Le vrai du faux

"L'hypnose c'est facile !"

  • PubliĂ© le 1 avril 2019 Ă  11:47
  • ActualisĂ© le 1 avril 2019 Ă  16:18
Thomas Arcens

A l'occasion de la venue de la star Messmer Ă  La RĂ©union, nous avons rencontrĂ© un hypnothĂ©rapeute pour tenter de dĂ©mĂȘler le vrai du faux... L'hypnose, outil de plus en plus populaire, mais encore mĂ©connu dans le domaine mĂ©dical, fait fantasmer les plus curieux et rebute les plus sceptiques. Nous avons abordĂ© avec Thomas Arcens les diffĂ©rents mythes qui circulent Ă  propos de l'hypnose. Alors, vrai ou faux ? (Photo Thomas Arcens photo RB imazpress )

Il faut un don pour pratiquer l'hypnose - FAUX

C'est d'ailleurs l'une des premiĂšres choses que nous confie l'hypnothĂ©rapeute Thomas Arcens. C'est en dĂ©couvrant que l'on pouvait apprendre l'hypnose qu'il s'est d'ailleurs lancĂ© dans une formation. " Il y a 6 ans un ostĂ©opathe a pratiquĂ© l’hypnose sur moi pour tenter d’apaiser une vilaine cicatrice sur le ventre que je trainais depuis longtemps. " Il se penche alors sur les techniques de l’hypnose, encore persuadĂ© qu’il fallait disposer d’un don innĂ© pour la pratiquer. Mais en menant ses recherches, il dĂ©couvre que " tout le monde peut apprendre l’hypnose ". " Depuis ça ne m’a plus lĂąchĂ© ", explique-t-il. Une passion est nĂ©e.

Alors comment apprend-on l’hypnose ? " Personnellement j’ai appris l'hypnose de rue seul, dans un premier temps, en lisant des livres et en regardant des vidĂ©os. Puis pour l'hypnose thĂ©rapeutique j'ai suivi une formation Ă  Paris, Ă  l'Institut français d'hypnose ericksonienne." Mais d'un point lĂ©gal, aucune obligation de se former, pourtant cela reste indispensable. "C'est le problĂšme de ces professions non reconnues", affirme Thomas Arcens. Beaucoup d’hypnotiseurs attendent que cette technique soit un jour rĂ©glementĂ©e. D'autant que, pour les clients, les sĂ©ances d’hypnose sont trĂšs rarement remboursĂ©es par les mutuelles, et coĂ»tent, comme un rendez-vous chez le psy, autour de 60 euros par sĂ©ance.

L'hypnothérapie existe depuis longtemps - VRAI

MĂȘme si l’outil se dĂ©mocratise de plus en plus, les techniques d’hypnose pratiquĂ©es lors de rendez-vous mĂ©dicaux ne date pas d’hier. " L’hypnose commence Ă  se faire vraiment connaĂźtre au 19Ăšme siĂšcle, avec Charcot, Bernheim, ou mĂȘme Freud ". Puis la psychanalyse a pris le dessus. C’est le spectacle qui aurait permis d’entretenir l’hypnose par la suite.

" Je ne peux pas dire que je suis un grand admirateur de Messmer mais il faut avouer que c’est un trĂšs bon hypnotiseur ", explique Thomas Arcens. " Pour beaucoup d’hypnothĂ©rapeutes, la scĂšne est un ennemi, parce qu’elle dĂ©crĂ©dibiliserait l’hypnose. Moi je trouve que ça permet au contraire de lui donner de la visibilitĂ©. "

