L'éco-prêt à taux zéro est un dispositif mis en ?uvre depuis la loi de finances 2009, dans le cadre du Grenelle de l'environnement. Il vise à financer les travaux de la performance énergétique des logements antérieurs à 1990. Davantage conçu pour les logements métropolitains, il était surtout axé sur l'isolation thermique contre le froid et les équipements de chauffage. Un référentiel technique qui n'est pas le même pour les climats chauds. Le dispositif a donc nécessité une adaptation pour les régions ultramarines, et est entré en vigueur dans les DOM depuis le 18 juin 2011, soit deux ans après la métropole.
Comme son nom l'indique, le prêt à taux zéro est un prêt sans intérêt, d'un montant maximum de 30 000 euros, et d'une durée de remboursement de 10 à 15 ans, délivré sans conditions de ressources aux propriétaires, bailleurs ou occupants. Les caractéristiques techniques des travaux se déclinent en trois options : la mise en ?uvre d'un bouquet de travaux, l'atteinte d'un niveau de performance énergétique globale minimal du logement et la réhabilitation d'un système d'assainissement non collectif.Parmi ces caractéristiques techniques, certains éléments ont été adaptés aux départements d'Outre-mer. Ainsi, pour les régions ultramarines, l'accent est porté sur les travaux de protection des toitures, murs et baies vitrées contre les rayonnements solaires. Les systèmes de chauffage au bois et l'installation de chauffe-eau solaire sont également mis en avant.
"Ce prêt est une consécration d'un travail important, même si le dispositif arrive un peu tard sur l'île, en raison des adaptations. Il représente un double enjeu : légal, puisqu'il entre dans le cadre du Grenelle de l'environnement, et économique, puisqu'il représente un investissement pour le secteur du bâtiment", indique Michel Lalande, préfet de La Réunion. "Il s'agit d'une bouffée d'air pour le BTP", assure-t-il.
Pour Stéphane Brossard, président de la FRBTP, c'est "une réussite d'avoir eu une adaptation du référentiel spécifique aux DOM". "On nous a écouté, et c'est une bonne chose. C'est important que nos systèmes de construction soient pris en compte et reconnus au niveau national", ajoute-t-il. Bernard Picardo, président de la Chambre de métiers et de l'artisanat, voit, lui, dans ce dispositif, "un moyen de faire fructifier l'activité du bâtiment".
Le vice-président de la CAPEB (confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment), Sébastien Schlaeintzauer, estime qu'il était "urgent de mettre en ?uvre ce dispositif à La Réunion". "La crise du bâtiment est loin d'être terminée. Beaucoup de petites entreprises ont fermé, faute de travaux. Mais on espère que l'éco-prêt à taux zéro apportera du travail, nous comptons sur son succès pour créer de l'activité", espère-t-il.
A noter que depuis le lancement du dispositif en 2009, plus de 180 000 prêts ont été émis en métropole, pour un montant moyen de travaux compris entre 15 000 et 20 000 euros. Le nombre de logements antérieurs à 1990 à La Réunion, est, lui, estimé à 143 000, donc autant de possibilités de souscrire au prêt.
Samia Omarjee pour
