[PHOTOS/VIDEO] Le "scénario du pire s'est réalisé"

Le cyclone Idai fait au moins 19 morts au Mozambique, 24 au Zimbabwe

  • PubliĂ© le 16 mars 2019 Ă  17:41
  • ActualisĂ© le 16 mars 2019 Ă  18:23
La ville cÎtiÚre mozambicaine de Beira et sa région ont été sévÚrement touchées par le passage du cyclone tropical Idai, quelques jours à peine aprÚs des pluies diluviennes qui avaient déjà fait plus de 70 morts dans le pays

Le bilan humain n'est pas encore dĂ©finitif mais fait dĂ©jĂ  Ă©tat de 19 personnes dĂ©cĂ©dĂ©es au Mozambique. Au Zimbabwe, au moins 24 personnes sont mortes et plus de quarante sont portĂ©es disparues. Le cyclone intense Idai a dĂ©vastĂ© ces pays, et virtuellement coupĂ© du reste du pays la ville cĂŽtiĂšre de Beira (Mozambique), privĂ©e d'Ă©lectricitĂ©, de tĂ©lĂ©phone et mĂȘme d'aĂ©roport. L'Organisation des Nations Unies (ONU) lance un appel aux dons pour aidĂ©s les milliers de sinistrĂ©s...

Au moins 24 personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es, dans l’est du Zimbabwe, a annoncĂ©, le ministĂšre de l’information zimbabwĂ©en, "Le nombre de personnes portĂ©es disparues se monte pour l’instant Ă  quarante,"a-t-il poursuivi.

L'ampleur des dégùts à Beira au Mozambique n'est pas encore connu, la mission de l'ONU vient tout juste d'arriver sur place. D'aprÚs un premier bilan, 19 personnes seraient décédées.

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Rues et routes inondées, toits envolés, poteaux électriques arrachés, la quatriÚme ville du pays et ses quelque 500.000 habitats ont été frappés de plein fouet jeudi soir par des vents violents, estimés à plus de 190 km/h, et des pluies diluviennes.

Vingt-quatre heures plus tard, le premier bilan livré par les autorités locales faisait état d'au moins 19 morts et plus de 70 blessés dans la province de Sofala, dont Beira est le chef-lieu, selon la radio nationale. "Le moment le plus dur a été la nuit derniÚre et ce matin", a raconté le gouverneur local, Alberto Mondlane, sur Radio Mozambique, "il y a énormément de dégùts (...), beaucoup d'habitations ont vu leur toit arraché".

Le "scénario du pire" pour Météo France

Pour Philippe Caroff responsable des prĂ©visions cycloniques Ă  MĂ©tĂ©o France, "C'est le scĂ©nario du pire qui s'est rĂ©alisĂ©. La ville portuaire de Beira a Ă©tĂ© touchĂ©e par une marĂ©e de tempĂȘte." La marĂ©e de tempĂȘte, une Ă©lĂ©vation anormale du niveau de la mer, est un phĂ©nomĂšne dĂ©vastateur. Elle est arrivĂ©e quasiment en phase avec la marĂ©e haute, "le mer a dĂ» monter de plusieurs mĂštres, on estimait la surcĂŽte Ă  5-6 mĂštres, balayant les cĂŽtes. Elle s'est certainement engouffrĂ©e dans le fleuve Pungwe pour se propager Ă  l'intĂ©rieur des terres," explique le mĂ©tĂ©orologue.

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L'aĂ©roport de la ville a Ă©galement Ă©tĂ© gravement touchĂ©. "Malheureusement, il est dĂ©vastĂ©", a rapportĂ© sous couvert d'anonymat Ă  l'AFP un responsable de l'Institut national de gestion des catastrophes (DMNI). "Les lumiĂšres qui dĂ©limitent les pistes, les Ă©quipements d'aide Ă  la navigation, les antennes de la tour de contrĂŽle et la tour elle-mĂȘme ont Ă©tĂ© dĂ©truits", a-t-il ajoutĂ©, "la piste est jonchĂ©e de dĂ©bris et les avions garĂ©s sur le tarmac ont Ă©tĂ© endommagĂ©s". Selon ce responsable, l'aĂ©roport ne devrait pas pouvoir rouvrir avant dimanche matin.
Interrompu dÚs jeudi matin à cause de l'arrivée d'Idai, le trafic aérien intérieur mozambicain est resté suspendu toute la journée de vendredi.