L'hypnose ne fonctionne que si on y croit - FAUX

Certes, ĂȘtre plus ou moins rĂ©ceptif permet d’ĂȘtre hypnotisĂ© plus ou moins facilement. Mais Thomas Arcens tient Ă  casser ce mythe : " tout le monde est hypnotisable ". Selon lui, il ne s’agit pas d’y croire ou non, mais d’avoir la volontĂ© de tester. Il nous raconte ainsi l’exemple d’une journaliste, venue rĂ©aliser un reportage alors qu’il pratiquait l’hypnose de rue. " Je lui ai proposĂ© de l’hypnotiser, elle m’a rĂ©pondu que de toute façon elle n’y croyait absolument pas. Elle s’est finalement montrĂ©e particuliĂšrement rĂ©ceptive. "

De fait l'hypnose consiste à relaxer la personne et la mettre en confiance. C'est entre autres le cas de Messmer lorsqu'on regarde ses vidéos qui rappelle sans cesse aux volontaires qu'ils sont "apaisés", "dans un monde merveilleux". L'hypnose reste une forme de manipulation oui, mais "pour se faire du bien", confirme Thomas Arcens. Et entre l'hypnotiseur et l'hypnotisé, tout passe par la voix, qui instaure un climat de confiance dans le dialogue.

Les hypnotiseurs de scĂšne utilisent des complices - FAUX

Ou en tout cas, on l'espĂšre. " Utiliser des acteurs desservirait complĂštement l’ensemble des hypnotiseurs ", estime Thomas Arcens. " Je ne vois vraiment pas pourquoi ils le feraient, par contre il existe en effet des techniques pour ĂȘtre certain de faire monter sur scĂšne des gens trĂšs rĂ©ceptifs ".

Alors comment s’assurer que l’on va effectivement avoir droit Ă  un show rĂ©ussi, oĂč tous les tours fonctionneront Ă  coup sĂ»r ? Voir l’hypnotiseur en Ă©chec pourrait gĂącher quelque peu le spectacle. " C’est simple, au dĂ©but, on fait faire des exercices Ă  l’ensemble du public, comme celui des doigts collĂ©s : on demande Ă  tout le monde de tenir ses deux index Ă  distance, les doigts se rapprochent et, quand ça fonctionne, les volontaires n’arrivent plus Ă  dĂ©coller leurs doigts. " Un test simple qui permet de sĂ©lectionner un Ă©chantillon de volontaires rĂ©ceptifs pour monter sur scĂšne. "On dit que parmi les ĂȘtres humains, 10% sont trĂšs rĂ©ceptifs", explique Thomas Arcens.

On peut s'auto-hypnotiser - VRAI

Oui, il est possible de pratiquer l’hypnose sur sa propre personne. Certes, cela implique d’ĂȘtre Ă  la fois l’hypnotiseur et la personne hypnotisĂ©e, mais il suffit de " laisser l’inconscient prendre les commandes ", explique Thomas Arcens. " Ce que j’explique Ă  mes clients, c’est que ce n’est pas moi qui fais le travail quand je les hypnotise, ce sont eux. Donc en gĂ©nĂ©ral, au bout de la 4Ăšme sĂ©ance, je les laisse faire. "

Tout le monde n’y parvient pas bien sĂ»r. " L’hypnose c’est simple, c’est naturel " estime pourtant l’hypnothĂ©rapeute. Techniquement, la technique est assez proche de celle de la mĂ©ditation. " Quand vous ĂȘtes trĂšs concentrĂ©, dans la lune, quand vous regardez un film, que vous lisez ou quand vous dormez
 tout ça, ce sont ce qu’on appelle des Ă©tats modifiĂ©s de conscience. " Jusqu’à atteindre une " transe hypnotique ".

On parle aussi d’effets de dissociation, nous explique Thomas Arcens. " Quand on conduit et qu’on pense Ă  notre liste de courses en mĂȘme temps par exemple, c’est une dissociation : le conscient fait quelque chose, l’inconscient autre chose. " Des automatismes, en somme, exploitĂ©s en auto-hypnose.

