À l'occasion du mois du don, organisé en juin, les équipes du CHU veulent sensibiliser la population réunionnaise au don d'organes et de tissus. Sur l'île, plus de 350 patients sont actuellement en attente d'une greffe, principalement rénale. Entre idées reçues, manque d'information et besoins grandissants, les soignants appellent surtout une chose : en parler à ses proches (Photo Richard Bouhet / www.imazpress.com)
Chaque greffe représente souvent une seconde chance. Pourtant, derrière ces opérations parfois spectaculaires, une réalité persiste : les besoins restent importants. Aujourd'hui, plus de 350 patients réunionnais sont en attente d'une greffe. "L'année dernière, 84 greffes de rein ont eu lieu, dont deux pédiatriques", explique le Dr Claire Chabré, médecin réanimatrice au CHU Sud et impliquée dans la coordination du don d’organes et de tissus. "À cela, s'ajoute les greffes de cornée et des greffes de coeur".
Depuis le lancement de l'activité de transplantation cardiaque sur l'île, en décembre 2023, "plus de 15 greffes de coeur ont déjà été réalisées à La Réunion". À l'occasion du mois du don, organisé en juin dans les différents établissements hospitaliers de l'île, le CHU souhaite rappeller un message simple : "On peut tous être donneur... comme on peut tous un jour avoir besoin d'une greffe".
En 2025, 96 greffes, dont quatre greffes pédiatriques, ont eu lieu à La Réunion. La liste d'attente a également enregistré 96 nouveaux inscrits. "Ça veut dire que les dons permettent tout juste de pallier l'augmentation des besoins". Écoutez.
- Une loi fondée sur la solidarité -
En France, la loi repose sur le principe du consentement présumé (Art Article L1232-1 du Code de la Santé publique) : chaque personne est considérée comme donneuse potentielle aprè son décès, sauf si elle a exprimé son refus de son vivant. "La règle général, c'est qu'on est tous donneurs par solidarité envers les personnes en attente de greffe", rappelle le Dr Claire Chabré.
Dans les faits toutedois, les équipes médicales consultent toujours les proches. "Ce sont eux qui nous apportent le témoignage de ce qu'aurait souhaité la personne de son vivan", explique la médecin. Et lorsque la famille rapporte une opposition, "on ne va jamais s'opposer à ce que les proches nous disent".
Les soignants constatent d'ailleurs que le principal frein reste souvent l'absence de discussion au sein des familles. "Quand on interroge la population générale, environ 80% des personnes se disent favorables au don. Mais beaucoup n'en parlent jamais à leurs proches", souligne le Dr chabré. Résultat : au moment du décès, dans un contexte extrêmement douloureux, certaines familles préfèrent refuser par doute ou peur de prendre une décision à la place du défunt. À La Réunion, le taux d'opposition avoisine encore les 50%.
- Des besoins importants pour les reins -
Comme dans l’Hexagone, les greffes de rein représentent le besoin le plus important sur l’île. En cause : la forte prévalence de maladies chroniques comme le diabète ou l’hypertension. "Beaucoup de patients souffrent d’insuffisance rénale chronique et doivent être dialysés", explique le Dr Chabré. "La greffe permet alors de sortir du circuit de la dialyse et de retrouver une nouvelle vie".
Les greffes de cornée et de cœur sont également pratiquées localement. Une activité de greffe hépatique (ou greffe du foie) devrait aussi voir le jour à l’horizon 2027. En revanche, pour des transplantations plus complexes comme les poumons ou le pancréas, les patients réunionnais doivent encore être transférés dans l’Hexagone.
Autre point souvent méconnu : il n’existe pas réellement de limite d’âge pour être donneur. "Certaines personnes âgées peuvent parfaitement donner leurs organes si elles sont en bonne santé", précise la médecin.
Le don peut aussi être réalisé du vivant pour un rein, dans des situations très encadrées. Chaque année, entre quatre et cinq greffes de ce type sont réalisées à La Réunion.
- "Aucune religion ne s'oppose au don d'organes" -
Parmi les idées reçues qui persistet encore autour du don d'organes, les croyances religieuses reviennent régulièrement. Pourtant, assure le Dr Claire Chabré, "aucune religion ne s'oppose au don d'organes", après des échanges menés avec les différents représentants des cultes présent à La Réunion.
Les équipes médicales cherchent aussi à rassurer les familles sur le respect du cirps et des rites funéraires. "Le don est réalisé comme une opération chirurgicale classique, avec le plus grand soin porté au défunt", explique la réanimatrice. "Le don n'empêche aucune veillée, aucun rite, aucune cérémonieé.
- Un mois de juin pour sensibiliser la population -
Pour mieux informer le grand public, plusieurs actions seront organisées tout au long du mois de juin dans les hôpitaux réunionnais.
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Des expositions permanentes seront installées dans les halls du CHU Sud, du CHU Nord, du CHOR et du GHER avec des chiffres clés, des témoignages de greffés ou encore de proches de donneurs. Le 22 juin, à l’occasion de la journée nationale du don d’organes, le CHU deviendra également officiellement "ambassadeur du don".
"Le message principal, c’est vraiment : faites connaître votre position à vos proches", insiste le Dr Claire Chabré. "Quelle qu’elle soit".
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