Un metteur en scène de La Réunion mis en cause dans des agressions sexuelles présumées sur ses filles et des violences sexistes et sexuelles au travail

  • Publié le 1 mai 2026 à 13:33
  • Actualisé le 1 mai 2026 à 18:11
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Une enquête du média "Les Jours", publiée ce jeudi 30 avril 2026, met en cause Luc Rosello, l’ancien directeur du Centre dramatique national de l’océan Indien pour des faits présumés de violences au travail et de violences sexistes et sexuelles. Il lui est également reproché d’avoir tenu des propos racistes.. Les accusations sont portées "par plusieurs ex-salariées et collaboratrices" indique le média. "En parallèle, ses deux filles ont porté plainte pour viols et agressions sexuelles sur mineurs contre lui" écrit "Les Jours". Luc Rosello conteste "fermement" toutes les accusations qui lui sont faites. Il reste présumé innocent (Photo d'illustration Richard Bouhet / www.imazpress.com)

Cette enquête arrive après un article du même média publiée ce mercredi 22 avril et, met en cause le réalisateur réunionnais, Vincent Fontano, pour des faits présumés de viols et de harcèlement sexuel. Il demeure également présumé innocent.

Lire aussi - Violences sexuelles présumées : un réalisateur réunionnais mis en cause, des associations locales appellent à briser le silence

Selon Les Jours les faits reprochés à Luc Rosello, 61 ans, aurait duré plusieurs années. L’homme arrive à La Réunion en 1987, comme formateur. Il a 27 ans. Frédérique Cheynet, comédienne, en a 25. "J’étais étudiante. Il m’a draguée ouvertement, a insisté et tout s’est enchaîné", se souvient-elle. Ils restent ensemble une douzaine d’années et ont deux filles, Natalina et Moane. Elle évoque une « relation très toxique » où elle aurait été constamment « humiliée et rabaissée ». Elle décrit aux Jours un système d’emprise et des violences qui lui laissent une amnésie traumatique.

Frédérique Cheynet, Frédérique Cheynet décrit ensuite au média "de graves dysfonctionnements au sein de la compagnie de théâtre qu'elle a crée et dans laquelle Luc Rosello se serait imposé. Elle, accuse on ex-compagnon d’avoir eu "undroit de cuissage sur pas mal de gens" et d’avoir multiplié les relations avec des jeunes comédiennes, parfois encore élèves du conservatoire, ou des femmes sur qui il avait du pouvoir"

- "Soit que tu es attirée par moi, soit tu es stressée" -

Selon plusieurs témoignages, Luc Rosello aurait également eu des comportements problématiques au CDNOI qu'il a dirigé de Luc Rosello de 2017 à 2024.  Le média cite le témoignage d'une jeune femme qui a "21 ans quand elle rencontre Luc Rosello pour la première fois. Fin 2021, elle a quitté le Conservatoire à rayonnement régional de La Réunion ; elle voulait changer d’air, notamment après avoir, selon elle, vécu des échanges qui s’apparenteraient à du harcèlement sexuel avec Vincent Fontano (...). Elle postule à une offre d’emploi en contrat court au Centre dramatique national de l’océan Indien (...). Luc Rosello (...) lui fait passer un dernier entretien.

La jeune femme racontre au média "onn n’est que tous les deux dans une salle, il me pose des questions et tout d’un coup me dit : +je vois que t’es en train de pincer tes lèvres. Ça veut dire soit que tu es attirée par moi soit que tu es stressée. Dans tous les cas, tu arrêtes tout de suite+. La jeune femme est sidérée : "encore une fois [comme avec Vincent Fontano, ndlr], il y a une dynamique déséquilibrée entre lui qui a du pouvoir et moi la petite comédienne". Elle obtiendra toutefois le poste pour lequel elle a postulé.

- "Sidérée, humiliée" -

Interrogées par Les Jours, des salariées décrivent pour leur part une situation "qui s’apparente à du harcèlement : "on était tous mal, affirme (une salariée - ndlr) J’ai des collègues qui ont fait des crises de tachycardie à s’enfermer dans les toilettes en larmes !".

