Une enquête du média "Les Jours", publiée le 1er juin 2026, met en cause un ancien professeur de l’École supérieure d’art de La Réunion, Yohann Quëland de Saint-Pern. Il est accusé de viols et de harcèlement sexuel. "Les Jours" ont également recueilli une douzaine de témoignages d’anciens élèves, de salariés ou ex-salariés. Une plainte a été déposée. L’intéressé dément les accusations. Il reste présumé innocent. Deux autres enquêtes du média "Les Jours" mettent en cause deux autres personnalités du milieu culturel à La Réunion (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)
L'enquête publiée par le média national "Les Jours" révèle l'histoire d'une ancienne élève de ce professeur de vidéo. La jeune femme aurait porté plainte en 2020 contre l’enseignant, qui exerçait à l’École supérieure d’art (ESA) de La Réunion pour des faits qui se seraient déroulés en août 2014.
Selon ce que révèle le média, elle l’accuse de l’avoir droguée à son insu puis violée à plusieurs reprises alors qu’elle était étudiante.
Dans le procès-verbal du dépôt de plainte, consulté par le Quotidien de l'art, elle raconte. "Alors qu'elle séjourne dans un lieu associatif au Tampon pour préparer une exposition, sans moyen de se rendre sur place chaque jour, l'homme, alors professeur à l’École supérieure d’art de la Réunion (ÉSA Réunion) lui aurait offert de loger chez lui, non loin de son atelier. Pendant une quinzaine de nuits, il l'aurait agressée sexuellement, des actes dont elle ne se souvient pas ou très peu."
En plus du récit de cette jeune femme, "Les Jours" ont recueilli une douzaine de témoignages d’anciens élèves, de salariés ou ex-salariés relatant un comportement inapproprié, des insultes et du harcèlement sexuel de la part du vidéaste.
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- Yohann Quëland de Saint-Pern dément les accusations -
Aux Jours, Yohann Quëland de Saint-Pern affirme qu’il s’agit d’"allégations mensongères [qui] puisent leur source dans un désir de vengeance et de destruction de [sa] personne".
Il dément fermement ces accusations et reste présumé innocent.
L’École supérieure d’art de La Réunion est un établissement d’enseignement supérieur situé au Port. Yohann Quëland de Saint-Pern y est enseignant de 2013 à 2022. Durant cette même période, l’école est dirigée par Patricia de Bollivier, ex-compagne de l’enseignant avec qui elle a un enfant.
- Une première enquête sur Yohann Quëland de Saint-Pern en 2025 -
Le Quotidien de l’art qui a publié en mars 2025 une première enquête sur Yohann Quëland de Saint-Pern, son ancien professeur de vidéo.
Le média évoque des accusations de harcèlement sexuel émises par plusieurs étudiantes contre Yohann Quëland de Saint-Pern, visé par une plainte pour viol, dont ont été informés le ministère de la Culture, la justice mais aussi l'ADIAF.
Une autre jeune femme déclarait : "À la fin des cours, il bloquait la sortie et insistait pour qu’on aille boire un verre. J’essayais de trouver des excuses pour décliner. Ça a été le jeu du chat et la souris pendant près d’un an."
Les étudiantes évoquent le "tabou" qui entourait alors les comportements de Yohann Quëland de Saint-Pern au sein de l’établissement.
En 2019, une lettre anonyme évoquant le mal-être à l'école est envoyée à sa directrice, à la Direction des affaires culturelles de l’Océan Indien (DAC-OI) et au procureur de la République de La Réunion. Une procédure judiciaire est ouverte.
Contacté par L'Hebdo, le ministère de la Culture confirme également avoir reçu, le 19 juin 2019, un signalement concernant des faits reprochés à un professeur de l’ÉSA Réunion.
- D'autres personnalités du milieu culturel visées par "Les Jours" -
Deux autres enquêtes du média "Les Jours" mettent en cause deux autres personnalités du milieu culturel à La Réunion.
La première, publiée le mercredi 22 avril 2026, met en cause le réalisateur réunionnais, Vincent Fontano, pour des faits présumés de viols et de harcèlement sexuel. Des viols qui auraient été commis dans le cadre de faux castings organisés à son domicile, dans les Hauts de Saint-Denis.
Deux des plaignanes dénoncent des faits de viol, tandis que deux autres évoquent du harcèlement sexuel. Deux plaintes ont été déposées. Une procédure a par ailleurs donné lieu à un non-lieu en 2023, faute de preuves matérielles.
Le cinéaste, contacté par "Les Jours", "dément toutes les accusations" et évoque des faits "pas crédibles" ou relevant de "rumeurs". Selon lui, ces accusations viendraient de "gens qui (veulent) lui nuire parce qu’il est noir et gros".
Une autre enquête publiée le jeudi 30 avril 2026, met en cause Luc Rosello, l’ancien directeur du Centre dramatique national de l’océan Indien pour des faits présumés de violences au travail et de violences sexistes et sexuelles. Il lui est également reproché d’avoir tenu des propos racistes.
Les accusations sont portées "par plusieurs ex-salariées et collaboratrices" indique le média. "En parallèle, ses deux filles ont porté plainte pour viols et agressions sexuelles sur mineurs contre lui" écrit "Les Jours".
Luc Rosello conteste "fermement" toutes les accusations qui lui sont faites.
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