Lutte contre les monopoles à La Réunion

Le collectif AAMAR veut "faire prendre conscience"

  • PubliĂ© le 28 avril 2012 Ă  15:00
Samedi 28 avril 2012 - Présentation du collectif AAMAR (Photo Émilie Sorres)

Agir pour l'abolition des monopoles abusifs à La Réunion ou AAMAR. Tel est le nom d'un nouveau collectif qui s'est constitué, il y a peine quelques jours. Regroupant une vingtaine de membres, le collectif a présenté, ce samedi 28 avril 2012, à l'occasion d'un point presse, ses orientations et actions. Partant du constat qu'il y existe trois grands monopoles, à savoir, le carburant, le transport aérien et la grande distribution, qui pèse sur le quotidien des Réunionnais, AAMAR entend "faire prendre conscience" en alliant "éducation populaire et actions".

C'est à la veille du premier tour de l'élection présidentielle que le collectif AAMAR a été formé. "Avec la perspective de changement à la tête de l'État, il faut reprendre les mots d'ordre de lutte contre les monopoles abusifs", explique Geoffroy Géraud Legros, un des porte-paroles du collectif. "Avec plus de 50% de la population qui vit au-dessous du seuil de pauvreté, plus de 60% de jeunes au chômage, et dans un contexte de crise, si on ne conscientise pas la population aujourd'hui, qui y arrivera en 2030 avec plus d'un million d'habitants à La Réunion ? Le moment était venu. La population souffre", souligne, pour sa part, Firose Gador, également une des porte-paroles.

Regroupant une vingtaine de membres, et "sans structure hiérarchique", AAMAR estime que "66 ans après l'abolition du statut colonial par la loi du 19 mars 1946, l'économie et la société réunionnaises demeurent toujours sous l'emprise d'un dispositif commercial, économique et administratif de nature monopolistique". Le collectif distingue ainsi trois monopoles, qui impactent sur le quotidien des Réunionnais: la grande distribution, le transport aérien et le carburant.

Pour Geoffroy Géraud-Legros, "il s'agit de faire prendre conscience aux Réunionnais, dans une démarche d'éducation populaire et de militantisme, qui est l'exploiteur". Il souligne qu'il y a "urgence sociale" et que "les monopoles sont trop forts". "Il faut que les Réunionnais prennent les choses et la situation en main. Bien souvent, la population va crier devant la préfecture ou les mairies, mais il y a d'autres moyens. Il faut cibler des actions devant la SRRP au Port, par exemple", ajoute Firose Gador.

Concrètement, c'est un vrai travail de terrain, à savoir "d'information" et de "sensibilisation", dans les quartiers, lors de réunions qui démarrera à partir de la semaine prochaine, tout d'abord au Port, puis ailleurs dans l'île. Les membres du collectif se disent néanmoins conscients que "le travail sera difficile et se fera au fur et à mesure" avant que la population ne se mobilise. "Nous n'avons pas peur de la radicalité", indique, en substance, Geoffroy Géraud-Legros.

À noter qu'AAMAR a également lancé un projet de résolutions. Le collectif demande, entre autres, "à L'État de procéder à un gel total des prix des carburants et de la bouteille de gaz, au moins jusqu'à l'élaboration, de solutions pour lutter contre le monopole, à une solution pérenne réduisant la dépendance de l'économie et de la société réunionnaise vis-à-vis des importations d'hydrocarbures". Il réclame également une "mise à l'étude de la maîtrise publique totale ou partielle de la SRPP et de ses infrastructures, dans les conditions établies par la loi". "C'est quand on se mobilise pour faire pression que des solutions sont trouvées", conclut Geoffroy Géraud-Legros.



Le site du collectif: http://libertesreunionnaises.com/
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