Une salariée affirme ensuite au média que "Luc Rosello aurait également tenu des propos à caractère raciste, notamment en réunion d’équipe, ramenant régulièrement Charlotte à une partie de ses origines. Lors d’une ouverture de spectacle, se souvient elle (...)  elle aide sa collègue à l’accueil, blague avec le public, rigole. Luc Rosello l’entend, s’approche et lance devant tout le monde : +il serait temps que tu fasses un peu moins ta Noire et que t’agisses un peu plus comme une blanche+ (La jeune femme)" raconte qu’elle est sidérée, humiliée".

Des signalements sont effectués par des salariés à la CGTR en 2020 lorsque Luc Rosello sollicite le renouvellement de son mandat à la tête du CNDOI. 

Le syndicat s'adresse aux partenaires publics du Centre, notamment à la direction des affaires culturelles (DAC) de La Réunion. Dans un courrier la CGTR, cité par Les Jours "évoque des "conditions de travail anxiogènes", un "comportement malveillant du directeur" et "des licenciements nombreux (ou pressions à la démission)", ce qui plonge les salariés "dans une angoisse quotidienne" (...). La DAC donne sa réponse à la CGTR dans un mail, consulté par Les Jours. Il y est écrit que « ces accusations […] ne pouvaient être valablement retenues, compte tenu de l’absence de données objectivées et [de leur] caractère anonyme". Luc Rosello porte plainte contre X".

Il obtient le renouvellement de son mandat à la tête du CNDOI.

- Accusations de viols sur ses deux filles -

Entre-temps, le syndicat reçoit également un courrier anonyme accusant Luc Rosello d’avoir "abusé de sa fille". Le dramaturge a en effet été visé par une plainte déposée en 2013 par sa fille Moane. Après deux ans d’enquête et une confrontation, l’affaire a été classée sans suite faute de preuves matérielles.

En janvier 2023, Moane Rosello porte à nouveau plainte pour viols et agressions sexuelles, cette fois accompagnée de sa soeur, Natalina qui porte aussi des accuations de viols contre son père.

En avril 2024, Luc Rosello quitte ses fonctions au CNDOI. Questionné par Les Jours, il répond par le biais de son avocat : que "le vacarme médiatique [l’]a contraint de choisir la mise en retrait professionnelle par une démission forcée".

- Luc Rosello refuse "de participer au tribunal populaire" -

Toutefois, "selon un rapport de comptes annuels consulté par Les Jours, il a perçu une "indemnité transactionnelle" de 95.000 euros. Une somme qui choque Moane Rosello : "s c’était Total, bon… Mais là, c’est l’argent du contribuable !".

Luc Rosello conteste "fermement" tous les faits qui lui sont reprochés et déclare aux Jours, via une lettre : "il m’est impossible, si je veux rester cohérent avec qui je suis, de participer à ce tribunal populaire qui, sous couvert de justice et de moralité, fragilise les fondements même de notre État de droit : la présomption d’innocence et le temps de la justice"

www.imazpress.com / [email protected]

En fin d'après-midi ce vendredi 1er mai, l'avocate de Luc Rosello nous a fait parvenir un droit de réponse quen nous publions intégralement ci-dessous

Luc ROSELLO - DROIT DE REPONSE, mais pour répondre à qui, à quoi ?


Un jour, que j'espère le plus proche que possible, la vérité parlera d'elle-même. 

Je ne peux avouer des actes que je n'ai pas commis. 

Je refuse de plaider ma défense devant une multitude de témoignages anonymes, dans un tribunal médiatique qui, avec la complicité des réseaux sociaux, donne foi à l'article d'une journaliste dont l'engagement louable à défendre la cause féministe et la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, s'autorise paradoxalement à construire un récit digne de ce qu'est, encore aujourd'hui, la ligne rédactionnelle du journal France Dimanche (1). 

Pour preuve la qualité d'investigation journalistique de ses questions préalables, transmises par mail à mon avocate les mardi 22 et mercredi 29 avril (les questions nous ont été transmises par Luc Rosello - ndlr)

Je suis surpris, sans l'être vraiment, que cette journaliste n'intègre pas à son article, les interviews téléphoniques qu'elle a tenté d'initier, cette semaine encore, avec des personnes de mes connaissances et qui, malheureusement pour "l'objectivité indiscutable" de son enquête, n'avaient rien de négatif ou de "monstrueux" à lui révéler me concernant. 

