Le jeudi 20 juin 2019 marquait la journĂ©e mondiale des migrants, dans un contexte tendu que ce soit Ă La RĂ©union, Ă Mayotte, en mĂ©tropole, ou bien mĂȘme en Europe. Entre vagues migratoires, misĂšres sociales et tensions internes, nous nous retrouvons aujourd'hui au coeur d'une crise prĂȘte Ă exploser Ă tout moment sous un gouvernement qui ne semble pas prĂȘt Ă prendre ses responsabilitĂ©s. Un sujet terrible, rappelĂ© encore une fois ce lundi 1er juillet avec la mort d'un jeune enfant, retrouvĂ© sur une plage mahoraise (Photo rb/www.ipreunion.com)
Entre 2014 et 2019, lâEurope a vu arriver un nombre massif de migrants, par la MĂ©diterranĂ©e comme par les Balkans. En cinq ans, ce sont plus de 1,8 millions de personnes qui sont arrivĂ©es sur les cĂŽtes europĂ©ennes selon le Haut-commissariat des Nations unies pour les rĂ©fugiĂ©s (HCR).
Si lâon devait comparer ces chiffres Ă ceux de La RĂ©union, qui ne connait finalement ce phĂ©nomĂšne que depuis environ un an, les quelques centaines de migrants sri-lankais arrivĂ©s sur nos cĂŽtes semblent bien insignifiants.
Mais il ne faut pas non plus oublier que sur notre caillou, câest aujourdâhui 40% de la population qui vit sous le seuil de pauvretĂ©, 20 000 personnes qui sont en attente dâun logement social⊠Si les rĂ©fugiĂ©s ne sont pas les maux de ce problĂšme, ils revĂȘtent par contre un rĂŽle de bouc Ă©missaire idĂ©al dâune population au bord de la crise sociale. Et ce ne sont pas les politiciens qui vont tenter de calmer le jeu.
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Aujourdâhui, seulement 211 migrants se sont Ă©chouĂ©s sur nos cĂŽtes, dont trĂšs peu sont finalement restĂ©s sur le territoire. Mais leur nombre Ă chaque arrivage ne fait quâaugmenter, avec la derniĂšre embarcation qui comptabilisait Ă elle seule 120 personnes. Si lâon devait voir de nouveaux bateaux arriver, avec autant â voire plus â de personnes Ă leur bord, les tensions dĂ©jĂ prĂ©sentes risquent de sâaccentuer un peu plus.
Et peu importe quâils nâaient rien Ă voir avec le prix de lâessence, de lâeffondrement de lâoffre de soin ou dâĂ©ducation, de lâoctroi de mer, des magouilles de politiciens, dâargent dĂ©tournĂ©s, de fraudes fiscales. Qui de mieux que lâĂ©tranger pour nous faire dĂ©tourner le regard des rĂ©elles problĂ©matiques auxquelles nous faisons face aujourdâhui.
Il nây a quâĂ voir en mĂ©tropole, oĂč, finalement, peu de refugiĂ©s voient leur demande dâasile ĂȘtre validĂ©e. Il nây a quâĂ voir aussi, dans quelle mesure rĂ©elle la France joue un rĂŽle dans lâaccueil de ce million de personnes qui a dĂ©ferlĂ© sur lâEurope. Et pourtant, aujourdâhui, Ă en Ă©couter certains, tous les maux que peut connaĂźtre notre pays ne serait dĂ»s quâĂ ces personnes, Ă la recherche dâune vie meilleure.
Un problĂšme, pas de solution
Bien sĂ»r, le monde nâest jamais tout blanc ou tout noir. Si lâon devait prendre le cas de Mayotte, oĂč 48% de la population est aujourdâhui comorienne, on peut tout Ă fait admettre quâun sentiment de malaise â et de colĂšre â se fasse ressentir.
Mais finalement, la faute est-elle rĂ©ellement aux migrants, ou au pouvoir public, qui ne font rien pour endiguer le phĂ©nomĂšne si ce nâest renvoyer dans leur pays des personnes dont ils savent pertinemment quâelles seront dans un bateau dans les jours Ă venir pour retenter une nouvelle fois lâaventure ?
A noter que Mayotte dĂ©compte aujourdâhui le plus grand nombre de migrants placĂ©s en centre de rĂ©tention administratif (CRA) avec 16.496 personnes "retenues" en 2018, et une moyenne dâattente de 17 heures avant le renvoi des Comoriens vers leur archipel. Le centre de Mayotte dĂ©tient par ailleurs le plus grand nombre dâenfants placĂ©s en rĂ©tention administrative. 1221 enfants ont Ă©tĂ© enfermĂ©s l'annĂ©e derniĂšre, contre 208 en mĂ©tropole.
