Pour protester contre la non prise en considération de leurs revendications financières par le groupe sucrier Tereos, la CGPER (confédération générale des planteurs et éleveurs de La Réunion) ne siègera plus dans les réunions de commission mixte d'usine. La décision a été prise après consultation des planteurs sur l'ensemble des régions de l'île. L'annonce du retrait de la commission a été faite ce mercredi 29 juin 2011, au cours d'une conférence de presse tenue par la CGPER et la chambre d'agriculture. "Les planteurs ne sont pas des mendiants et demandent à vivre de leur métier comme les usiniers", tempête la CGPER.
Selon la CGPER, les propositions faites par les dirigeants de Tereos à la suite à la réunion du jeudi 23 juin au CTICS (centre technique interprofessionnel de la canne et du sucre) sont "indécentes". "Ces propositions ne font que reprendre ce qui a déjà été dit par les industriels. À savoir, une prime de 76 000 euros à répartir sur un total de 1 900 000 tonnes de cannes, une bonification de 5 euros par tonne de cannes pour tout tonnage supplémentaire à 202 000 tonnes de sucre et une fin de non recevoir sur la richesse plancher", indique-t-elle.La CGPER affirme également que "l'ensemble de ces propositions se chiffreraient à 600 000 euros, soit moins de 0,32 euro de plus par tonne de canne pour Tereos. "Incontestablement à cours d'arguments sur la légitimité des revendications des planteurs, Tereos joue la montre en voulant pourrir les discussions jusqu'au début de la campagne sucrière", poursuit la CGPER.
Pour le syndicat agricole, "si Tereos veut réellement développer la filière cannes-scure, elle doit encourager la production et les planteurs de manière significative". Cela d'autant plus que, selon le syndicat de planteurs, "compte tenu de l'évolution du marché du sucre sur le marché européen depuis 2005 ", le groupe industriel "dispose de marge financière considérable pour répondre à la revendication des planteurs".
Rappelons que la CGPER réclame le versement de 5 euros par tonne de cannes pour une production de sucre inférieure ou égale à 190 000 tonnes et de 5 euros par tonne de cannes au delà de ce tonnage de sucre. Le syndicat réclame aussi l'instauration d'un prix plancher de 35 euros par tonne de cannes.
