Enseignants mutés en métropole

Les profs dans l'impasse

  • PubliĂ© le 21 mai 2010 Ă  04:00
Jeudi 20 Mai 2010

Enseignants mutés en métropole à la préfecture

Une réunion s'est tenue ce jeudi 20 mai 2010 à 15 heures en préfecture entre une délégation de 5 enseignants, une responsable syndicale de la FSU et un conseiller du ministÚre du travail. Quatre membres de la direction académique étaient également présents lors de cette rencontre. A l'issue de l'entrevue, les profs se sont dits "déçus". "Aucune réponse ne nous a été apportée. Au-delà des belles paroles et des discours que nous entendons depuis presque deux mois, nous souhaitons trouver une issue à ce conflit" assure le collectif des profs 974.

"Nous avons été reçus par un conseiller du ministÚre du travail qui visiblement ne connaissait pas grand chose à l'Education nationale. Nous avons exposé nos situations personnelles, expliqué les besoins dans nos filiÚres respectives. Le conseiller a pris beaucoup de notes. Aucune réponse ne nous a été apportée" indique une enseignante.

Les rĂ©ponses du ministĂšre sont "toujours les mĂȘmes" : "Ce sont des explications budgĂ©taires. On nous explique que le plafond d'emploi est atteint. En sachant, que les contractuels sont comptabilisĂ©s dans ce plafond. Le ministĂšre prĂ©fĂšre embaucher donc des contractuels plutĂŽt que de nous mettre Ă  leur place et rĂ©alise ainsi des Ă©conomies".

Le collectif des profs a Ă©voquĂ© la situation de certains mutĂ©s (en gĂ©nie mĂ©canique, technologie, vente et communication) qui sont affectĂ©s dans des acadĂ©mies oĂč leurs disciplines sont excĂ©dentaires. "Ils seront titulaires sur zone de remplacement (TZR). Quitte Ă  ĂȘtre remplaçant autant qu'ils restent ici" lance une enseignante affectĂ©e en rĂ©gion parisienne.

Le conseiller du ministĂšre du travail fera remonter les dossiers en mĂ©tropole "pour un nouveau rĂ©examen des situations au cas par cas". Il a ajoutĂ© "qu'il ne fallait pas se faire d'illusion et que mĂȘme si des postes Ă©taient trouvĂ©s ce serait exceptionnel". Quant aux ATP (affectation Ă  titre provisoire) qui peuvent ĂȘtre attribuĂ©es pour certains cas particuliers, le conseiller "n'y croit pas" et considĂšre que ce n'est que "reculer pour mieux sauter" rapportent les enseignants stagiaires. Cette annĂ©e, 10 ATP auraient Ă©tĂ© accordĂ©es en 2010 Ă  la RĂ©union, contre une quarantaine en 2009.

Concernant la proposition du collectif des profs 974 de libĂ©raliser les heures supplĂ©mentaires pour crĂ©er des postes, le ministĂšre a indiquĂ© que les budgets des postes et des heures supplĂ©mentaires sont "diffĂ©rents" et ne peuvent "pas ĂȘtre remplacĂ©s l'un par l'autre".

À noter que le collectif des profs 974 organise ce vendredi 21 mai Ă  18 heures un dĂ©bat sur le thĂšme "chĂŽmage, emploi et formation Ă  la RĂ©union: la place de l'Education nationale". Il se dĂ©roulera Ă  l'UniversitĂ© dans l'amphi Charpak.

AprÚs une nuit de camping devant le rectorat, les profs ont regagné leur domicile pour y préparer le débat de ce vendredi.

Le NPAR indique ce vendredi dans un communiqué qu'il "soutient pleinement la lutte engagée par les jeunes enseignants réunionnais pour rester enseigner dans leur pays". "Les choix budgétaires du gouvernement Sarkozy comme ses choix concernant la formation des maßtres (masterisation) amÚnent progressivement à une contraction des postes proposés au mouvement des enseignants du second degré" estime Philippe Azema porte-parole du nouveau parti anticapitaliste de La Réunion (NPAR).

"C'est inacceptable humainement et absurde, si on se place dans la perspective du dĂ©veloppement de La RĂ©union : aucun pays au monde ne peut se priver de ses travailleurs les plus qualifiĂ©s. Cependant plus de 4 000 jeunes diplĂŽmĂ©s au delĂ  de la licence sont aujourd'hui sans emploi. N'y a-t-il pour eux qu'un avenir de chĂŽmage ou d'exil ?" s'interroge le porte-parole du nouveau parti anticapitaliste de La RĂ©union. Le NPAR appelle l'ensemble des personnels de l'Education nationale et la population Ă  empĂȘcher le dĂ©part de ces jeunes.

guest
0 Commentaires