[Photos-Vidéos] La préfecture veut éviter que le Grand Port maritime ne devienne une porte d'accès pour le narcotrafic

  • Publié le 28 août 2026 à 18:48
  • Actualisé le 28 août 2026 à 19:16
charte contre le narcotrafic au grand port maritime

La préfecture de La Réunion et le Grand Port maritime de La Réunion vont s'engager pour lutter contre le narcotrafic. Ce vendredi 28 août 2026, ils vont signer une charte afin de prévenir les risques en matière de corruption tout en améliorant le signalement de comportements suspects. (Photo Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

La mobilisation générale contre le narcotrafic à La Réunion va passer par le Grand Port maritime. La préfecture souhaite éviter que l'infrastructure portuaire se transforme en porte d'accès majeure pour l'arrivée de stupéfiants sur l'île.

Pour y parvenir, les autorités veulent dorénavant impliquer l'ensemble des acteurs économiques du secteur portuaire pour signaler tous faits suspects qui pourraient se rapporter à de l'importation illicite de drogues. À ce titre, la charte signée incite ces derniers à une vigilance renforcée afin de prévenir d'éventuels actes liés à de la corruption, des pressions extérieures ou du blanchiment.

Une charte que soutient lucidement Julien Dujardin, directeur général du Grand Port, qui souhaite anticiper et prévenir toute dégradation de la situation sur cette zone. "À cause de la concentration de flux de marchandises, de véhicules, il peut exister des points de vulnérabilité que les organisations criminelles cherchent à exploiter. Dans ce contexte, un signal faible peut devenir déterminant. Et cette charte, nous permettra aussi, à nous professionnels, d'être mieux protégés en cas de signalement." Regardez

Face au volume considérable de conteneurs et de fret qui transitent par le port, les pouvoirs publics estiment que seule une solidarité entre les forces de l'ordre et les professionnels permettra de s'adapter à un contexte de montée du trafic de drogue. Pour le préfet Patrice Latron, La Réunion, dans son ensemble, doit désormais se tenir sur ses gardes. "La lutte contre la drogue n'est pas que l'affaire de la police, de la gendarmerie ou de la douane, sinon, on va perdre ce combat."

- Une montée en flèche du trafic de stupéfiants -

Car le risque est plus que jamais présent. Même si, faute de recul, les volumes précis de drogues saisis restent difficiles à établir dans le cas du port de la Pointe des Galets. "On ne maîtrise pas les chiffres sur ce site. Mais sur la base de nos données, on peut dire que tous les ans, le volume de stupéfiants interceptés par nos services est multiplié par deux. Il y a forcément de la drogue dans les containers mais, tout l'enjeu, c'est d'éviter que les acteurs du Grand Port soient pris en otage à cause du narcotrafic." Regardez

Une montée en flèche que l'État essaye d'endiguer. Au Grand Port, un scanner mobile permettant de sonder les conteneurs est en service depuis janvier 2026. Un nouveau poste de police va prochainement être créé sur cette infrastructure. À l'échelle de l'île, des moyens inédits sont aussi mobilisés pour lutter contre ce fléau social. Le 25 août, un Groupe local de traitement de la délinquance (GLTD) spécifiquement dédié à la lutte contre le narcotrafic a été lancé à Saint-Denis.

Des moyens qui ne semblent pas excessifs au vu de l'importance des enjeux. En moins d'un an, les saisies de drogue de synthèse ont augmenté de 305 %. Les points d'entrée sont désormais bien identifiés. Dans l'ordre, on trouve les mules et les bagages qui passent par les aéroports. Puis les envois par colis. Et, enfin, le trafic de stupéfiants qui s'insinue progressivement dans le port industriel réunionnais.

- Un décalage positif avec l'Hexagone -

Pour autant, l'état des lieux de l'importation illégale de drogues sur ce site ne semble pas encore alarmant selon Pierre Grignon, adjoint au directeur régional des douanes. "On perçoit une augmentation des saisies ponctuelles sur cette zone mais, à l'heure actuelle, même s'il y a un risque évident, on ne fait pas encore face à un phénomène trop grave." Regardez

L'objectif affiché est de maintenir, et surtout, d'améliorer cette configuration dans un avenir proche. Car La Réunion n'est pas encore rongée par la drogue. Ce décalage positif avec l'Hexagone et d'autres territoires ultramarins joue en sa faveur.

Un écart dont espère pouvoir tirer profit le préfet Patrice Latron. "La Réunion a l'avantage d'avoir une dizaine d'années de retard par rapport à ce phénomène. Je propose aux Réunionnais une mobilisation générale pour éviter de sombrer dans le narcotrafic dans toute son horreur avec des assassinats, du racket et ce grave problème de santé publique."

Au vu de ce constat, les prochaines années seront décisives pour éviter une submersion de l'île par un volume croissant de drogues. Outre la répression et les saisies, la prévention et l'éducation à la santé auprès des plus jeunes vont jouer un rôle majeur dans la réussite de la lutte contre cette inquiètante menace sociétale.

À lire ausi : Prostitution, violences faites aux femmes, vols : le trafic de drogues menace gravement la société réunionnaise, estime le préfet

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