Une enquête du média "Les Jours", publiée ce jeudi 30 avril 2026, met en cause Luc Rosello, l’ancien directeur du Centre dramatique national de l’océan Indien pour des faits présumés de violences au travail et de violences sexistes et sexuelles. Il lui est également reproché d’avoir tenu des propos racistes.. Les accusations sont portées "par plusieurs ex-salariées et collaboratrices" indique le média. "En parallèle, ses deux filles ont porté plainte pour viols et agressions sexuelles sur mineurs contre lui" écrit "Les Jours". Luc Rosello conteste "fermement" toutes les accusations qui lui sont faites. Il reste présumé innocent.
Cette enquête arrive après un article du même média publiée ce mercredi 22 avril et, met en cause le réalisateur réunionnais, Vincent Fontano, pour des faits présumés de viols et de harcèlement sexuel. Il demeure également présumé innocent.
Selon Les Jours les faits reprochés à Luc Rosello, 61 ans, aurait duré plusieurs années. L’homme arrive à La Réunion en 1987, comme formateur. Il a 27 ans. Frédérique Cheynet, comédienne, en a 25. "J’étais étudiante. Il m’a draguée ouvertement, a insisté et tout s’est enchaîné", se souvient-elle. Ils restent ensemble une douzaine d’années et ont deux filles, Natalina et Moane. Elle évoque une « relation très toxique » où elle aurait été constamment « humiliée et rabaissée ». Elle décrit aux Jours un système d’emprise et des violences qui lui laissent une amnésie traumatique.
Frédérique Cheynet, Frédérique Cheynet décrit ensuite au média "de graves dysfonctionnements au sein de la compagnie de théâtre qu'elle a crée et dans laquelle Luc Rosello se serait imposé. Elle, accuse on ex-compagnon d’avoir eu "undroit de cuissage sur pas mal de gens" et d’avoir multiplié les relations avec des jeunes comédiennes, parfois encore élèves du conservatoire, ou des femmes sur qui il avait du pouvoir"
- "Soit que tu es attirée par moi, soit tu es stressée" -
Selon plusieurs témoignages, Luc Rosello aurait également eu des comportements problématiques au CDNOI qu'il a dirigé de Luc Rosello de 2017 à 2024. Le média cite le témoignage d'une jeune femme qui a "21 ans quand elle rencontre Luc Rosello pour la première fois. Fin 2021, elle a quitté le Conservatoire à rayonnement régional de
La Réunion ; elle voulait changer d’air, notamment après avoir, selon elle, vécu des échanges qui s’apparenteraient à du harcèlement sexuel avec Vincent Fontano (...). Elle postule à une offre d’emploi en contrat court au Centre dramatique national de l’océan Indien (...). Luc Rosello (...) lui fait passer un dernier entretien.
La jeune femme racontre au média "onn n’est que tous les deux dans une salle, il me pose des questions et tout d’un coup me dit : +je vois que t’es en train de pincer tes lèvres. Ça veut dire soit que tu es attirée par moi soit que tu es stressée. Dans tous les cas, tu arrêtes tout de suite+. La jeune femme est sidérée : "encore une fois [comme avec Vincent Fontano, ndlr], il y a une dynamique déséquilibrée entre lui qui a du pouvoir et moi la petite comédienne". Elle obtiendra toutefois le poste pour lequel elle a postulé.
- "Sidérée, humiliée" -
Interrogées par Les Jours, des salariées décrivent pour leur part une situation "qui s’apparente à du harcèlement : "on était tous mal, affirme (une salariée - ndlr) J’ai des collègues qui ont fait des crises de tachycardie à s’enfermer dans les toilettes en larmes !".
Une salariée affirme ensuite au média que "Luc Rosello aurait également tenu des propos à caractère raciste, notamment en réunion d’équipe, ramenant régulièrement Charlotte à une partie de ses origines. Lors d’une ouverture de spectacle, se souvient elle (...) elle aide sa collègue à l’accueil, blague avec le public, rigole. Luc Rosello l’entend, s’approche et lance devant tout le monde : +il serait temps que tu fasses un peu moins ta Noire et que t’agisses un peu plus comme une blanche+ (La jeune femme)" raconte qu’elle est sidérée, humiliée".
Des signalements sont effectués par des salariés à la CGTR en 2020 lorsque Luc Rosello sollicite le renouvellement de son mandat à la tête du CNDOI.
Le syndicat s'adresse aux partenaires publics du Centre, notamment à la direction des affaires culturelles (DAC) de La Réunion. Dans un courrier la CGTR, cité par Les Jours "évoque des "conditions de travail anxiogènes", un "comportement malveillant du directeur" et "des licenciements nombreux (ou pressions à la démission)", ce qui plonge les salariés "dans une angoisse quotidienne" (...). La DAC donne sa réponse à la CGTR dans un mail, consulté par Les Jours. Il y est écrit que « ces accusations […] ne pouvaient être valablement retenues, compte tenu de l’absence de données objectivées et [de leur] caractère anonyme". Luc Rosello porte plainte contre X".
Il obtient le renouvellement de son mandat à la tête du CNDOI.
- Accusations de viols sur ses deux filles -
Entre-temps, le syndicat reçoit également un courrier anonyme accusant Luc Rosello d’avoir "abusé de sa fille". Le dramaturge a en effet été visé par une plainte déposée en 2013 par sa fille Moane. Après deux ans d’enquête et une confrontation, l’affaire a été classée sans suite faute de preuves matérielles.
En janvier 2023, Moane Rosello porte à nouveau plainte pour viols et agressions sexuelles, cette fois accompagnée de sa soeur, Natalina qui porte aussi des accuations de viols contre son père.
En avril 2024, Luc Rosello quitte ses fonctions au CNDOI. Questionné par Les Jours, il répond par le biais de son avocat : que "le vacarme médiatique [l’]a contraint de choisir la mise en retrait professionnelle par une démission forcée".
- Luc Rosello refuse "de participer au tribunal populaire" -
Toutefois, "selon un rapport de comptes annuels consulté par Les Jours, il a perçu une "indemnité transactionnelle" de 95.000 euros. Une somme qui choque Moane Rosello : "s c’était Total, bon… Mais là, c’est l’argent du contribuable !".
Luc Rosello conteste "fermement" tous les faits qui lui sont reprochés et déclare aux Jours, via une lettre : "il m’est impossible, si je veux rester cohérent avec qui je suis, de participer à ce tribunal populaire qui, sous couvert de justice et de moralité, fragilise les fondements même de notre État de droit : la présomption d’innocence et le temps de la justice"
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