Dans le cadre d'un mouvement national, les dockers et travailleurs portuaires du Port sont en grève ce vendredi 30 octobre 2026. Un appel destiné à dénoncer la situation conflictuelle à l'internationale qui impacte leur activité, mais aussi les perspectives budgétaires. Durant 24 heures, l'activité du Grand port maritime de La Réunion sera à l'arrêt (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)
L'appel a été lancé dans un cadre européen par l'European dockworkers council (EDC) et au niveau international par d'autres fédérations de dockers, notamment en Turquie et en Inde, pour dire non à la guerre et à la militarisation des ports.
- Les dockers contre la "militarisation" des installations portuaires -
Au niveau national, les dockers de la CGT contestent la "militarisation des installations sous l'impulsion de la Commission européenne".
"Notre fédération condamne la guerre dans le monde. Il y a des génocides, c'est inadmissible", lance Wilson Payet de la CGTR Port et docks de La Réunion. "Nous ne voulons pas que nos ports servent pour charger des armes et des munitions."
Les représentants de syndicats de dockers de 35 ports européens avaient signé le 19 mai dernier une déclaration commune à Istanbul disant refuser que les dockers "deviennent un lien dans la chaîne des guerres".
À l'international, les syndicats de dockers d'Espagne, de Grèce, Slovénie, Chypre, Suède, Danemark, Portugal Irlande, Italie, Allemagne, sont aussi appelés à joindre cette journée de mobilisation "historique", note la CGT dans son communiqué.
Évoquant le pétrolier supposé de la flotte fantôme russe, bloqué en baie de La Possession le temps de l'enquête judiciaire, à La Réunion, s'il était amené à rester, les dockers l'assurent, "il faudra se concerter avec les instances car La Réunion et un petit caillou et peut être touchés à tout moment".
- Les dockers veulent le maintien de leurs acquis -
Les grévistes s'opposent également "aux orientations" du projet de budget du gouvernement Lecornu. "Nous nous battons pour conserver nos acquis sociaux", dit Wilson Payet.
La CGT s'oppose notamment à la déréglementation des emplois par l'automatisation des opérations de manutention dans les ports. "Toute forme d'automatisation sera combattue", prévient Wilson Payet.
À La Réunion, la CGTR Ports et docks dénonce également le changement dans les négociations salariales. "Désormais, deux ministres doivent signer notre augmentation de salaire. C'est la première fois. Ce n'est pas normal que le directeur du port lui-même n'ai pas le mandat pour négocier les NAO (négociations annuelles obligatoires)".
"Les discussions se sont terminées le 25 septembre, la direction du Grand port est satisfaite de nos propositions mais désormais nous attendons la signature de cet accord", dit Wilson Payet.
Des négociations dans lesquelles les dockers de La Réunion demandent une prime et l'augmentation de leur salaire.
- Une charte sur le narcotrafic à revoir -
Le vendredi 28 août 2026, la préfecture de La Réunion et le Grand Port maritime de La Réunion ont signé une charte pour lutter contre le narcotrafic.
À ce titre, la charte signée incite ces derniers à une vigilance renforcée afin de prévenir d'éventuels actes liés à de la corruption, des pressions extérieures ou du blanchiment.
Si Julien Dujardin, directeur général du Grand Port, soutient cette charte qui, disait-il, "un signal faible peut devenir déterminant", cela n'est pas de l'avis des dockers.
"Cette charte n'a pas été faite en concertation. De plus, nous sommes contre les dénonciations." Wilson Payet le sait, le milieu est petit, "les salariés ne peuvent pas devenir de la chair à canon".
Au Grand Port, un scanner mobile permettant de sonder les conteneurs est en service depuis janvier 2026.
À La Réunion, ils sont 330 à travailler au Grand port maritime.
ma.m/www.imazpress.com/[email protected]