Je réfute avec fermeté les allégations portées contre moi par Frédérique CHEYNET, ses filles, ses ami.es, et l'ensemble de cette communauté d'affinités diverses qui, soit inventent totalement des situations abjectes, soit manipulent et  détournent de simples vérités en les contorsionnant, pour compléter toujours plus par des crimes ou des délits imaginaires, mon costume de prétendu "monstre incestueux à faire tomber",  car il abuserait d'un pouvoir d'emprise démesuré et serait protégé par l'omerta d'un système professionnel et/ou institutionnel, voire même judiciaire. 

Pour exemple parmi d'autres, il est tellement plus simple et "clean" dans leur récit commun, pour Juliette Pierron et une de ses sources anonymes, de métamorphoser un licenciement pour faute grave pour tentative de détournement de fonds et usurpation de qualité par signature, par une banale " rupture conventionnelle de contrat". 

Comme aussi, avec la complicité de Moane ROSELLO, pour conclure son article par une "révélation choc", de prétendre que j'aurais profité illégalement de l'argent public en mentionnant la procédure très problématique de la fin de mon contrat au CDNOI.

Toutes les sommes obtenues dans le cadre de mes fonctions l’ont été dans la stricte légalité et respect des procédures applicables. 

Car, professionnellement aussi, je ne suis coupable de rien, et certainement pas des allégations mensongères sur mes relations humaines au sein de l'entreprise, mentionnées dans l'article publié par Les Jours.

Je suis même félicité pour la qualité de l'ensemble de mon travail, RH incluses, dans le Rapport d'Évaluation du CDNOI (n° SIE 2023 021), établi en 2023 par Frédérique Sarre, inspectrice de la création artistique (2).

Serait-elle elle aussi complice d'une "omerta", faisant fi de sa probité et de son intégrité inhérente à sa fonction, en se mettant dans l'illégalité et en me protégeant après avoir rencontré tous les partenaires institutionnels et financiers du CDNOI, certains partenaires artistiques et de nombreux salarié.e.s de l'équipe du CDNOI ?

Contactez-la, Madame Juliette Pierron, osez lui poser la question et prétendre que son rapport est fictif et n'est qu'une somme de mensonges ! 

Pour informations complémentaires, elles aussi, véridiques, factuelles et vérifiables, toutes preuves à l'appui, depuis 2008 et jusqu'à ce jour, rien ne me protège de personne. 

Aucune protection, excepté mon honnêteté et mon souci de transparence, quand la 1ère fois, Frédérique Cheynet m'a évoqué les allégations de sa fille cadette. Ou lors de mes 4 heures d'audition et 3 heures de confrontation avec Moane ROSELLO, dans les bureaux du commissariat de Malartic. 

Ou bien encore quand ont commencé à circuler les premières lettres anonymes, dans les circuits institutionnels et professionnels. 

Lettres anonymes relayées par un syndicat qui a alerté les instances locales et nationales puis, sous le déguisement du militantisme politique et culturel, a programmé l'occupation de la Fabrik, en prétendant protéger des salarié.e.s qui, en réalité, ne lui avaient rien demandé. 

Car le but réel de cette occupation était d'enquêter sur "l'affaire Luc Rosello et de lui couper la tête", sans état d'âme syndical ou respect de la légalité, en mettant en danger la sécurité psychologique d'une salariée, et en s'autorisant à manipuler la direction de la Médecine du travail comme cette dernière en a attesté (3)

Les institutions et moi-même attendons encore les contenus précis des prétendus nombreux témoignages anonymes de salarié.e.s qu'il disait posséder, la production de la moindre petite preuve, ou les déclarations ou plaintes enregistrées par le CSE du CDNOI, la Médecine du Travail ou la Direccte. 

La présomption d'innocence dans une affaire judiciaire en cours et l'État de droit, non plus, ne me protègent pas. 

