Les conditions de logement à Mayotte sont difficiles, note l'Insee. Selon une étude effectuée en 2017 et publiée ce jeudi 29 août 2019, "29 % des logements n'ont toujours pas d'eau courante et 81 000 habitants sont concernés". Six habitations sur dix sont dépourvus du confort sanitaire de base (eau courante, toilettes, ou douche). Quant à l'électricité elle est absente dans un logement sur dix. L'institut de la statistique souligne également que le quart des 63 000 résidences principales de Mayotte sont des constructions fragiles (maisons en tÎle, bois, végétal ou terre). "65% de ces habitations sont occupées par des étrangers, contre 25 % des Français natifs de l'ßle" souligne l'Insee (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
LâaccĂšs Ă lâeau courante reste une problĂ©matique majeure Ă Mayotte : en 2017, 81 000 habitants nâont pas dâeau dans leur logement, soit un habitant sur trois. Au-delĂ de son influence sur les conditions de vie, lâaccĂšs plus ou moins aisĂ© Ă lâeau a en effet des consĂ©quences sanitaires. Lâeau manque ainsi dans 29 % des rĂ©sidences principales, soit deux fois plus quâen Guyane (14 %).
"Cependant, lâaccĂšs Ă lâeau sâest considĂ©rablement amĂ©liorĂ© Ă Mayotte en vingt ans : en 1997, 80 % des logements nâavaient pas encore lâeau courante. LâamĂ©lioration a Ă©tĂ© particuliĂšrement spectaculaire entre 2007 et 2012, pĂ©riode au cours de laquelle le nombre de logements sans eau courante baisse de moitiĂ©. Mais celui-ci repart Ă la hausse entre 2012 et 2017 (+ 17 %), en lien avec les nombreuses constructions en tĂŽle Ă©difiĂ©es sur cette pĂ©riode" indique l'Insee.
Un peu plus de la moitiĂ© des maisons en tĂŽle sont dĂ©pourvues dâeau courante (56 %), mais une partie des logements en dur le restent aussi (12 %). La moitiĂ© des mĂ©nages qui nâont pas dâeau dans leur logement rĂ©sident dansles communes de Mamoudzou et de Koungou, oĂč lâhabitat en tĂŽle est trĂšs rĂ©pandu. Câest Ă Ouangani que lâaccĂšs Ă lâeau courante est le moins frĂ©quent : plus de 1 000 mĂ©nages dĂ©clarent ne pas avoir dâeau courante, soit 43 % des mĂ©nages. Ă lâinverse, seuls 10 % des mĂ©nages sont concernĂ©s Ă Mtsamboro.
- Risque sanitaire -
Sur les 18 300 mĂ©nages qui ne bĂ©nĂ©ficient pas dâeau courante dans leur logement en 2017, 7 900 disposent malgrĂ© tout dâun robinet dans leur cour et 3 700 font appel Ă des tiers, voisins ou parents (figure 4). Les autres, essentiellement des habitants de maisons en tĂŽle, sâapprovisionnent Ă une borne fontaine, dans un puits ou directement Ă une riviĂšre ou un ruisseau.
Ainsi, 3 000 mĂ©nages, dont la moitiĂ© habitent Mamoudzou, se ravitaillent Ă lâune des bornes fontaines de lâĂźle. Ces bornes permettent au total Ă 14 000 habitants de consommer de lâeau potable. Entre 2012 et 2017, le nombre de mĂ©nages ayant recours Ă une borne a progressĂ© de 54 %.
1 600 mĂ©nages doivent se rĂ©soudre Ă sâapprovisionner dans une riviĂšre ou un ruisseau. Ce nombre progresse fortement depuis 2012 (+ 37 %), en lien avec la forte immigration rĂ©cente. PrĂšs de 1 000 mĂ©nages dĂ©clarent y avoir recours dans les communes de Mamoudzou, Koungou et Dembeni. Le risque sanitaire associĂ© Ă ce moyen dâapprovisionnement (maladies hydriques) peut toucher 7 300 habitants sur l'Ăźle, dont 1 450 enfants de moins de cinq ans.
En plus de la problĂ©matique de lâaccĂšs Ă lâeau, le raccordement Ă©lectrique des logements nâest pas gĂ©nĂ©ralisĂ©. LâĂ©lectricitĂ© reste absente dans 10 % des logements, et jusquâĂ 21 % dans les maisons en tĂŽle. Dans la grande majoritĂ© de ces maisons en tĂŽle, le sol est en terre battue ou simplement recouvert dâun tapis ou lino : 71 % contre 16 % dans les logements en dur.
- Les constructions fragiles persistent -
Le parc de logements de Mayotte reste constituĂ© dâun habitat Ă deux facettes : des constructions fragiles (maisons en tĂŽle, bois, vĂ©gĂ©tal ou terre) perdurent Ă cĂŽtĂ© de bĂątiments plus solides en dur.
Depuis 1997, les constructions fragiles marquent toujours autant lâhabitat mahorais: elles en constituent une part stable, dâenviron quatre logements sur dix. Leur nature a cependant Ă©voluĂ© dans le temps. Ainsi, en 1997, 21 % des habitations avaient des murs en torchis ou raphia, voire en feuilles de cocotiers, tandis que les cases en tĂŽle ne constituaient alors que 14 % du parc de logements. Dix ans plus tard, en 2007, les cases en tĂŽle sont quatre fois plus nombreuses (33 % du parc) et celles en torchis ou raphia ont diminuĂ© de moitiĂ© (6 %). En 2017, il ne subsiste plus que 1 % de maisons en bois, vĂ©gĂ©tal ou terre.
La part des habitations fragiles ne diminue pas car il sâen construit toujours beaucoup. Moins onĂ©reuses et plus faciles Ă Ă©difier que les maisons en dur, elles rĂ©pondent en effet rapidement aux besoins en logements des nouveaux arrivants, en particulier des nombreux immigrants venus des Comores entre 2012 et 2017. La croissance dĂ©mographique ayant Ă©tĂ© plus forte encore entre 2012 et 2017 quâentre 2007 et 2012, les constructions rĂ©centes en tĂŽle sont plus nombreuses que sur la pĂ©riode prĂ©cĂ©dente. Ainsi, 11 600 dâentre elles ont moins de cinq ans en 2017, soit 47 % de lâhabitat en tĂŽle ; en 2012, la part de lâhabitat rĂ©cent en tĂŽle Ă©tait de 38 %. En comparaison, 27 % des logements en dur ont moins de cinq ans en 2017.
- Les étrangers sont les plus mal logés -
Les conditions de logement sont les plus difficiles pour les personnes de nationalitĂ© Ă©trangĂšre. Ainsi en 2017, 65 % d'entre elles habitent dans une maison en tĂŽle, contre 25 % des Français nĂ©s Ă Mayotte ou Ă lâĂ©tranger, et seulement 3 % des Français nĂ©s en mĂ©tropole ou dans un autre DOM. Ces parts sont relativement stables par rapport Ă 2012.
"MĂȘme quand les Ă©trangers habitent un logement en dur, celui-ci est dĂ©pourvu du confort sanitaire de base (eau courante, toilettes ou douche) dans six cas sur dix ; câest deux fois plus que pour les Français nĂ©s Ă Mayotte ou Ă lâĂ©tranger. De plus, lâĂ©quipement sanitaire dans les logements en dur a nettement progressĂ© pour les Français, natifs de Mayotte ou non, mais il nâa guĂšre Ă©voluĂ© pour les Ă©trangers" termine l'institut de la statisque.
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