Être hypnotisĂ© revient Ă  ĂȘtre endormi - FAUX

L’hypnose est proche de l’état de sommeil, mais nous ne sommes pas inconscients lorsque nous sommes dans cet Ă©tat. " Sinon cela voudrait dire qu’on est dans le coma, ce serait grave ! " explique avec humour l’hypnothĂ©rapeute. " On travaille avec l’inconscient mais on ne dort pas ". Si dans certains numĂ©ros, certains volontaires "s'endorment", il ne s'agit que d'une simulation du sommeil.

L'hypnose implique une perte de contrĂŽle - FAUX

On estime souvent que se faire hypnotiser implique de se laisser complĂštement manipuler par quelqu’un d’autre. Mais Thomas Arcens souhaite justement dĂ©mystifier la figure dominante de l’hypnotiseur. " C’est une image qu’on entretient sur scĂšne parce que ça fait partie du spectacle, mais il n’y a pourtant pas de rapport de domination. "

Selon lui, l’hypnose implique au contraire de " reprendre le contrĂŽle ". C’est le cas notamment quand on consulte un hypnothĂ©rapeute pour tenter de guĂ©rir une addiction (tabac, alcool
) : " on essaie justement de rĂ©cupĂ©rer un contrĂŽle perdu au profit de compulsions ".

L'hypnose peut guérir les addictions ou les phobies - VRAI

Attention, tout rĂ©side dans le " peut ". " Ça fonctionne oui, mais ce n’est pas automatique ", prĂ©vient Thomas Arcens. Il cite deux exemples parmi ses clients. L’une d’eux avait une phobie maladive de l’eau : " mĂȘme une pomme de douche dirigĂ©e vers elle pouvait la faire paniquer ". Au bout d’une sĂ©ance, tout a Ă©tĂ© rĂ©glĂ©. Mais un autre client, atteint de claustrophobie, n’a jamais rĂ©ussi Ă  rĂ©soudre son problĂšme par l’hypnose : " au bout de plusieurs sĂ©ances, c’est moi qui ai fini par lui dire que ça ne marcherait pas. On se rend rapidement compte de la possibilitĂ© ou non de faire des progrĂšs. "

Idem pour les addictions. Encore une fois on revient Ă  l’idĂ©e de " reprendre le contrĂŽle " sur des choses que nous ne maĂźtrisons plus. Selon Thomas Arcens, l’hypnose permet justement de se concentrer, se focaliser sur la vie que l’on voudrait sans cette addiction, ou cette phobie. " Quand je demande aux clients ce qu’ils espĂšrent, ils mettent tout au nĂ©gatif : ne plus avoir peur de ça. Moi j’essaie de travailler avec du positif : si on enlĂšve cette peur, par quoi va-t-on la remplacer ? Comment serait la vie une fois la peur partie ? "

L'hypnose ne présente aucun risque - VRAI

Si la personne hypnotisĂ©e est seule – dans le cas de l’auto-hypnose, ou bien si l’hypnotiseur quitte la piĂšce – deux cas de figures se dessinent alors. " Ou bien la conscience de la personne reprendra le dessus, et elle va sortir tout doucement de sa transe, ou bien elle sera relaxĂ©e au point de s’endormir et se rĂ©veillera plus tard. "

Mais ce genre de cas reste extrĂȘmement rare. " On ne reste jamais ‘bloqué’ dans un Ă©tat de transe hypnotique ", rassure Thomas Arcens. De mĂȘme qu’à la fin d’un numĂ©ro, ceux qui auront oubliĂ© leur nom, ou bien auront l’impression d’avoir 20 ans au lieu de 60 – tours classiques sur scĂšne – ne seront sous l’effet de l’hypnose que le temps du spectacle. " Une fois j’ai fait monter un fumeur sur scĂšne et j’ai annulĂ© son envie de fumer. Évidemment une fois le numĂ©ro terminĂ©, il Ă©tait redevenu fumeur. Sinon on appellerait ça de la magie. "

mm/www.ipreunion.com

guest
1 Commentaires
Forest
Forest
7 ans

Moi je n arrive pas a aboutir a l autohypnose.rien ne va dans mavie.