A quoi bon, hors de l'espace judiciaire, me servir de ce que d'autres qualifient de "bouclier pour coupables" ?

Les personnes qui pourraient aussi témoigner de ce que je suis, de ce que j'ai été réellement, dans notre intimité ou notre vie professionnelle, elles aussi, ne peuvent pas réellement me protéger. Elles ne s'emparent pas des réseaux sociaux ou des tribunes de presse pour dire l'homme que je suis vraiment et dénoncer calomnies et diPamations. 

Je ne leur reproche rien, et même j'arrive à les comprendre, quand bien même leurs vérités affichées publiquement me seraient parfois très utiles et réconfortantes. Je leur conseillerais plutôt de rester prudentes, de ne pas plonger dans l'irrationnel de ce faux débat de justice médiatique et numérique car elles se retrouveraient exclues de certains cercles de la société insulaire.  

Mais je les remercie de tout mon cœur de continuer à me traiter tel que je suis - leur ami, leur amoureux ou ex-amoureux, leur ancien collègue, leur ancien partenaire artistique - en conservant avec moi ce lien qui nous unit, en s'inquiétant de temps en temps de ce que je deviens dans cet effacement programmé et irréversible de l'homme, du père et du professionnel.   

Je le sais bien, je ne suis pas un homme parfait, et mon aspiration à l'être ne m'a pas préservé des travers propres à bien des êtres humains : j'ai parfois dans ma vie fait de mauvais choix, pu manquer de courage, fait preuve de lâcheté en évitant quelques obstacles pour éviter d'assumer, face à l'autre, mes propres défaillances, été maladroit, indélicat…  

Mais, en contrepartie, j'ai aussi essayé d'être droit, honnête, intègre, attentionné, protecteur, disponible, utile, à l'écoute… Et j'y travaille encore : j'essaye d'essayer… 

Je ne suis pas l'homme que s'obstine à décrire publiquement depuis 2020 – et bien avant sur les comptes Facebook de Frédérique CHEYNET et de ses filles - ces posts, ces lettres anonymes et ces articles de presse. 

Je ne suis pas l'homme responsable des dysfonctionnements des autres. 

Continuez si vous le souhaitez, vous toutes et tous qui imaginez servir, avec votre honneur et votre probité, une juste cause. 

Si votre fin justifie vos moyens, permettez-vous tout : inventer, mentir, salir, pour me punir encore et me transformer toujours plus en un horrible monstre prédateur. 

Je ne porterai pas plainte pour diffamation et pour dénonciation calomnieuse contre vous. 
Je n'en ai pas l'énergie. Et je ne suis pas l'homme responsable de vos dysfonctionnements. 
Je m'autoriserai juste à vous conseiller la lecture du livre "Faire justice" d'Elsa DECK MARSAULT. 

Moi, j'attends simplement le jour où la vérité parlera d'elle-même, dans l'enceinte de la Justice, pour retrouver ce moi-même qu'on m'a volé. Et le plus vite sera le mieux.      
             
Luc ROSELLO

1 : France Dimanche : magazine de presse people français créé en 1946 et édité depuis 2025 par la société Prisma Media, propriété de Vincent Bolloré.
2 : Direction générale de la création artistique - Service de l’inspection de la création artistique 
3 : Courrier du directeur de la Médecine du Travail distribué lors du comité de pilotage du 08 juin 2021 à l’ensemble des partenaires financiers et institutionnels du Cdn. 
 

 

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5 Commentaires
Henri
Henri
2 semaines

C’est très bizarre que ce soit un média métropolitain qui sorte ces affaires, plus de confiance aux médias réunionnais ?

Harry
Harry
1 semaine

Les médias réunionnais ont peut-être mieux fait leur travail de journalistes et ne se sont pas contentés d'enquêter à charge.

Norbert
Norbert
2 semaines

Tout les cultureux était au courant

Jacky Payet
Jacky Payet
2 semaines

Mais pourquoi cette omerta culturelle à la réunion

HULK
HULK
2 semaines

Il doit être bien protégé, évidemment.Qui a versé les 95 000 euros et d'où vient cet argent?