Mais y a-t-il vraiment la moindre mesure qui soit aujourdâhui mise en place par le gouvernement français pour arrĂȘter ce phĂ©nomĂšne ? Car ce nâest certainement pas les 179 000 euros dĂ©boursĂ©s rĂ©cemment pour renvoyer au Sri-Lanka douze candidats Ă lâasile Ă Mayotte qui rĂšglera le problĂšme. Des sommes qui semblent dâailleurs manquer au rendez-vous lorsquâil sâagit de construire des infrastructures.
Nâoublions pas non plus le silence assourdissant dont fait preuve le gouvernement concernant les â trop - nombreuses morts qui surviennent lors de la traversĂ©e entre les Comores et Mayotte. Pas un mot pour ce petit garçon retrouvĂ© mort le 1er juillet, ni sur la femme retrouvĂ©e en Ă©tat de dĂ©composition sur une plage le 29 juin. Par contre, Emmanuel Macron nâavait pas manquĂ© de blaguer sur ces " kwassa-kwassa " qui arrivaient chaque jour l'an dernier. La classe.
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Ne mentionnons pas non plus les conditions dans lesquelles sont dĂ©tenues ces personnes. Gymnases suffoquants, prisons de fortunes, Ăźles dĂ©sertes transformĂ©es en prison Ă ciel ouvert, cages⊠Les autoritĂ©s du monde entier ne semblent pas manquer dâimagination quand il en vient Ă incarcĂ©rer quelquâun, mais du cĂŽtĂ© de lâaide Ă lâinternationale, il ne semble plus y avoir grande monde. On chuchote mĂȘme que la France vendrait des armes servant potentiellement Ă tuer des populations civiles au YĂ©menâŠ
Silence, on expulse
Quelle surprise cela serait de voir donc dĂ©barquer des rĂ©fugiĂ©s yĂ©mĂ©nites aux portes de lâEurope ? Pas de panique, le pays est si encartĂ© entre lâArabie Saoudite, Oman et la mer que personne ne risque dâen sortir. A vrai dire, rien ne rentre non plus, les ONG du monde entier rĂ©clament le droit dâapporter leur aide, en vain, depuis le dĂ©but du conflit.
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De toute façon, il semblerait que mĂȘme venir de l'une des " pire dictature " au monde, Ă savoir lâĂrythrĂ©e, ne suffise plus aujourdâhui pour prĂ©tendre Ă lâasile. RĂ©cemment, une jeune femme Ă©rythrĂ©enne a donc Ă©tĂ© renvoyĂ©e chez elle.
MĂȘme son de cloche pour les opposants politiques soudanais rĂ©fugiĂ©s en France, renvoyĂ©s sans autre forme de procĂšs dans leur pays dâorigine, comme le rĂ©vĂ©lait en 2017 des confrĂšres du mĂ©dia Streetpress.
Peu importe les avertissements contre la France de la part de la Commission des droits de lâhomme, qui accuse Paris de " bafouer les droits fondamentaux ", ou les rapports accablants de lâONG Human rights watch sur les conditions de dĂ©tention des migrants sur le territoire français. Peu importe que la France, " terre dâaccueil ", voit ses demandes dâasiles exploser et leur acceptation diminuer.
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Finalement, Ă part repousser les arrivages dâexilĂ©s Ă nos portes, peu de mesures concrĂštes ont rĂ©ellement Ă©tĂ© explorĂ©es. Et il serait naĂŻf de penser que seules les mesures " dâĂ©loignement " - joli terme pensĂ© par GĂ©rard Collomb lors de son mandant de ministre de lâIntĂ©rieur pour remplacer le terme " expulsion " - rĂ©soudra quoi que ce soit.
Tant que misĂšre il y aura, les candidats Ă lâexil nâhĂ©siteront pas Ă tenter le tout pour le tout pour que leur vie sâamĂ©liore. MĂȘme dâune infime façon.
as/www.ipreunion.com/[email protected]
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Une journée pour les migrants.!!! C'est se foutre des SDF qui vivent dans la rue ou des handicapés en fauteuil roulant qui demeurent dans des taudis : petit Serré à St Louis. (ßle de la Réunion )
Je viens de connaßtre un petit incident. Je voulais si tout ce je vous envoie est est reçu non seulement bien lu de la rédaction. Vous dites selon vous on chuchote que la France vendrait de l'armement au Yémen bien sûr que que oui tout le monde le sait y aurait-il par mi mes compatriotes des journalistes