Une enquête du média "Les Jours", publiée ce mercredi 22 avril 2026, met en cause le réalisateur réunionnais, Vincent Fontano, pour des faits présumés de viols et de harcèlement sexuel. Alors que l’intéressé conteste ces accusations et qu'il reste présumé innocent, plusieurs associations et syndicats locaux dénoncent un "système" et appellent à une prise de conscience collective dans le milieu culturel. (Photo AFP )
L’affaire secoue le monde culturel réunionnais. Dans une enquête publiée ce mercredi, le média national "Les Jours" révèle les témoignages de quatre femmes accusant le réalisateur réunionnais Vincent Fontano de violences sexistes et sexuelles présumées. Des viols qui auraient été commis dans le cadre de faux castings organisés à son domicile, dans les Hauts de Saint-Denis.
Deux des plaignanes dénoncent des faits de viol, tandis que deux autres évoquent du harcèlement sexuel. Deux plaintes ont été déposées. Une procédure a par ailleurs donné lieu à un non-lieu en 2023, faute de preuves matérielles.
Selon le média, les faits se seraient déroulés entre 2020 et 2021, avec un mode opératoire similaire : prise de contact via les réseaux sociaux, promesse de rôle, puis invitation à des essais à domicile. L’une des plaignantes décrit un "état second" et des souvenirs fragmentés après une rencontre, affirmant avoir été contrainte à des actes sexuels. Une autre évoque un geste imposé lors d’un casting, qu’elle assimile à une agression sexuelle.
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- Vincent Fontano nie tout -
Le cinéaste, contacté par "Les Jours", "dément toutes les accusations" et évoque des faits "pas crédibles" ou relevant de "rumeurs". Selon lui, ces accusations viendraient de "gens qui (veulent) lui nuire parce qu’il est noir et gros".
L’enquête pointe également du doigt le traitement de ces accusations dans le secteur culturel. Malgré leur évocation lors de l’étude, par la commission de la Direction des affaires culturelles (DAC), du dossier de Vincent Fontano, dans le cadre de l'attribution des financements du ministère de la Culture à des compagnies de théâtre, une aide publique de 25.000 euros aurait été attribuée en 2024 à la compagnie du réalisateur.
- Les associations et syndicats locaux montent au créneau -
Ce jeudi, au lendemain de la publication du reportage, plusieurs associations et syndicats réunionnais.es - NousToutes974, Mouvman FH+, CGTR Spektak et Union des Femmes Réunionnaises (UFR) - publient un communiqué commun pour dénoncer une situation qu’elles jugent systémique.
"Ce que révèle cette enquête n’est pas seulement une série de témoignages accablants. C’est un système", écrivent-elles, évoquant "des rapports de pouvoir utilisés pour exploiter, manipuler et contraindre" de jeunes femmes en situation de vulnérabilité. Les organisations refusent de réduire ces faits présumés à de simples cas individuels : "Il ne s’agit pas "d’affaires individuelles" qu’il suffirait de laisser à la justice. Il s’agit d’un problème structurel".
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Tout en rappelant le principe de présomption d’innocence, elles estiment qu’il "ne peut pas être utilisé comme un bouclier pour éviter toute remise en question collective" et dénoncent "toute forme de complaisance, de relativisation ou de silence".
- "Le silence protège les agresseur.euse.s" -
Les associations interpellent directement les institutions et les acteurs culturels : "Continuer à soutenir, programmer ou légitimer, sans condition, des personnes mises en cause dans des affaires aussi graves, c’est prendre une responsabilité politique. C’est envoyer un signal désastreux aux personnes victimes. C’est contribuer à maintenir un climat d’impunité".
Elles saluent également "la position courageuse" d’Anabel Martinez, directrice du théâtre Les Bambous à Saint-Benoît, ayant choisi de ne plus collaborer avec le réalisateur, au nom de la protection des potentielles victimes.
Enfin, elles appellent à un sursaut et à "une rupture claire avec les logiques d’omerta", ainsi qu’à la mise en place de dispositifs de prévention et de signalement efficaces, et à conditionner les financements publics à des engagements concrets contre les violences sexistes et sexuelles. "Le silence protège les agresseur.euse.s. Nous choisissons de le briser", concluent-elles.
vg / www.imazpress.com / [email protected]

Petit problème de langue : il y a des présumés coupables mais pas de présumées victimes. C’est un non sens juridique : ce ne sont pas les potentielles victimes qui sont mises en cause…
Rien que cette erreur met en relief une position politique en faveur de la culture du viol et de la remise en cause perpétuelle de la parole des femmes.
Peut-être ici une maladresse d’écriture ( j’espère !!) mais qui reflète bien un mode de pensée : un homme est accusé par des femmes et puisqu’il est « connu» forcément elles vont se servir de lui… Ah bon? Dans quel but ??
Fréquentant régulièrement le milieu culturel de la Réunion sans en être partie prenante je n’arrive pas à concevoir l’intérêt de dénoncer frauduleusement un possible employeur: tu n’y gagnes ni un nom, ni des contrats. Et ceux qui pensent le contraire ont des grosses œillères et ne voient pas ce qui se passe dans le monde entier.
Merci madame pour cette pertinence rafraîchissante dans cette section commentaire franchement ahurissante.
"on m'accuse parce que je suis gros et noir". Le degré Zéro de la défense. En gros, si je maîtrise pas mes pulsions, c'est la faute a l'esclavage ? Voyez ou mène la culture de l'excuse
Allez lire son droit de réponse à lui et vous comprendrez mieux cette phrase sortie de la bouche d'une femme
C'est aussi un milieu où les gens sont prêts à tout pour mettre des bâtons dans les roues de ceux qui arrivent à avancer un peu... c'est étrange que cela arrive au moment où il semble que ce monsieur réussit... et pas d'autres. Et si cetait un combat d'artistes plus que celui de féministes? Ce serait honteux si c'erait le cas. De plus c'est vrai que la justice n'a pas donné de quoi s'affoler. Par contre ça y va sur les réseaux
Ce serait bien le comble que les rôles soi ent inversés !!!
Présomption d'innocence effectivement.
En même temps tous les articles sur ce sujet sont au conditionnel et écris avec la dose de recul appropriée, donc pas besoin de faire de Fontano une victime non plus
Aujourd'hui, il suffit de lancer des accusations pour que le "coupable" soit condamné avant même d'avoir été jugé. Sauf erreur, il me semble que jusqu'à présent ce monsieur est présumé innocent ! Mais certains médias et certaines associations l'ont déjà cloué au pilori .
Fort heureusement que les journalistes se sont donnés la peine de spécifier « présumées » dans le titre de l’article en gras et en rouge. Quant au pilori qui vous semble si précieux, évoquez le peut être au quelques 85 à 90% de victimes de VSS classées sans suite et aux 98% de victimes de viols dans le même cas (chiffres officiels de l’institut des politiques publiques). Mais vous semblez d’or et déjà très attaché à défendre l’indéfendable, quitte à énoncer le pire de façon anonyme, défendant des valeurs de la culture du viol qui vous sont certainement très chères. À vomir.
C’est bien de quelqu’un qui ignore tout de ce que sont les vss… oui les femmes ( mais pas que) ont le droit de dénoncer les violences qu’elles estiment avoir subies, et oui, on a le droit d’en parler dans les médias ( même si ça heurte votre logique de mâle dominant).