, c’est la part de ceux qui disposent du bac comme diplôme le plus élevé, qui augmente le plus : +8 points, de 24 % en 2012 à 32 % en 2022. Dans l’Hexagone, 29 % des jeunes sortis du système
 scolaire ont le bac comme plus haut diplôme en 2022.

À La Réunion, 23.000 jeunes sont titulaires d’un diplôme du supérieur, soit 24 % d’entre eux en 2022. En l’espace de dix ans, cette part augmente de 7 points, comme au niveau national. L’écart entre les deux territoires reste donc stable, et le retard de La Réunion encore marqué : dans l’Hexagone, 40 % des jeunes sont titulaires d’un diplôme du supérieur, soit 16 points de plus.

Sur l’île, comme au niveau national, la hausse des diplômés du supérieur se concentre entièrement sur les niveaux les plus élevés, les diplômes de l’enseignement supérieur long , de la licence au doctorat. En 10 ans, leur part double pour atteindre 14 % en 2022, soit 13.000 jeunes. En particulier, 6.000 d’entre eux sont titulaires d’un diplôme de niveau master 2 ou doctorat, soit 6 % des jeunes ayant terminé leurs études. Toutefois, la part des titulaires d’un diplôme de niveau supérieur à bac +2 reste deux fois moindre que dans l’Hexagone (28 % en 2022).

Les jeunes femmes ont un niveau de formation initiale plus élevé que celui des hommes : 29 % d’entre elles sont titulaires d’un diplôme du supérieur, contre 19 % des hommes. L’écart entre femmes et hommes se maintient : il était déjà de 10 points en 2012.

- 161.000 jeunes en âge de travailler -

Les jeunes en âge de travailler son nombreux sur l’île : 161.000 ont entre 15 et 29 ans en 2025. Leur part dans la population rejoint la moyenne hexagonale (18 %), notamment sous l’effet du vieillissement de la population et de départs vers l’Hexagone plus nombreux que les arrivées. Entre 2020 et 2024, en moyenne chaque année, 5.000 jeunes de 18 à 29 ans ont "sauté la mer" notamment pour poursuivre des études ou pour une première expérience professionnelle et 4.000 ont fait le chemin inverse, soit un solde migratoire négatif de 1.000 jeunes.

À La Réunion, la question de la formation et de l’insertion dans la vie active des jeunes reste ainsi au centre de nombreuses politiques publiques dans un contexte de retards structurels des niveaux de diplômes, d’un marché de l’emploi dégradé et d’une pauvreté élevée. Or le diplôme est la première clé pour trouver un emploi, accéder à un logement et construire son autonomie.

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