Un enfant de trois ans décédé

Choléra à Mayotte : 63 cas et un décès depuis le début de l'épidémie

  • Publié le 10 mai 2024 à 12:30
  • Actualisé le 10 mai 2024 à 15:07
Médecin du monde Mayotte

Entre le 18 avril et le 08 mai 2024, 63 cas de choléra ont été signalés à Mayotte. Parmi ceux-ci, 49 ont été acquis localement et 14 importés des Comores ou des pays du continent africain. 7 cas graves nécessitant des soins de réanimation et 1 décès, d'un enfant de trois ans, ont été enregistrés. La grande majorité des cas (48) ont été détecté dans la commune de Koungou. (Photo photo RB/www.imazpress.com)

"Au 8 mai 2024 on comptabilise 63 cas de cholera signalés à Mayotte depuis le premier cas détecté le 18 mars 2024 Parmi ces cas, 59 ont été confirmés par PCR et 4 sont des cas probables en attente de confirmation biologique" détaille Santé publique France (SPF).

Les premiers cas autochtones ont été signalés dans la commune de Koungou à partir du 22 avril, soit 5 semaines après le signalement du premier cas importé le 18 mars 2023.  Entre le 22 avril et 8 mai, 48 cas ont été détectés dans cette commune.

Pour rappel, une épidémie de choléra est en cours aux Comores depuis le 2 février, "avec une intensification de la circulation ces dernières semaines en particulier à Anjouan, l'île la plus proche géographiquement de Mayotte" souligne SPF.

Le dernier point de situation publié par les Comores fait état de 496 nouveaux cas et 10 nouveaux décès enregistrés sur la période du 06 au 08 mai 2024, portant au total à 5.062 cas de cholera notifiés et 102 décès depuis le début de l’épidémie aux Comores.

Cette épidémie fait suite à la résurgence du choléra en Afrique de l'Est depuis 2021.

- Répartition géographique -

"La quasi totalité des cas autochtones détectés dans le département de Mayotte résident dans une zone précise de la commune de Koungou, attestant d’une circulation communautaire" rapporte SPF. "Au 8 mai, on recensait pour cette seule commune 48 cas, soit plus des trois quarts des cas des cas signalés à Mayotte" ajoute l'établissement public.

"Un nouveau cas acquis localement sans transmission communautaire identifiée à ce jour a été détecté dans la commune de M’ tsangamouji sans qu’aucun lien avec Koungou ne soit établi. Ce cas a eu recours à des eaux de surface (rivièreà pour un ou plusieurs usages (cuisine, hygiène...). Il s’agit du premier cas autochtone identifié en dehors de Koungou" détaille-t-il.

"Un cas probable acquis localement a été localisé dans la commune de Mamoudzou, les résultats de confirmation PCR sont en attente. D’autres cas importés sont localisés dans les communes de Mamoudzou, Dzaoudzi, Ouangani et Kani Kéli."

"Cette transmission communautaire du choléra dans la commune de Koungou et le risque d'importation de nouveaux cas de cholera des Comores ou d'Afrique exposent Mayotte à un risque de transmission locale sur tout le territoire et en particulier dans les quartiers les plus précaires" alerte SPF, alors qu'un premier cas acquis localement en dehors de la commune de Koungou, vient d’être détecté dans la commune de M’Tsangamouji.

Le choléra, maladie bactérienne qui peut provoquer des diarrhées aiguës et entraîner la mort par déshydratation en un à trois jours, se transmet par l'eau ou des aliments contaminés. Il existe des vaccins et des traitements efficaces.

Un protocole élaboré en février pour éviter la propagation de la maladie prévoit la désinfection du foyer du malade, l'identification et le traitement des cas contacts et une vaccination "en anneaux", en élargissant progressivement la zone concernée autour de l'habitation du patient atteint de choléra.

- Vigilance renforcée à La Réunion -

L'épidémie à Mayotte et aux Comores fait suite à la résurgence du choléra en Afrique de l'Est depuis 2021.

Effet du changement climatique et de la multiplication des conflits, le nombre de cas de choléra explose actuellement dans le monde, souligne l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Les cas rapportés (une partie seulement des cas avérés) ont plus que doublé entre 2021 et 2022 pour atteindre 473.000, puis ont encore grimpé à plus de 700.000 en 2023.

À La Réunion, le risque épidémique est extrêmement faible, évoque l'Agence régionale de santé. Toutefois, l’ARS La Réunion a mis en place une vigilance renforcée auprès des voyageurs en provenance de la zone, et des acteurs et professionnels de santé.

www.imazpress.com avec l'AFP

 

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