Alors que le conseil national de l'alimentation (CNA), étudie la possibilité de réintroduire progressivement, les farines animales dans l'alimentation du bétail, l'Urcoopa indique qu'elle ne compte pas les réintroduire dans ses recettes, même pour les porcs et les poules.
En début de semaine, un document du Conseil national de l'alimentation (CNA), a été rendu public par le quotidien économique La Tribune et prône la réintroduction des farines animales dans la filière aquacole dans un premier temps, puis dans l'élevage du porc et de la volaille. Même si pour l'instant, il n'est pas prévu d'étendre la permission aux bovins, cette volonté a de quoi surprendre dans un contexte de méfiance envers les produits agroalimentaires.Toujours selon le quotidien, une proposition sur la base de ce document, sera soumise au gouvernement au mois de septembre, mais à la Réunion, on indique déjà que les farines animales ne seront pas réutilisées. " A ce jour et malgré le contexte très tendu du coût des matières premières végétales, l'Urcoopa n'a en aucun cas envisagé l'incorporation de farines animales dans ses recettes ", indique Jean-Yves Maurice, responsable de la communication de la coopérative agricole.
Car c'est effectivement le coût élevé de alimentation végétale qui pousse le CNA à envisager le retour aux farines animales. Faites de carcasses de mammifères, ces farines servent à compléter l'alimentation des animaux, quand elles ne se substituent pas aux céréales et à l'herbe. Dans les années 90, elles ont été à l'origine de la crise de la vache folle qui a touché principalement la Grande Bretagne et conduit à l'arrêt de leur utilisation.
A la Réunion, elles ont été interdites en 1990, au tout début de la crise. " Les fabricants d'aliments locaux (Proval et l'Urcoopa), la Chambre d'Agriculture, les filières animales réunionnaises et, vraisemblablement, les consommateurs, sont opposés à l'incorporation de farines d'origine animale dans l'alimentation du bétail. Proval et l'Urcoopa vont même plus loin en s'interdisant, contrairement à d'autres pays exportateurs de viande de volailles, l'utilisation de farines de poisson ou graisses animales dans l'alimentation des monogastriques (porcs et volailles) ", poursuit l'Urcoopa.
Car les caisses importées de poulets bon marché vendues en grandes surfaces peuvent être issus de bêtes nourries aux graisses animales. " C'est pour cela qu'il y a autant de différence entre un poulet pays et un poulet importé ", conclut Jean-Yves Maurice.
0 Commentaires