La province de Sofala et celles voisines de Manica et d'Inhambane étaient par ailleurs totalement privées d'électricité depuis jeudi soir, a annoncé la compagnie nationale d'électricité.

Faute de courant et d'eau, l'hÎpital central de Beira, le deuxiÚme plus important du pays, a dû suspendre les opérations chirurgicales. "Les conditions ne permettent plus d'y opérer les patients", a indiqué son porte-parole Bonifacio Cebola, cité par la radio nationale.

Les autorités de Maputo avaient placé en début de semaine la région en alerte rouge en prévision de l'arrivée d'Idai et ordonné l'évacuation des populations les plus menacées.

600.000 personnes pourraient ĂȘtre affectĂ©es par le cyclone

Depuis le début du mois, le systÚme dépressionnaire qui est associé au cyclone Idai, présenté par les météorologistes comme le plus puissant des dix derniÚres années, a noyé le centre et le nord du Mozambique sous des pluies diluviennes.

C’est la deuxiĂšme fois qu’Idai s’abat sur le pays. FormĂ© dans le Canal de Mozambique, il l’avait frappĂ© une premiĂšre fois les 4 et 5 mars avant de se dĂ©placer vers le Malawi. Le Mozambique a ainsi Ă©tĂ© noyĂ© sous des pluies torrentielles dans le centre et le nord. Elles ont fait au moins 66 morts, 111 blessĂ©s, plus de 17.000 de dĂ©placĂ©s et au moins 140.000 sinistrĂ©s. PrĂšs de 6.000 habitations ont Ă©tĂ© dĂ©truites.

"Le cyclone Idai a frappĂ© une population dĂ©jĂ  en difficultĂ© et donc extrĂȘmement vulnĂ©rable. Son passage a encore aggravĂ© leurs souffrances", a soulignĂ© Marcoluigi Corsi, le reprĂ©sentant de l'Unicef au Mozambique. Selon ses estimations, jusqu'Ă  600.000 personnes pourraient ĂȘtre affectĂ©es par le cyclone.

Aide humanitaire

En plus d'un appel aux dons, le Programme alimentaire mondiale (PAM) de l'ONU a annoncé vendredi l'envoi de 20 tonnes de rations d'urgence et d'un hélicoptÚre lourd pour venir en aide aux sinistrés.

Selon les prévisions des services météorologiques locaux, de fortes pluies devraient persister jusqu'à dimanche sur la ville de Beira et tout le centre du pays.

Le Mozambique subit rĂ©guliĂšrement le passage de cyclones qui provoquent des inondations massives. Ces crues avaient causĂ© la mort de 800 personnes en 2000 et de plus de cent en 2015. Les rĂ©centes prĂ©cipitations ont Ă©galement frappĂ© le sud du Malawi voisin, oĂč elles ont fait 56 morts, prĂšs d'un million de sinistrĂ©s et plus de 80.000 dĂ©placĂ©s, selon le dernier bilan publiĂ© par le DĂ©partement de gestion des risques.

Les autorités locales ont monté à la hùte prÚs de 200 camps de tentes pour accueillir les sinistrés, qui y vivent dans des conditions précaires à la merci du paludisme, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Le Mozambique et le Malawi, deux des pays les plus pauvres du monde, sont soumis depuis plusieurs années déjà à de longues périodes de sécheresse alternant avec des épisodes de pluies dévastateurs.

nt/www.ipreunion.com avec l'AFP

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